29/03/2017
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“Malgré la demande de l’Europe, Ankara continue d’hésiter sur la liberté religieuse”

L'agence Asianews a publié, il y a quelques jours, un article (italien, chinois) intitulé "Malgré la demande de l'Europe, Ankara continue d'hésiter sur la liberté religieuse", qui porte sur la question de l'autorisation de la réouverture de l'école de théologie de Halki fermée depuis 1971 par les autorités turques. Il est relevé que depuis un mois les rumeurs de l'imminence d'une réouverture abondent dans la presse turque, cela depuis que le 10 juin dernier, le commissaire européen chargé de l'élargissement de l'Union européenne, Olli Rehn, lors d'une réunion avec des journalistes à Bruxelles, a déclaré que le processus d'entrée de la Turquie dans l'Union européenne tient aussi compte de la réouverture de Halki.

L'auteur de l'article note que des journalistes, des écrivains et des professeurs se sont prononcés pour la réouverture de Halki, en accusant même les autorités turques de vouloir mettre fin au Patriarcat œcuménique par des méthodes insidieuses de persécution, passant aussi par des mesures législatives. Pour certains, le patriarcat fait trop confiance aux promesses faites périodiquement par les autorités turques. Mais d'autres voix se sont aussi élevées contre la réouverture de Halki comme l'association des avocats d'Istanbul lors d'une conférence organisée après la déclaration d'Olli Rehn. Son président, Muammer Aydin, a accusé le Patriarcat œcuménique de vouloir établir un Vatican oriental et lui a contesté le droit d'avoir une école de théologie. Du côté du gouvernement, le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, répondant à des questions de journalistes, en marge du dernier sommet du G8, a dit qu'il n'avait reçu aucune demande de la part du Patriarcat œcuménique. Pourtant, le patriarche Bartholomée a évoqué cette question lors des rencontres avec les plus hautes autorités de la Turquie, à chaque fois il lui a été répondu qu'elle allait être prise en considération.

Le ministre turc chargé des relations avec l'Union européenne, Egemen Bagis, a affirmé que "La réouverture de Halki est une question interne à la Turquie". Il avance l'idée de droits aux citoyens grecs de confession musulmane du nord de la Grèce, qui sont considérés par Ankara comme étant des Turcs. Un historien grec d'Istanbul, cité dans l'article, remarque que cette question de réciprocité est une manière d'éviter de traiter le problème pour les autorités turques. En effet, observe-t-il, les membres, de diverses origines, de cette communauté jouissent de la liberté religieuse, ont des mosquées, des écoles islamiques et des activités culturelles financées par l'Etat grec et par l'Union européenne. Ils sont environ 140 000 aujourd'hui. Tandis que la communauté grecque orthodoxe de Turquie a été réduite à 3000 aujourd'hui, le statut du Patriarcat oecuménique n'est pas reconnu et il doit collecter des fonds par ses propres moyens.

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Jovan Nikoloski