Recension: Hélène Bléré, « Le langage de l’icône. Lumière joyeuse »
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BlereHélène Bléré, Le langage de l’icône. Lumière joyeuse, éditions Racine, Bruxelles, 2014, 336 p.
Diplômée de l’Écoles supérieure des Arts appliqués, iconographe orthodoxe depuis plus de trente ans, et déjà connue pour les expositions et les conférences qu’elle a faites au cours de ces dix dernières années, Hélène Bléré nous livre dans ce fort et beau volume les réflexions qu’elle a développées et accumulées au fil de son expérience et de l’enseignement qu’elle dispense au sein de l’Atelier Saint-Joseph qu’elle a fondé à Paris en 2005.
Ce livre n’est pas du tout technique; on n’y apprendra pas comment peindre une icône; on y trouvera en revanche un grand nombre d’éléments qui aident à comprendre la nature et la structure d’une icône en général et des différents types d’icônes en particulier.
L’éditeur présente ainsi le projet de l’auteur: « Ce livre offre une vision panoramique et spirituelle du message chrétien à travers le langage spécifique de l’icône. Il a pour but de donner quelques clés de lecture du langage esthétique de l’icône en vue d’une meilleure compréhension de son contenu spirituel. Il cherche à montrer l’adéquation parfaite qui s’établit entre le message chrétien et sa forme visible dans l’icône. »
Le premier chapitre souligne que l’icône est axée sur la personne; tout en insistant sur le visage qui révèle celle-ci, l’auteur présente les autres éléments significatifs que sont le corps en général, les mains, les vêtements… Il présente ensuite les icônes du Christ, de la Trinité et de la Pentecôte, et de quelques saints.
Le deuxième chapitre a pour thème la lumière, manifestation de la gloire divine, qui constitue un des principes fondamentaux du langage de l’icône et permet d’en présenter divers aspects. Partant du prototype que constitue l’icône de la Transfiguration, il montre la différence entre la lumière naturelle et la Lumière divine incréée, la façon dont l’icône exprime symboliquement cette dernière par l’or (ou à défaut des couleurs claires qui s’en approchent), avant de décrire le processus de montée des lumières qui s’accomplit progressivement dans la réalisation de toute icône, de s’intéresser à la dualité ténèbres-lumières (qui s’exprime dans le noir et le blanc) et de décrire (d’une manière nuancée) les significations symboliques des principales couleurs utilisées en iconographie, lesquelles sont différentes formes de vibration de la lumière.
Le troisième chapitre s’intéresse au cosmos transfiguré dont divers éléments (montagnes et rochers, plantes, animaux…) figurent dans l’icône d’une manière particulière que l’auteur aide le lecteur à déchiffrer.
Le quatrième chapitre traite de l’espace et du temps dans l’icône, dont l’auteur montre qu’ils sont une expression de l’espace-temps particulier du Royaume qui transcende l’espace et le temps ordinaires.
Le chapitre cinq est tout entier dédié à la Mère de Dieu, modèle parfait de l’être humain déifié, dont les représentations ont constitué progressivement différents types iconographiques.
Au fil des pages, on trouve de nombreuses autres réflexions, par exemple sur les représentations de la Croix et des anges (auxquels est dédiée une longue section), sur le sens de l’inscription du nom de l’icône, sur la signification du voile rouge ou de la mandorle que l’on trouve dans certaines icônes, sur les relations des icônes et de la liturgie… On trouve aussi, au fur et à mesure que les thèmes abordés les appellent, des commentaires analytiques de nombreuses icônes, accompagnés de citations empruntées aux Pères de l’Église, aux théologiens, aux iconographes et aux historiens de l’art, et illustrés par des reproductions d’icônes contemporaines de belle facture, dont Hélène Bléré, selon la tradition orthodoxe qui veut que l’individualité de l’iconographe s’efface, ne cite pas les auteurs. L’iconographie entièrement originale de ce livre témoigne du fait que des iconographes continuent à œuvrer à notre époque au sein d’une tradition chrétienne bimillénaire qui sait rester fidèle à ses principes fondamentaux, dont le premier est d’exprimer adéquatement, autant que les permettent les formes, les couleurs et les autres moyens symboliques de l’icône, la foi de l’Église orthodoxe.
La structure du livre est peu rigoureuse à l’intérieur des chapitres, mais cela ne constitue pas un handicap, car les différentes sections peuvent être lues comme autant d’études indépendantes. Le style est clair, la pensée juste, les réflexions riches. On a ici l’un des meilleurs livres actuels pour comprendre le monde des icônes.

Jean-Claude Larchet

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