1er avril (ancien calendrier) / 14 avril (nouveau)
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Grand Carême

Sainte Marie l’Égyptienne ; saint juste Achaz (716 avant J.-C.) ; saints martyrs Gérontios et Basilide saint Macaire, abbé du monastère de Pélécète en Bithynie, confesseur (840) ; saint Valéry, abbé-fondateur de Leuconay (619) ; saint Beherond, évêque d’Amiens (640) ; saint Leucone, évêque de Troyes (656) ; saint Dodolin, évêque de Vienne (VIIème s.) ; saint Abraham le Bulgare, thaumaturge à Vladimir (1229) ; saint Géronte des Grottes de Kiev (XIVème s.) ; saint Euthyme, archimandrite à Souzdal, thaumaturge (1404) saint Barsanuphe d’Optino 1913).

SAINTE MARIE L’ÉGYPTIENNE

1er avril (ancien calendrier) / 14 avril (nouveau)Notre sainte Mère Marie était native d’Égypte. Dès l’âge de douze ans, elle quitta ses parents pour se rendre à Alexandrie, où elle vécut pendant dix-sept ans dans la débauche et le plus grand dérèglement. Subsistant au moyen d’aumônes et du tissage du lin, elle livrait néanmoins son corps à tout homme, sans y être poussée par la misère, comme tant d’autres pauvres femmes, mais comme si elle était brûlée par le feu d’un désir que rien ne pouvait assouvir. Un jour, voyant une foule de Libyens et d’Égyptiens se diriger vers le port, elle les suivit et s’embarqua avec eux pour Jérusalem, offrant son corps pour payer le prix de la traversée. Quand ils parvinrent à la Ville sainte, elle suivit la foule qui se pressait vers la basilique de la Résurrection, le jour de l’Exaltation de la Croix. Mais, lorsqu’elle arriva sur le seuil de l’église, une force invisible l’empêcha d’y entrer, malgré ses efforts réitérés, alors que les autres pèlerins franchissaient aisément la porte. Restée seule dans un coin du narthex, elle commença à réaliser que c’était l’impureté de sa vie qui l’empêchait d’approcher le saint Bois. Elle répandit des larmes abondantes et se frappa la poitrine et, voyant une icône de la Mère de Dieu, elle lui adressa cette prière : « Vierge Souveraine qui as enfanté Dieu dans la chair, je sais que je ne devrais pas regarder ton icône, toi qui es pure d’âme et de corps, car, débauchée comme je suis, je dois t’inspirer le dégoût. Mais puisque le Dieu né de toi est devenu homme pour appeler les pécheurs au repentir, viens à mon aide. Permets-moi l’entrée de l’église pour me prosterner devant sa Croix. Et dès que j’aurai vu la Croix, je te promets de renoncer au monde et aux plaisirs, et de suivre le chemin de salut que tu me montreras. »

Elle se sentit soudain délivrée de cette puissance qui la retenait et put entrer dans l’église, où elle vénéra avec ferveur la sainte Croix. Puis, revenue vers l’icône de la Mère de Dieu, elle se déclara prête désormais à suivre le chemin qu’elle lui indiquerait. Une voix lui répondit d’en haut : « Si tu passes le Jourdain, tu y trouveras le repos. »

En sortant de l’église, elle acheta trois pains avec l’aumône reçue d’un pèlerin, se fit indiquer la route qui menait au Jourdain et elle arriva le soir à l’église de saint Jean-Baptiste. Après s’être lavée dans les eaux du fleuve, elle communia aux saints Mystères, mangea la moitié de l’un des pains et s’endormit sur le rivage. Le lendemain matin, elle passa le fleuve et vécut dès lors dans le désert, pendant quarante-sept ans, sans y rencontrer personne, ni homme ni animal.

Pendant les dix-sept premières années de son séjour, ses vêtements étant bientôt tombés en lambeaux, brûlant de chaleur le jour et grelottant de froid la nuit, elle se nourrissait d’herbes et de racines sauvages. Mais, plus que les épreuves physiques, elle devait affronter les violents assauts des passions et le souvenir de ses péchés, et c’est en se jetant à terre qu’elle suppliait la Mère de Dieu de lui venir en aide. Protégée par Dieu, qui ne désire rien de plus que le pécheur revienne à Lui et vive (Ez 33, 11), elle déracina de son cœur toutes les passions par cette ascèse extraordinaire et put convertir le feu du désir charnel en une flamme d’amour divin, qui lui faisait endurer avec joie, tel un être incorporel, l’implacable désert.

Après tant d’années, un saint vieillard, nommé Zosime [4 avr.], qui, selon la tradition instaurée par saint Euthyme [20 janv.], s’était engagé dans le désert au-delà du Jourdain pour y passer le Grand Carême, aperçut un jour un être humain, le corps noirci par le soleil et les cheveux blancs comme de la laine tombant jusqu’aux épaules. Il courut derrière cette apparition qui s’enfuyait à son approche, en la suppliant de lui accorder sa bénédiction et quelque parole de salut. Quand il parvint à portée de voix, Marie, appelant par son nom celui qu’elle n’avait jamais vu, lui révéla qu’elle était une femme et elle lui demanda de lui jeter son manteau afin de couvrir sa nudité. Sur les instances du moine, ravi d’avoir enfin rencontré un être théophore qui avait atteint la perfection de la vie monastique, la sainte lui raconta avec larmes sa vie et sa conversion. Puis, ayant achevé son récit, elle le pria de se rendre l’année suivante, le Grand Jeudi, avec la sainte Communion sur les bords du Jourdain.

Le jour venu, Zosime vit Marie apparaître sur l’autre rive du fleuve. Elle fit un signe de Croix et traversa le Jourdain en marchant sur les eaux. Ayant communié avec larmes, elle dit : « Maintenant, ô Maître, Tu peux laisser aller en paix ta servante, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 29). Puis elle congédia Zosime, lui donnant rendez-vous l’année suivante à l’endroit de leur première rencontre.

Lorsque l’année fut écoulée, Zosime trouva à l’endroit convenu le corps de la sainte étendu à terre, les bras croisés et le visage tourné vers l’orient. Son émotion et ses larmes ne lui permirent pas de découvrir tout de suite une inscription tracée sur le sol des mains de la sainte, qui disait : « Abba Zosime, enterre à cet endroit le corps de l’humble Marie, rends à la poussière ce qui est à la poussière, après avoir prié pour moi. Je suis décédée le 1er du mois d’avril, la nuit même de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, après avoir reçu la sainte Communion. » Consolé de son chagrin en apprenant le nom de la sainte, Zosime fut étonné de constater qu’elle avait franchi en quelques heures une distance de plus de vingt jours de marche. Après avoir vainement essayé de creuser le sol avec un morceau de bois, il vit tout à coup un lion s’approcher du corps de Marie et lui lécher les pieds. Sur l’ordre du vieillard, la bête creusa de ses griffes une fosse où Zosime déposa avec dévotion le corps de la sainte.

De retour au monastère, il raconta les merveilles que Dieu accomplit en faveur de ceux qui se détournent du péché pour revenir vers Lui de tout leur cœur. De pécheresse invétérée, sainte Marie est devenue pour quantité d’âmes accablées sous le poids du péché, une source d’espérance et un modèle de conversion. C’est pourquoi les saints Pères ont placé la célébration de sa mémoire à la fin du Carême, comme un encouragement adressé à tous ceux qui ont négligé leur salut, proclamant que jusqu’à la dernière heure le repentir pourra les ramener vers Dieu.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de sainte Marie l’Égyptienne, ton 8

En toi, sainte Marie, la création à l’image de Dieu a été vraiment sauvegardée, car ayant pris ta Croix, tu as suivi le Christ et tu as enseigné par tes actes à dédaigner la chair, car elle passe, et à prendre soin de l’âme qui est immortelle ; c’est pourquoi, ô Marie, avec les anges se réjouit ton esprit.

Kondakion de sainte Marie l’Égyptienne, ton 3

Autrefois, tu t’adonnais à toutes sortes de débauches, aujourd’hui par le repentir, tu es devenue épouse du Christ. Imitant la vie des anges, par l’arme de la Croix, tu as écrasé les démons ; c’est pourquoi tu es devenue épouse du Royaume, ô glorieuse Marie.

Lectures de l’Ancien Testament

Isaïe XLI, 4-14

Qui a opéré, qui a fait ces choses? C’est Celui qui a appelé la justice, qui l’a appelée dès le commencement des générations. Je suis Dieu, le premier, et pour tous les siècles à venir Je suis. Les nations ont vu, et elles ont eu crainte, et elles sont accourues des extrémités de la terre ; et elles sont venues toutes à la fois. Chaque homme, jugeant pour son prochain, et pour secourir son frère, dira : L’artisan a réuni tous ses efforts, ainsi que l’ouvrier qui forge au marteau ; et il dira : Voilà une pièce bien jointe ; on en a ajusté les parties avec des clous, on va les fixer, et elles ne seront pas ébranlées. Et toi, Israël, toi, Jacob, mon serviteur, toi que J’ai choisi, postérité d’Abraham, mon bien-aimé; Toi que J’ai fait revenir des extrémités de la terre; Je t’ai convoqué du haut de toutes ses collines, et Je t’ai dit : Tu es mon serviteur; je t’ai élu, et Je ne t’ai pas abandonné. Ne crains pas, car Je suis avec toi; ne t’égare pas car Je suis ton Dieu; c’est moi qui t’ai fortifié, moi qui t’ai secouru, et t’ai affermi par la justice de ma droite. Voilà que tous tes adversaires vont être humiliés et confondus ; car ils seront comme s’ils n’étaient pas, et tous tes ennemis périront. Tu les chercheras et tu ne trouveras plus ces hommes qui t’insultaient dans l’ivresse; car ils seront comme s’ils n’étaient pas et ceux qui te faisaient la guerre n’existeront plus. Je suis ton Dieu qui t’ai pris par la main droite et qui te dis: ne crains pas. Jacob, pauvre ver, Israël, si amoindri que tu sois. C’est moi qui t’ai secouru, dit ton Dieu; c’est moi, ô Israël, qui t’ai racheté.

Genèse XVII, 1-9

Abram atteignit sa quatre-vingt-dix-neuvième année, et le Seigneur lui apparut, disant : Je suis ton Dieu ; cherche à plaire à mes yeux ; sois sans péché. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et je te multiplierai beaucoup. Abram tomba la face contre terre, et Dieu lui parla, disant: Et moi voici que je fais alliance avec toi, tu seras le père d’une multitude de nations. Et tu ne t’appelleras plus Abram, mais ton nom sera Abraham, parce que je t’ai fait le père de nombreuses nations. Et je t’augmenterai beaucoup, beaucoup ; je te constituerai père de plusieurs peuples, des rois proviendront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et entre toi, et entre ta race après toi, dans toutes ses générations ; alliance éternelle par laquelle Je serai ton Dieu et le Dieu de ta race après toi. Je te donnerai, et après toi à ta race, la terre que tu habites, toute la terre de Chanaan, pour héritage perpétuel, et je serai votre Dieu. Dieu ajouta : De ton côté, tu maintiendras mon alliance, toi et ta postérité, dans toutes les générations.

Proverbes XV, 20 – XVI, 9

Le fils sage réjouira son père ; le fils insensé se moque de sa mère. Les voies de l’insensé manquent de sagesse ; l’homme prudent va droit son chemin. Ceux qui n’honorent pas l’assemblée des anciens sont en désaccord ; le conseil demeure dans le cœur des sages. Le méchant n’obéit pas à la raison ; il ne dira rien qui soit à propos et utile au bien public. Les pensées du sage conduisent à la vie ; par elles il se détourne de l’enfer. Le Seigneur abat les maisons des superbes ; il affermit l’héritage de la veuve. Les desseins iniques sont en abomination au Seigneur ; les discours des hommes purs sont vénérés. Il se perd lui-même celui qui se laisse gagner par des présents ; celui qui les repousse avec indignation est sauvé ; les péchés sont purifiés par la foi et l’aumône; tout homme se préserve du mal par la crainte du Seigneur. La foi est le sujet des méditations des cœurs justes ; de la bouche des impies sortent des paroles coupables. Les voies des hommes justes sont agréables au Seigneur ; en les suivant, les ennemis mêmes deviennent amis. Dieu s’éloigne des méchants ; Il exaucera les vœux des justes. Mieux vaut petite récolte avec la justice, que grande abondance avec l’iniquité. Que le cœur de l’homme ait des pensées de justice, afin que Dieu le fasse cheminer dans la droite voie. L’œil réjouit le cœur par la vue des belles choses, et la bonne renommée engraisse les os. Celui qui repousse les corrections est ennemi de soi-même; celui qui se rend aux réprimandes aime son âme. La crainte du Seigneur est enseignement et sagesse; les plus grands honneurs lui seront rendus. Toutes les œuvres de l’homme humble sont rendues manifestes auprès de Dieu, mais pour les impies, ils périssent en un jour fatal. Tout homme au cœur hautain est impur devant Dieu ; celui qui, ayant une pensée injuste, met sa main dans la main d’autrui, ne sera pas innocent pour cela. Pratiquer la justice, c’est le commencement de la bonne voie, plus agréable à Dieu que le sacrifice des victimes. Celui qui cherche le Seigneur trouvera la science et la justice ; ceux qui Le cherchent avec droiture trouveront la paix. Toutes les œuvres du Seigneur sont selon la justice. L’impie est réservé pour un jour fatal.

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