12 mars

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12 mars
Grand Carême.  Saint Théophane le Confesseur, moine au Mont Sigriane, près de Cyzique (818) ; saint Paul-Aurélien, premier évêque de Saint-Pol-de-Léon en Bretagne (573) ; saint Grégoire le Grand, dit le Dialogue, pape de Rome, auteur de la Liturgie des saints Dons présanctifiés (604) ; saint Syméon le Nouveau Théologien (1021) ; saint Phinès le juste (vers 1500 av. J.-C.) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Derjavine), confesseur (1933), Jean (Plekhanov), Constantin (Sokolov), prêtres, Vladimir (Volkov), moine (1938), Serge (Skvortsov), prêtre (1943).

SAINT THÉOPHANE LE CONFESSEUR

Saint Théophane le Confesseur
. Saint Théophane le Confesseur, moine au Mont Sigriane, près de Cyzique (818

Notre saint Père Théophane naquit à Constantinople en 759, sous le règne de l’empereur iconoclaste Constantin Copronyme (741-775), au sein d’une noble et opulente famille. Élevé par sa mère, il avait été fiancé dès l’âge de douze ans à une riche héritière, nommée Mégalo. Au bout de huit années de fiançailles, quand vint le jour des noces, dès qu’ils se retrouvèrent seuls, le soir venu, Théophane révéla à son épouse qu’il avait toujours désiré embrasser la vie monastique, et il la convainquit de vivre ensemble dans la continence, comme frère et sœur. Ils menèrent ainsi ce glorieux combat de la virginité au sein du mariage pendant deux années, malgré les pressions du père de Mégalo. Finalement, celui-ci obtint de l’empereur Léon IV (775-780) que Théophane fût nommé gouverneur de Cyzique, chargé de surveiller la construction de la forteresse, avec l’espoir que les soucis de cette charge le détourneraient de ses aspirations ascétiques. Mais le résultat fut tout autre, car le pieux magistrat profitait de tous ses moments libres pour visiter les ascètes de la région. L’un d’eux, nommé Grégoire, tempéra son désir de renoncer au monde en lui conseillant de persévérer encore dans son mode de vie. Au cours d’un voyage à Constantinople, il reçut la dignité de spatharios, mais rien ne pouvait le détourner de sa soif de Dieu. Aussi, dès la mort de l’empereur et de son beau-père, il obtint son congé de l’impératrice régente, Irène, et, après avoir libéré ses serviteurs et distribué ses richesses, il conduisit son épouse dans un monastère de l’archipel des Princes. Il ne devait plus la revoir dans cette vie, mais il lui écrivait pour l’encourager à persévérer dans les devoirs de sa profession. Quant à lui, il devint moine au monastère de Polychronion au mont Sigriane, près de Cyzique. De là, il passa une brève période dans une propriété de famille située dans l’île de Calonymos (Propontide). Les candidats à la vie monastique accoururent bientôt, mais Théophane, renonçant à les diriger, confia la direction de la communauté à un moine expérimenté venu d’un autre monastère et alla vivre en ermite à proximité pendant environ six années, en exerçant le travail de copiste. Lorsque l’higoumène du monastère vint à mourir, les frères lui demandèrent unanimement de prendre la succession. Craignant de perdre la grâce de la sainte hésychia, le saint retourna au mont Sigriane, où il acquit une propriété nommée le Grand-Champ (Megas Agros), dans laquelle il fonda un monastère qui devint par la suite un des plus prestigieux centres spirituels de l’époque. Revêtu de l’armure des preux combattants du Seigneur : le jeûne mesuré qui dessèche les ardeurs de la chair, la veille qui rend l’esprit pénétrant au milieu de la nuit et les larmes qui purifient le cœur, il était pour tous une image vivante de la parfaite observance monastique. Une fois de plus des disciples se rassemblèrent autour de lui et il dut assumer leur direction. D’une douceur avenante, il savait s’entretenir d’égal à égal avec les plus simples comme avec les plus lettrés, et il leur enseignait avec autorité, mais sans violence, les saints dogmes et l’art de la maîtrise des passions. Pour compléter son expérience, il entreprit alors un voyage dans les monastères de Bithynie et de l’Hellespont. En plus de ses labeurs spirituels et de ses devoirs de pasteur, il travailla aussi à la rédaction d’une vaste Chronographie, qui reste un des meilleurs documents pour la connaissance de l’histoire byzantine. Devenu vase d’élection de la grâce, il couvrait tous ceux qui se présentaient au monastère de la charité même de Dieu, et lors d’une terrible disette il ordonna à son économe de distribuer toutes les réserves aux indigents. Par la grâce de Dieu celles-ci se remplirent de nouveau.

En 787, il fut convoqué au Concile de Nicée, réuni pour la défense du culte des saintes images. Il apparut dans cette assemblée dans un simple et pauvre appareil, mais étonna tous les assistants par sa profonde connaissance de la tradition des saints Pères. Rentré à son monastère, il fut atteint de la très cruelle maladie de la pierre et de coliques néphrétiques, qui l’obligèrent à rester constamment alité. Ces épreuves, acceptées avec patience, se transformaient pour lui en de saintes ascensions vers le Royaume des cieux.

Lorsque l’empereur impie Léon V l’Arménien reprit la persécution contre les saintes images (815), averti de la réputation de confesseur acquise par l’higoumène du Grand-Champ, il convoqua Théophane à Constantinople, sous prétexte de demander ses prières à la veille de sa campagne contre les Bulgares. Les soldats envoyés pour quérir l’homme de Dieu, le saisirent de force, malgré son infirmité, et incendièrent le monastère. Une fois rendu à la capitale, Théophane refusa de voir l’empereur hérétique en face, ce qui déclencha la fureur du tyran qui le fit incarcérer au monastère des Saints Serge-et-Bacchus, où le futur patriarche hérétique, Léon le Grammairien, essaya de le faire céder. Mais le saint réfutait avec éclat tous ses arguments. Il resta, pendant deux ans, enfermé dans un sombre cachot du palais d’Éleuthère ; puis l’empereur, constatant qu’il demeurait inflexible dans sa confession de la vraie foi, ordonna de l’exiler dans l’île de Samothrace. Le saint confesseur ne put survivre qu’une vingtaine de jours aux peines de ce voyage, et il remit son âme au Seigneur le 12 mars 817 (818). Son tombeau devint immédiatement une source de guérisons pour les habitants de Samothrace. En 822, ses disciples vinrent prendre son corps pour le transférer au monastère du Grand-Champ. Saint Théodore Stoudite, dont saint Théophane avait été le parrain de profession monastique et qui lui portait une vive admiration, prononça à cette occasion un discours en son honneur. Il est acclamé parmi les saints confesseurs dans le Synodikon de l’Orthodoxie, lu dans les églises le Premier Dimanche du Grand Carême.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire, t. 8

Guide de l’orthodoxie, maître de piété et de sainteté, / luminaire de l’univers, ornement des moines inspiré de Dieu, / sage Théophane, pour les saintes images tu as combattu; / toi qui fus comme une lyre vibrant au souffle de l’Esprit, / intercède auprès du Christ notre Dieu pour qu’il sauve nos âmes.

Kondakion, t. 2

Du ciel ayant reçu la divine révélation, / tu t’empressas de quitter le tumulte d’ici-bas; / en moine, vénérable Père, ayant vécu, / tu reçus le pouvoir des miracles et le don de prophétie, / toi qui te privas de ton épouse et de tes biens.

Lectures bibliques

Isaïe XIV, 24-32

Or voici ce que dit le Seigneur des armées : comme Je l’ai dit, il sera fait; ce que J’ai résolu s’accomplira. Je détruirai les Assyriens sur ma terre et sur mes montagnes; et ils seront foulés aux pieds; et mon peuple sera délivré de leur joug, et leur gloire à eux sera enlevée de leurs épaules. Voilà le dessein que le Seigneur a décrété sur toute la terre, et voilà sa main levée sur toutes les nations. Et ce que le Dieu saint a décrété, qui pourra s’y opposer? Sa main levée, qui la détournera? C’est l’année où mourut le roi Achaz387 que cette parole a été prédite: ne vous réjouissez pas, ô Philistins, de ce que le joug de celui qui vous frappait a été brisé; car d’une race de serpents sortira une famille d’aspics, et de cette famille sortiront des serpents ailés. Et les pauvres seront nourris parle Seigneur; les pauvres se reposeront en paix; tandis qu’Il fera mourir de faim ta race, et détruira tes restes. Poussez des cris de douleur, portes des cités; que vos villes, ô Philistins, jettent des cris d’épouvante; car de l’aquilon vient un tourbillon de fumée, et nul ne peut y échapper. Et que répondront les rois des nations? Que le Seigneur a fondé Sion, et que par lui, les humbles de son peuple seront sauvés.

Genèse VIII, 21 – IX, 7

Et le Seigneur Dieu respira un parfum délicieux389. Et le Seigneur Dieu, ayant réfléchi, dit : Je ne veux plus maudire la terre à cause des œuvres des hommes, parce que l’esprit de l’homme, dès sa jeunesse, se complaît dans le mal. Je ne veux donc plus frapper toute chair vivante, comme je l’ai fait. Tous les jours de la terre, les semailles et la moisson, le froid et l’ardente chaleur, l’automne et le printemps, ne se reposeront jamais plus, ni jour ni nuit. Dieu bénit Noé et ses fils, et il leur dit: Croissez et multipliez, remplissez la terre et dominez sur elle390. Vous inspirerez crainte et terreur à toutes les bêtes fauves de la terre, aux oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre, et à tous les poissons de la mer. Je les livre à vos mains. Tout ce qui se meut et a vie vous servira d’aliment ; je vous donne de même, dans les champs, toute plante potagère. Cependant, vous ne mangerez pas de chair ayant encore le sang et la vie. Car votre sang, le sang de votre vie, je le rechercherai jusque dans les griffes des bêtes fauves, et je rechercherai la vie de l’homme jusque dans les mains de l’homme son frère. Celui qui versera le sang de l’homme, le versera au prix de son propre sang, parce que j’ai créé l’homme à l’image de Dieu. Mais croissez et multipliez, remplissez la terre, et dominez sur elle.

 

Proverbes XI, 19 – XII, 6

Un fils juste est né pour la vie ; ce que poursuit l’impie mène à la mort. Les voies tortueuses sont en abomination au Seigneur ; mais Il agrée tous ceux qui sont irréprochables dans leurs voies. Celui qui, dans une pensée injuste, met sa main dans la main d’autrui ne sera point impuni ; au contraire, qui sème la justice en récoltera le digne salaire. Tel est un pendant d’oreille au museau d’une truie ; telle est la beauté chez la femme sans sagesse. Le désir du juste est bon sans réserve ; l’espérance des impies périra. Il en est qui, en distribuant leurs biens, les augmentent ; il en est qui, même en s’amusant, s’appauvrissent. Toute âme simple est bénie ; l’homme irascible n’est pas honoré. Que celui qui amasse du blé le tienne en réserve pour les peuples ; la bénédiction est sur la tête de celui qui en fait part à autrui. Celui qui médite le bien cherche une grâce salvatrice ; celui qui songe au mal le recueillera pour lui- même. Celui qui se fie en sa richesse tombera ; celui qui s’attache aux choses justes fleurira. Celui qui ne s’occupe pas de sa propre maison n’aura que le vent pour héritage ; l’insensé sera le serviteur du sage. Du fruit de la justice naît l’arbre de vie ; les âmes des pervers seront emportées avant le temps. Si le juste est difficilement sauvé, que penser de l’impie et du pécheur ? Celui qui aime la discipline aime la sagesse ; celui qui hait les réprimandes est insensé. Le meilleur est celui qui a trouvé la grâce du Seigneur ; l’homme pervers tombera dans l’oubli. L’homme ne tire aucun profit de l’injustice ; les racines des justes ne seront pas arrachées. Une femme forte est une couronne pour son mari ; comme un ver qui ronge le bois, une femme malfaisante perd son mari. Les pensées des justes sont des sentences ; les impies n’ont pour se gouverner que la ruse. Les paroles des impies sont trompeuses ; la bouche des hommes droits les sauvera.

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