29/03/2017
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Recension: Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, «Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe», tome 2 (nouvelle édition).

Synaxaire 2 Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, «Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe», 2e édition, revue et augmentée, tome 2, novembre-décembre, éditions Indiktos, Athènes, 2010, 661 p.
Vient de paraître le tome 2 de l’édition revue et augmentée du Synaxaire, réalisée par le père Macaire, moine d’origine française établi depuis plusieurs décennies au monastère de Simonos-Pétra au Mont-Athos.
Rappelons qu’il ne s’agit pas d’une simple réimpression de la première édition (qui a connu un grand succès et est depuis longtemps épuisée), mais d’une édition refondue où les notices ont été révisées, corrigées et complétées, et où de nouvelles notices sont venues s’ajouter, concernant notamment un grand nombre de saints occidentaux et de nombreux saints récemment canonisés appartenant aux diverses Églises orthodoxes locales.
Cette nouvelle édition est un peu plus coûteuse que la précédente, mais les volumes, reliés, sont fort bien présentés et comportent de nombreuses illustrations en noir et blanc et en couleur, tirées notamment du superbe Ménologe de Basile II.


La vénération des saints occupe une place importante dans l’Église orthodoxe, et implique leur commémoration journalière. Leurs vertus sont célébrées dans les hymnes des «Ménées», qui s’intègrent aux services liturgiques. Le but des «synaxaires» est, d’une manière plus courte que les Vies des saints, de nous faire connaître les grandes étapes de leur existence, les grands traits de leur personnalité, et les actions (intérieures et extérieures) dans lesquelles s’est réalisée ou manifestée leur sainteté. Les «synaxaires» nous permettent d’avoir une connaissance précise et concrète de ceux dont le calendrier liturgique se borne à nous donner les noms, et de préciser certaines généralités ou allusions des chants liturgiques. Ils les situent dans leur contexte historique (car le christianisme s’inscrit toujours dans l’histoire concrète de l’humanité), social et religieux. Ils dessinent leur portait et sont un peu comme des icônes écrites. Leur but n’est pas de nous faire acquérir un savoir abstrait, mais de nous rendre les saints plus familiers, et de compléter, dans une démarche également contemplative et orante, leur célébration hymnographique. Les «synaxaires» sont les héritiers des anciens «martyrologes» que, dans les premiers siècles, on lisait au cours des réunions de la communauté chrétienne (appelées « synaxes »). Au IVe siècle, cette lecture fut remplacée par des hymnes. Mais la crise iconoclaste, où les attaques contre les icônes furent perçues comme une atteinte portée à la vénération des saints, eut pour issue la réhabilitation non seulement des icônes, mais de la lecture des Vies des saints. Les hymnographes du monastère de Stoudion, qui ont donné aux offices orthodoxes la forme qu’ils ont aujourd’hui, laissèrent, après la sixième ode du Canon des matines, une place pour la lecture d’un résumé de la vie du saint du jour, appelé « synaxaire ». Du IXe au XIe siècle, on développa la rédaction de ces courtes notices. On les inséra par la suite dans les «Ménées», mais on les rassembla aussi dans des éditions séparées, où on les développa souvent davantage.
Le «Synaxaire» du hiéromoine Macaire reprend les notices de grands synaxaires précédemment publiés, en particulier celui de Constantinople (réalisé au milieu du Xe siècle) et celui de saint Nicodème l’Hagiorite (datant du XVIIIe siècle). Mais il les a souvent allongées en puisant dans les «Vies» de saints. Profitant des progrès de la connaissance historique et des éditions critiques des sources, il a corrigé un certain nombre d’inexactitudes ou précisé certaines approximations que comportaient les textes anciens, travail que fit aussi, avec les moyens de son époque, saint Nicodème l’Hagiorite. Il a également enrichi de nombreuses notices de connaissances nouvelles, s’informant soigneusement auprès des diverses sources hagiographiques. Il a introduit des saints nouvellement canonisés par l’Église, et fait une large place aux saints spécifiquement vénérés par les Églises locales, notamment les saints d’Occident d’avant le IXe siècle. Les principes de ses choix sont précisés dans l’introduction du tome 1 et ses sources sont indiquées dans une vaste bibliographie bien informée (figurant aussi dans le tome 1) des études les plus récentes.
Le «Synaxaire» du père Macaire est devenu dans l’ensemble du monde orthodoxe – il est maintenant traduit en plusieurs langues – un ouvrage de référence. Son usage nous paraît indispensable tant dans dans le cadre de la formation catéchétique des enfants que dans celui des lectures et de la prière quotidiennes des fidèles orthodoxes.
Ce volume, comme le premier, paru en 2008, est en vente dans les dépendances françaises du monastère de Simonos-Pétra : le monastère Saint-Antoine-le-Grand, F-26190 Saint-Laurent en Royans (tel. 04 75 47 72 02) ; le monastère de Solan, F-30330 La-Bastide-D’Engras (tel. 04 66 82 94 25) ; le monastère de la Transfiguration, F-24120 Terrasson-Lavilledieu (tel. 05 53 50 23 94).
Jean-Claude Larchet

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Jovan Nikoloski