11 mai (ancien calendrier)/24 mai (nouveau)
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Dimanche de l’Aveugle né.

Saint Mocius (ou Mucius), prêtre, martyr à Constantinople (vers 295) ; saint Udaut, apôtre des Huns, martyr (452) ; saint Mamert, évêque de Vienne (477) ; saint Possesseur, évêque de Verdun (vers 486) ; saint Gengoux, martyr à Availon (760) ; saints Cyrille et Méthode, égaux aux apôtres, apôtres des Slaves (IXème s.) ; saint Sophrone, reclus des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Nicodème, archevêque de Serbie (1325) ; saint Joseph, métropolite d’Astrakan, martyr (1671) ; saints néomartyrs de Russie : Michel (Biélorossov), prêtre (1920), Alexandre, archevêque de Kharkov (1940).

SAINTS CYRILLE ET MÉTHODE

11 mai (ancien calendrier)/24 mai (nouveau)
Saints Cyrille et Méthode, égaux aux apôtres, apôtres des Slaves (IXème s.)

Ces nouveaux Apôtres naquirent dans une famille noble de Thessalonique, ville qui, se trouvant au carrefour des peuples, avait subi, en ce IXe siècle, de fortes influences slaves. Dès leur enfance, les deux frères avaient été en contact avec les populations slaves installées dans la région, apprenant leur dialecte et s’accoutumant à leurs mœurs. Méthode, l’aîné, né en 815, était d’un caractère calme et doux. Il acquit de solides connaissances juridiques et montra rapidement de bonnes aptitudes dans l’administration, de sorte qu’on lui confia le gouvernement d’une province où résidaient des Slaves. Toutefois, au bout de plusieurs années, il réalisa qu’il ne convient pas de perdre son temps en se souciant de choses « qui n’ont pas de valeur éternelle », et démissionna. Fuyant le monde comme le passereau échappe au filet de l’oiseleur, il gagna le prestigieux centre monastique du Mont Olympe de Bithynie, où il devint un moine exemplaire, tant par son obéissance et son amour de la prière, que pour son application à l’étude des Lettres sacrées.
Constantin, né en 827, avait été doté par Dieu d’une intelligence et d’une mémoire exceptionnelles, et dès son plus jeune âge il rêvait de prendre pour épouse, non pas une belle princesse, mais la Sagesse de Dieu, tel un nouveau Salomon. À l’âge de quatorze ans, il avait appris par cœur les poèmes de saint Grégoire le Théologien, et c’est avec larmes qu’il suppliait les professeurs de lui enseigner la grammaire (de la langue homérique), afin d’en pénétrer le sens. La renommée des talents du jeune garçon parvint jusqu’au tout-puissant logothète Théoctiste, qui le fit venir à Constantinople et le prit sous sa protection. Constantin compléta rapidement ses connaissances générales et fut initié aux sciences supérieures par les meilleurs maîtres du temps : Léon le Mathématicien et saint Photios, dont il devint le disciple bien-aimé. Auprès de Photios, il apprit quelle est la vraie sagesse, c’est-à-dire : « La connaissance des choses divines et humaines, qui enseigne à l’homme à se conduire en tout à l’image et à la ressemblance de son Créateur. » Il reçut le surnom de « Philosophe » et, devenu familier des plus hauts milieux de la Cour, Théoctiste projetait pour lui une brillante carrière politique, qu’il voulait inaugurer par un mariage avec l’une de ses nièces. Le Philosophe le remercia de sa proposition, mais il répondit que pour lui rien d’autre ne comptait que l’acquisition de la « science » et de recouvrer la gloire perdue par notre premier père. Il dut néanmoins accepter d’être ordonné diacre et reçut la dignité de chartophylax du patriarche Ignace. Il renonça toutefois rapidement à cette charge pour se retirer dans un monastère du Bosphore (le Kleidion), où il rencontra le patriarche iconoclaste déchu, Jean VII Grammaticos, et engagea avec lui une ardente controverse pour la défense de l’orthodoxie.
Au bout de six mois, il fut rappelé à la capitale et dut accepter, sous la pression de Théoctiste, le poste de professeur de philosophie. En 851, alors qu’il était à peine âgé de vingt-quatre ans, l’empereur Michel III l’envoya en mission diplomatique auprès du calife al-Mutawakkil (847-861). Les discussions avec les Arabes tournèrent rapidement de la politique à la théologie, et c’est avec l’assurance des anciens martyrs que Constantin fit une apologie de la Sainte Trinité devant leurs sages et qu’il leur montra la supériorité des mœurs chrétiennes. Échappant de peu à une tentative d’empoisonnement, il put rentrer sain et sauf à Byzance. Lorsque le césar Bardas fit assassiner son protecteur, Théoctiste, pour prendre le pouvoir (855), Constantin, abandonnant de nouveau les soucis du monde pour chercher la sagesse dans le silence et la prière, partit rejoindre son frère Méthode au Mont Olympe, où ils s’adonnèrent ensemble à l’étude.
En 860, l’empereur, après avoir consulté le patriarche Photios, fit sortir Constantin de sa retraite pour l’envoyer en mission auprès du khan des Khazars , lequel avait demandé qu’on lui envoyât un homme lettré, afin de discuter de religion avec les Juifs et les Arabes qui tentaient de convertir son peuple. Accompagné de son frère et d’une suite imposante, le Philosophe apprit l’hébreu en cours de route et reçut miraculeusement la connaissance du dialecte samaritain. À la cour des Khazars, ils eurent de longues discussions théologiques avec les Juifs, et Constantin confondit les docteurs de la Loi en leur montrant la supériorité de l’Évangile, obtenant ainsi la conversion de nombreux dignitaires ainsi que la libération des captifs chrétiens. Après avoir signé un traité d’alliance avec le khan, les deux frères prirent le chemin du retour, convertissant en chemin des peuplades païennes de Chersonèse Taurique, et ils rapportèrent avec eux les reliques de saint Clément de Rome [24 nov.], qu’ils avaient découvertes par miracle à Cherson.
Aussitôt après avoir remis son rapport à l’empereur, Constantin se retira dans l’hésychia et la prière à proximité de l’église des Saints-Apôtres. Méthode, quant à lui, ayant refusé l’ordination épiscopale qu’on lui proposait, dut toutefois accepter la charge d’higoumène du monastère de Polychronion, où vivaient alors soixante-dix moines.
Ce retour à leur chère quiétude dura bien peu de temps, car, en 863, une ambassade envoyée par le prince de Moravie , Rastislav, arrivait à Constantinople pour demander à l’empereur un évêque et un maître capable de leur enseigner, dans leur langue, la foi chrétienne, qu’ils avaient déjà reçue en partie de missionnaires francs venus de Bavière. Mais ceux-ci prêchaient en latin et célébraient une liturgie incompréhensible, de sorte que les conversions avaient été peu nombreuses et le peuple avait de plus gardé ses coutumes idolâtres. Michel III leur répondit : « Il ne m’appartient pas de régenter votre foi », et il refusa de leur donner un évêque, car il ne prétendait pas usurper cette région à la juridiction du pape de Rome ; mais il promit de leur envoyer des hommes capables de les instruire sur la doctrine du Salut dans leur langue, sans chercher à leur imposer la langue grecque.
Constantin le Philosophe était le seul homme qui possédait toutes les qualités requises pour cette mission, non seulement par sa sagesse mais aussi à cause de sa connaissance du dialecte bulgare et des principales langues du temps : le grec, le latin, l’hébreu, l’arabe (plutôt la langue turco-khazare), le syriaque et le samaritain. Le Philosophe accepta cette mission comme un ordre venu de Dieu, mais il demanda un temps de préparation, et se tournant, comme il en avait coutume, vers la prière, il sollicita de Dieu la révélation d’une écriture capable de rendre convenablement les sons de la langue slave. De même que l’ancienne Loi avait été révélée à Moïse au Sinaï, à la suite d’une théophanie, et avait été gravée de la main de Dieu sur des plaques de pierre (Ex 31,18), de même Constantin, ce nouveau Moïse, reçut la révélation d’un nouvel alphabet, avec lequel il put écrire aussitôt la traduction slave des premiers versets de l’Évangile selon saint Jean. C’est cette écriture qui, après étude et corrections, devint l’instrument grâce auquel les peuples slaves, jusque-là barbares et grossiers, purent être placés par les saints missionnaires au rang des peuples civilisés « qui louent Dieu dans leur propre langue ». Assisté par Méthode et par d’autres disciples d’origines slaves, saint Constantin traduisit alors avec empressement les péricopes de l’Évangile pour toute l’année, la Divine Liturgie, le Livre d’Heures et le Psautier, et c’est ainsi, munis des instruments essentiels à leur œuvre apostolique, que les missionnaires byzantins partirent pour la Moravie (863).
Ils furent reçus avec de grands honneurs à la cour de Rastislav, qui leur confia un groupe de disciples pour qu’ils leur enseignent la nouvelle écriture. L’usage de la langue slave dans la célébration du culte divin et dans la prédication, la fidélité de leur enseignement à la tradition apostolique et le rayonnement de la sainteté des deux frères assurèrent un rapide succès à la mission et, en moins de trois ans (863-866), ils avaient rassemblé plus de cent disciples, qui diffusaient à leur tour la Bonne Nouvelle dans tout le royaume. Mais cette réussite suscita la jalousie et les oppositions des missionnaires francs qui, voyant leur influence rapidement occultée par celle des Byzantins, les accusaient de célébrer la Liturgie en slave, alors qu’il n’est permis, disaient-ils, de célébrer seulement en grec, en latin ou en hébreu.
Une fois les premiers fondements de leur entreprise jetés, les deux frères décidèrent de retourner à Constantinople pour y faire ordonner leurs principaux disciples. Mais, la route ayant été coupée à cause de la détérioration des relations entre Byzance et la Bulgarie, ils décidèrent de se rendre à Venise pour emprunter la voie maritime. Alors que les missionnaires attendaient là l’affrètement d’un navire, le clergé local reprit à leur égard les mêmes accusations que les missionnaires francs. L’affaire fut déférée au pape Nicolas Ier, qui les convoqua à Rome. Lorsqu’ils y arrivèrent apportant avec eux en offrande la relique de saint Clément, le peuple leur réserva un accueil enthousiaste. Le pape Adrien II, qui venait d’être élu après la mort soudaine de Nicolas, approuva l’œuvre des deux apôtres et il déposa solennellement leur traduction slave des livres sacrés sur l’autel de Sainte-Marie-Majeure, condamnant comme hérétiques leurs accusateurs, les « triglossites ». Puis il ordonna lui-même Méthode, prêtre, fit élever au sacerdoce trois de leurs disciples, et les jours suivants, tous purent célébrer en slave dans plusieurs églises de la ville.
Pendant ce séjour à Rome, Constantin, épuisé par les voyages et les labeurs de la mission, tomba gravement malade et, le 14 février 869, après avoir reçu l’Habit monastique sous le nom de Cyrille, il remit son âme apostolique au Seigneur, en priant pour la confirmation des peuples slaves dans la foi orthodoxe. Il fut enseveli avec de grands honneurs dans la basilique Saint-Clément et des miracles s’accomplirent ensuite sur son tombeau.
Le prince de Pannonie, Kocel, admirant l’œuvre des missionnaires byzantins en Moravie et désirant lui aussi soustraire son peuple à l’influence des missionnaires bavarois venus de Passau, leur avait proposé, lors de leur passage dans son pays sur la route de Venise, de leur confier la formation de cinquante disciples. Peu après la mort de saint Cyrille, il envoya des messagers à Rome, demandant qu’on lui dépêchât Méthode. Le pape Adrien accéda à cette requête. Après une première mission couronnée de succès, Méthode retourna à Rome pour y être sacré par le pape évêque de Sirmium (auj. Sremska Mitrovitsa), siège fondé jadis par l’apôtre saint Andronique [17 mai] , avec juridiction non seulement sur la Pannonie, mais sur tous les peuples slaves d’Europe centrale, dont il était chargé de superviser la conversion (870). Au milieu des peines et des labeurs, sans se lasser, le saint continua son œuvre d’évangélisation, en ayant comme principal instrument de prédication la Divine Liturgie traduite, qui procurait aux néophytes l’aliment nécessaire à leur croissance spirituelle. Il ordonna des prêtres et des diacres, et, grâce à son expérience de l’administration, il donna à cette nouvelle Église les fondements canoniques de son organisation. Mais lorsqu’il parvint en Moravie (873), la situation avait bien changé. Sviatoplouk s’était emparé du pouvoir, après avoir fait aveugler Rastislav, et il avait de nouveau livré le pays à l’influence germanique. À peine arrivé, Méthode fut arrêté et dut comparaître devant un synode, en Bavière, qui, après un simulacre de jugement, le fit enfermer en Souabe, dans une tour, où il eut à souffrir cruellement des rigueurs du climat.
Ce n’est qu’au bout de deux ans et demi que le pape Jean VIII fut informé de la situation et put faire remettre le saint en liberté. Dès son retour en Moravie, Méthode reprit son activité avec un zèle accru, sans tenir compte de l’interdiction qui lui avait été faite de célébrer la Liturgie en slave. Il n’hésitait pas à reprocher avec sévérité à Sviatoplouk sa conduite déréglée et s’opposa sans compromis à la doctrine erronée du Filioque [cf. 6 fév.], que le clergé franc tentait d’imposer dans ces pays de mission. Les Francs firent appel à Rome, mais après une apologie de son activité devant le pape (879), Méthode rentra triomphant, avec la confirmation de tous ses droits, à la confusion de son ennemi juré, Wiching, évêque de Neira, en Slovaquie orientale, qui se trouvait sous la juridiction de Méthode. Ce dernier n’en cessa pas pour autant ses intrigues, et il accusa cette fois le saint de rébellion contre l’empereur. Cette nouvelle épreuve fut pour Méthode l’occasion d’entreprendre un voyage à Constantinople, afin d’informer l’empereur Basile Ier et le patriarche Photios des résultats de la mission et de les assurer de son inébranlable fidélité (881). Il fut reçu avec de grands égards à la cour, et le souverain comme le patriarche approuvèrent pleinement la mission et l’œuvre de traduction des nouveaux apôtres.
Réconforté par ce soutien de la Grande Église, Méthode retourna en Moravie avec ses disciples, et c’est dans la paix et le calme, sans être désormais troublés par le clergé franc, qu’ils poursuivirent leurs traductions des livres ecclésiastiques. Méthode acheva en six mois la traduction complète de la Bible, ainsi que celle de textes patristiques et canoniques : tout ce qui était nécessaire à l’Église slave pour assimiler l’héritage du christianisme byzantin. Une fois cette œuvre menée à son terme, il rassembla ses disciples et célébra une Liturgie solennelle, en l’honneur de saint Dimitrios. Puis il désigna son successeur, saint Gorazd qui, originaire de Moravie, avait acquis une parfaite connaissance du grec ; et après avoir béni les souverains et son peuple, il remit en paix son âme à Dieu, le 6 avril 885. Ses funérailles furent célébrées en grec, latin et slave, en présence d’une foule innombrable qui l’accompagnait avec des cierges, en pleurant le maître et le bon pasteur, celui qui s’était fait tout pour tous, afin de les conduire au salut (cf. 1 Cor 9,22).
La disparition de l’Apôtre des slaves fut l’occasion pour Wiching et les siens de reprendre leur conspiration contre les missionnaires byzantins. Il devança Gorazd à Rome et parvint à convaincre le pape Étienne V de l’hétérodoxie de Méthode, et c’est muni d’une lettre lui donnant pleins pouvoirs qu’il rentra en Moravie. Avec l’appui de Sviatoplouk, qui se souciait bien peu des questions théologiques, le félon mena une persécution sans merci contre les disciples de Méthode : Gorazd, Clément et plus de deux cents autres saints confesseurs. Certains furent frappés et traînés dans les ronces, les plus jeunes furent vendus comme esclaves à des marchands vénitiens, d’autres furent exilés aux extrémités du royaume. Gorazd trouva refuge en Pologne, d’autres en Bohême, tandis que Clément, Nahum, Sabas, Angélaire et Laurent purent atteindre la Bulgarie, où ils furent accueillis comme des anges de Dieu par le tsar Boris.
Leurs persécuteurs trouvèrent, quant à eux, un juste châtiment à leur conduite, car, en 907, la Moravie fut envahie et ravagée par les Hongrois, et elle passa dès lors définitivement sous la domination latine. L’œuvre des deux frères égaux-aux-apôtres, Cyrille et Méthode, ne laissa en cette terre aucune trace ; mais, par l’intermédiaire de l’Église bulgare, elle devint la semence d’une riche tradition byzantino-slave, qui trouva son apogée dans la Russie de Kiev, à la suite de la conversion de saint Vladimir.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 5ème ton

Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !

Tropaire des saints Cyrille et Méthode, ton 4

Émules des apôtres et docteurs des pays slaves, Cyrille et Méthodes sages en Dieu, priez le Maître de toutes choses de confirmer tous les peuples slaves dans l’Orthodoxie et la concorde, d’apaiser le monde et de sauver nos âmes.

Kondakion des saints Cyrille et Méthode, ton 3

Honorons nos deux saints illuminateurs, qui par la traduction des Écritures divines nous ont fait jaillir la source de la connaissance de Dieu ; en y puisant en abondance jusqu’à présent, nous vous glorifions, Cyrille et Méthode, vous qui vous tenez devant le Trône du Très-Haut et qui priez ardemment pour nos âmes.

Kondakion de l’aveugle né, ton 3

Les yeux de mon âme étant aveugles,  je viens à toi, ô Christ, comme l’aveugle de naissance, et avec repentir je te clame : Tu es la Lumière qui resplendit sur ceux qui sont dans les ténèbres.

ÉPÎTRE DU JOUR

Actes XVI,16-34

Un jour, comme nous allions au lieu de la prière, vint à notre rencontre une servante qui avait un esprit de divination, et qui, par ses oracles, procurait un grand profit à ses maîtres. Elle se mit à nous suivre, Paul et nous en criant : « Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très Haut, et ils vous annoncent la voie du salut. » Elle fit cela pendant plusieurs jours. Paul, excédé, se retourna et dit à l’esprit : « Je t’ordonne, au nom de Jésus Christ, de sortir d’elle. » Et il sortit à l’heure même. Les maîtres de la servante, voyant disparaître l’espoir de leur gain, se saisirent de Paul et de Silas, et les traînèrent sur la place publique devant les magistrats. Ils les présentèrent aux préteurs, en disant : « Ces hommes troublent notre ville ; ce sont des Juifs, qui annoncent des coutumes qu’il ne nous est permis ni de recevoir ni de suivre, à nous qui sommes Romains. » La foule se souleva aussi contre eux, et les préteurs, ayant fait arracher leurs vêtements, ordonnèrent qu’on les batte de verges. Après qu’on les eut chargés de coups, ils les jetèrent en prison, en recommandant au geôlier de les surveiller de près. Le geôlier, ayant reçu cet ordre, les jeta dans la prison intérieure, et leur mit des entraves aux pieds. Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les entendaient. Tout à coup il se fit un si grand tremblement de terre, que les fondements de la prison furent ébranlés ; au même instant, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les prisonniers furent rompus. Le geôlier se réveilla, et, lorsqu’il vit les portes de la prison ouvertes, il tira son épée et allait se tuer, pensant que les prisonniers s’étaient enfuis. Mais Paul cria d’une voix forte : « Ne te fais point de mal, nous sommes tous ici. » Alors le geôlier, ayant demandé de la lumière, entra précipitamment, et se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas ; il les fit sortir, et dit : « Mes seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ?  » Paul et Silas répondirent : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. » Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. À l’heure même, en pleine nuit, il les prit avec lui, lava leurs plaies, et aussitôt fut baptisé, lui et tous les siens. Les ayant conduits dans sa maison, il leur servit à manger, et il se réjouit avec toute sa famille de ce qu’il avait cru en Dieu.

Hb VII, 26-VIII, 2 (Ss Cyrille et Méthode)

Frères, il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, -car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. En effet, la loi établit souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment qui a été fait après la loi établit le Fils, qui est parfait pour l’éternité. Le point capital de ce qui vient d’être dit, c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur, qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme.

ÉVANGILE DU JOUR

Jn IX, 1-38

Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle? Jésus répondit: Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. Après avoir dit cela, il cracha à terre, et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit: Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s’en retourna voyant clair. Ses voisins et ceux qui auparavant l’avaient connu comme un mendiant disaient: N’est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait? Les uns disaient: C’est lui. D’autres disaient: Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait: C’est moi. Ils lui dirent donc: Comment tes yeux ont-ils été ouverts? Il répondit: L’Homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m’a dit: Va au réservoir de Siloé, et lave-toi. J’y suis allé, je me suis lavé, et j’ai recouvré la vue. Ils lui dirent: Où est cet homme? Il répondit: Je ne sais. Ils menèrent vers les pharisiens celui qui avait été aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux. De nouveau, les pharisiens aussi lui demandèrent comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit: Il a appliqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé, et je vois. Sur quoi quelques-uns des pharisiens dirent: Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n’observe pas le sabbat. D’autres dirent: Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles? Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l’aveugle: Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu’il t’a ouvert les yeux? Il répondit: C’est un prophète. Les Juifs ne crurent point qu’il eût été aveugle et qu’il eût recouvré la vue jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir ses parents. Et ils les interrogèrent, disant: Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant? Ses parents répondirent: Nous savons que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle; mais comment il voit maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, c’est ce que nous ne savons. Interrogez-le lui-même, il a de l’âge, il parlera de ce qui le concerne. Ses parents dirent cela parce qu’ils craignaient les Juifs; car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu’un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue. C’est pourquoi ses parents dirent: Il a de l’âge, interrogez-le lui-même. Les pharisiens appelèrent une seconde fois l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent: Donne gloire à Dieu; nous savons que cet homme est un pécheur. Il répondit: S’il est un pécheur, je ne sais; je sais une chose, c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois. Ils lui dirent: Que t’a-t-il fait? Comment t’a-t-il ouvert les yeux? Il leur répondit: Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté; pourquoi voulez-vous l’entendre encore? Voulez-vous aussi devenir ses disciples? Ils l’injurièrent et dirent: C’est toi qui es son disciple; nous, nous sommes disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-ci, nous ne savons d’où il est. Cet homme leur répondit: Il est étonnant que vous ne sachiez d’où il est; et cependant il m’a ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n’exauce point les pécheurs; mais, si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, c’est celui là qu’il l’exauce. Jamais on n’a entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. Ils lui répondirent: Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes! Et ils le chassèrent. Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé; et, l’ayant rencontré, il lui dit: Crois-tu au Fils de Dieu? Il répondit: Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui? Tu l’as vu, lui dit Jésus, et celui qui te parle, c’est lui. Et il dit: Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui. Puis Jésus dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.

Matth V, 14-19 (Ss Cyrille et Méthode)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. »

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