11 février

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11 février

Saint Blaise, évêque de Sébaste, martyr (vers 316) ; sainte Théodora, impératrice de Constantinople (vers 867) ; saint Simplice, évêque de Vienne (Vème s.) ; saint Séverin, abbé à Agaune (508) ; saint Désiré, évêque de Clermont (vers 602) saint Gaudin, évêque de Soissons (700); saint Grégoire II, pape de Rome, confesseur (731) ; sainte Théodora, impératrice de Constantinople (vers 867) ; saint Vsevolod, prince de Pskov, baptisé Gabriel (1138) ; saint Dimitri de Vologda (1392) ; saint Georges le Serbe martyr à Sofia (1515).

SAINT BLAISE

11 févrierOriginaire de la province d’Arménie et médecin de profession, saint Blaise menait une vie semblable au juste Job : intègre et droit, craignant Dieu et se gardant de tout mal. Comme il avait gagné par ces vertus l’affection de tous ses concitoyens, il fut élu évêque de la ville de Sébaste. Au temps de la Grande Persécution, il confessa hardiment la Foi et encouragea les saints martyrs à mener jusqu’au bout le bon combat. Il rendit visite à saint Eustrate dans son cachot avant son glorieux martyre et célébra pour lui la Divine Liturgie, puis il se chargea de recueillir les précieuses reliques des Cinq Martyrs pour les transmettre à la vénération du peuple chrétien [13 déc.]. Au bout de quelque temps, il se retira sur une montagne des environs, nommée Argée, et s’enferma dans une grotte, afin d’y élever vers Dieu des prières pures, exemptes de toute distraction. Attirées par la bonne odeur de ses vertus, comme vers un nouvel Adam, les bêtes sauvages venaient vers lui et attendaient paisiblement à l’entrée de la grotte qu’il eût achevé sa prière pour recevoir sa bénédiction ou la guérison de leurs maux.

Sous le règne de l’empereur Licinius (vers 316), Agricolaos, gouverneur de Cappadoce, vint à Sébaste en vue d’y arrêter les chrétiens. Comme il avait projeté de livrer les condamnés aux bêtes féroces dans l’amphithéâtre, il envoya ses gens dans la montagne pour les capturer vivantes. Arrivés à proximité de la caverne du saint, les soldats eurent la surprise de trouver là un grand nombre de lions, de tigres, d’ours, de loups et d’autres fauves qui lui tenaient paisiblement compagnie. Ils en informèrent aussitôt le gouverneur qui leur donna l’ordre d’arrêter Blaise. Le saint ermite les reçut avec affabilité, en leur annonçant qu’il avait été prévenu de leur venue par une vision, et il les suivit sans opposer la moindre résistance. Sur le chemin, de nombreux païens se convertirent au Christ en voyant la paix et l’ineffable douceur qui se dégageaient de sa personne, et à son passage, les malades, hommes et bêtes, recouvraient la santé. Une femme en larmes lui présenta alors son enfant qui était sur le point de mourir d’étouffement après avoir avalé une arête de poisson. Le saint plongea sa main dans la gorge de l’enfant et pria le Seigneur de le délivrer, lui et tous ceux qui, souffrant d’un tel mal dans la suite des temps, invoqueront son intercession, et l’enfant fut aussitôt rendu à sa mère en pleine santé.

Parvenu à Sébaste et traduit devant le tribunal, Blaise répondit avec hardiesse aux questions d’Agricolaos, en condamnant la vanité du culte des idoles sans vie. Il endura avec joie les coups de verges, puis fut jeté en prison. Après avoir été soumis à de nouveaux supplices, en déclarant au gouverneur : « Je ne crains pas tes tortures, car je regarde vers les biens futurs », il fut de nouveau jeté tout sanglant dans son cachot. Sept femmes pieuses le suivirent, en ramassant les gouttes de sang qui coulaient à terre, pour s’en oindre le visage comme du plus précieux parfum. Elles furent immédiatement arrêtées et présentées au gouverneur qui les menaça des plus cruels tourments si elles refusaient de sacrifier aux idoles. Feignant d’acquiescer, elles demandèrent qu’on apportât les statues au bord du lac — ce même lac qui devint un peu plus tard le théâtre du glorieux combat des Quarante Martyrs [9 mars] —, afin qu’elles puissent les laver avant de leur offrir un digne sacrifice. Dès qu’on leur apporta les statues, elles les jetèrent au fond du lac. En apprenant cette nouvelle, Agricolaos entra dans une terrible fureur et fit préparer un grand brasier, avec du plomb fondu et des peignes de fer, et il leur demanda de choisir entre ces tortures et de riches parures qu’il avait fait exposer à proximité. Une des femmes, mère de deux jeunes enfants, se précipita et jeta les parures au feu, encouragée par ses enfants qui lui criaient : « Ne nous abandonnes pas ! Comme tu nous as nourris de ton lait maternel, laisse-nous te suivre pour hériter du Royaume des cieux ! » Le tyran fit alors attacher les saintes femmes à des poteaux et ordonna de leur déchirer le corps au moyen des peignes de fer. Puis, comme elles restaient miraculeusement indemnes, même après avoir été jetées dans les flammes, elles eurent la tête tranchée, en adressant de ferventes actions de grâces à Dieu et à son serviteur Blaise .

Les efforts d’Agricolaos pour ébranler la résolution de saint Blaise étant restés vains, il le condamna à être noyé dans le lac. Quand le bourreau l’amena sur la rive, le saint martyr fit le signe de la Croix et se mit à marcher sur les eaux, à l’imitation du Seigneur. Parvenu au milieu du lac, il invita les païens à venir le rejoindre, s’ils croyaient pouvoir se confier en leurs dieux. Soixante-huit d’entre eux s’avancèrent et périrent aussitôt noyés, tandis qu’un ange lumineux apparaissait et invitait le saint à regagner la berge pour recevoir la couronne de gloire.

Condamné à être décapité avec les deux audacieux enfants, saint Blaise, resplendissant de la lumière divine, éleva sa prière en faveur de tous ceux qui imploreront son secours dans les maladies et les épreuves. Le Seigneur lui apparut alors dans toute sa gloire, en disant : « J’ai entendu ta prière et je t’accorde ce que tu me demandes. » Les corps des saints martyrs, pieusement ensevelis après leur exécution, devinrent par la suite une source de bénédictions pour tous ceux qui se réunissaient chaque année sur ces lieux afin d’y célébrer leur mémoire. Saint Blaise est un des saints guérisseurs les plus vénérés, tant en Orient qu’en Occident.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Blaise, ton 4

Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et sur leur trône devenu leur successeur, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation; * c’est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu’au sang pour la défense de la foi; * Blaise, pontife et martyr, * intercède auprès du Christ notre Dieu * pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion de saint Blaise, ton 2

Toi la fleur immarcescible, le divin rejeton, * le fertile sarment de cette vigne qu’est le Christ, * saint Blaise, veuille combler de ta joie * les fidèles célébrant ta mémoire, Porteur-de-Dieu, * et intercède sans cesse pour nous tous auprès de lui.

ÉPITRE DU JOUR

I Pierre II, 21 – III, 9

Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces, Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude; lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement; lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n’obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée. Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, comme Sara, qui obéissait à Abraham et l’appelait son seigneur. C’est d’elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte. Maris, montrer à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières. Enfin, soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d’amour fraternel, de compassion, d’humilité. Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure; bénissez, au contraire, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter la bénédiction.

ÉVANGILE DU JOUR

Mc XII, 13-17

Ils envoyèrent auprès de Jésus quelques-uns des pharisiens et des hérodiens, afin de le surprendre par ses propres paroles. Et ils vinrent lui dire: Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu ne t’inquiètes de personne; car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Devons-nous payer, ou ne pas payer? Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit: Pourquoi me tentez-vous? Apportez-moi un denier, afin que je le voie. Ils en apportèrent un; et Jésus leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit: Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent à son égard dans l’étonnement.

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Emma Cazabonne was born and raised in France. She taught English before entering the Cistercian Order. She translated and published articles relevant to her interest in Cistercian spirituality, the Middle Ages, and Orthodoxy. She moved to the United States in 2001, converted to Orthodoxy in 2008, and married. Her husband is an Orthodox priest. She continued to publish articles, a Cistercian texts anthology, then finally launched her career in literary translation, while teaching French. If you are interested in having your book translated into French, she can be contacted here https://wordsandpeace.com/contact-me/