Saints Jason et Sosipater, apôtres, sainte Cercyre, fille du roi Cercylien et leurs compagnons (Ier s.); saints Zenon, Eusèbe, Néon et Vital, martyrs à Corfou (Ier s.) ; saints Dadas, Maxime et Quintilien, martyrs en Mésie (286) ; saint Cyrille évêque de Tourov (1183) sainte martyre Anne (Chachkine) (1940).
SAINTS JASON ET SOSIPATER
Saint Jason était originaire de Tarse, la patrie de saint Paul, mais c’est à Thessalonique qu’il fit connaissance de l’Apôtre, alors accompagné de Silas, et qu’il lui offrit l’hospitalité. Lorsque des Juifs, sous l’emprise d’une funeste jalousie, se soulevèrent contre les apôtres, ils ne purent trouver saint Paul et se saisirent de Jason, et le traînèrent devant le politarque, en l’accusant d’abriter chez lui des gens qui se rebellaient contre l’autorité de César (Act 17, 5-9). Une fois libéré, il suivit Paul dans ses missions en Macédoine et en Asie, en compagnie d’autres disciples, dont Sosipater (ou Sopater), originaire d’Achaïe (Péloponnèse). Les deux condisciples étaient liés par un tel attachement spirituel à leur maître que saint Paul, s’adressant aux Romains, les salue comme ses parents (Rm 16, 21). Il confia à Jason le gouvernement de l’Église de Tarse et à Sosipater celui d’Iconium.
Après avoir posé les fondements du christianisme dans ces Églises, les deux apôtres partirent vers l’Occident pour prêcher la Bonne Nouvelle. Parvenus dans l’île de Corfou, ils commencèrent par bâtir une église dédiée au saint premier-martyr Étienne. Plutôt que de prêcher par des démonstrations d’une sagesse humaine, ils y adressaient des hymnes incessantes à la gloire de Dieu et attirèrent ainsi de nombreux païens à la foi, c’est-à-dire à la « droite louange de Dieu ».
Les succès remportés par les apôtres inquiétèrent le roi de l’île, Cercylien, qui les fit comparaître, en vue de les contraindre à sacrifier aux dieux. Les saints lui répliquèrent : « Fais de nos corps ce que bon te semble, mais sur nos âmes tu n’auras aucune prise, car elles appartiennent à Dieu ! » Jetés en prison dans l’attente de la sentence, ils y retrouvèrent sept brigands nommés : Saturnin, Iaciscole, Faustien, Janvier, Marsalios, Euphrasios et Mammos. Par l’exemple de leur patience dans les tribulations et par leurs paroles de vie éternelle, ils les convertirent à la vraie foi, ainsi que le geôlier Antoine, qui avait été attiré par le parfum et la lumière divine qui se dégageaient du cachot. Lorsque les soldats, envoyés par le roi pour s’emparer des nouveaux convertis, entrèrent dans la prison, ils eurent la surprise de voir Antoine assis en paix ayant à ses côtés un personnage lumineux qui tenait d’une main une croix et de l’autre un glaive. Les autres détenus étaient, quant à eux, coiffés d’une couronne d’or et l’hymne de victoire retentissait dans la prison : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur Sabaoth… ».
Le roi fit comparaître Antoine et lui demanda pourquoi il avait ainsi abandonné la religion de ses pères. Pour toute réponse, celui-ci traça le signe de la Croix sur le visage du monarque qui, entrant en fureur, lui fit couper la main. Encouragé par un ange, le martyr restait cependant inflexible et plein d’audace. À sa prière Dieu fit éclater un si violent orage qu’il terrassa l’épouse et les deux fils du roi. Cercylien ne se départit pas néanmoins de son endurcissement et tenta de porter la main sur Antoine, mais celle-ci fut tout à coup paralysée. Il ordonna alors de décapiter le disciple du Christ à l’extérieur de la ville. Après l’exécution, quelques pieux chrétiens, qui avaient assisté à la scène, s’emparèrent du corps d’Antoine et l’ensevelirent dans l’église de Saint-Étienne.
Deux jours plus tard, Cercylien fit convoquer Jason et Sosipater. Ils confessèrent d’une seule voix le Dieu unique en trois Personnes, et loin d’être effrayés par la nouvelle de l’exécution d’Antoine, ils rendirent gloire à Dieu qui lui avait donné patience et courage pour remporter la couronne de l’incorruptibilité. Le roi leur proposa alors d’entrer en compétition avec l’un de ses mages, lequel en une heure avait fait poussé du blé et l’avait transformé en pain chaud. Lorsque ce sorcier commença ses incantations magiques, les bêtes et la nature environnante commencèrent à s’agiter de manière anormale. Tous les assistants restaient stupéfaits de ces pouvoirs, excepté les saints apôtres qui, invoquant le Nom du Seigneur, firent expirer le mage sur place, et aussitôt la création retrouva son ordre naturel. La foule s’écria alors : « Oui, le Dieu de Jason et Sosipater est vraiment le seul Dieu ! » Le souverain, furieux, fit alors jeter les saints en prison et commanda d’amener Saturnin et ses compagnons.
Le lendemain, après avoir passé toute la nuit en prière, les sept brigands furent conduits, chargés de chaînes, devant le préfet Carpien, non plus comme prisonniers de droit commun, mais en qualité de chrétiens. Pendant qu’on les soumettait à la question, Cercyre, la fille du roi, âgée de quinze ans, vit le spectacle en se penchant à la fenêtre du palais et, apprenant que ces hommes enduraient la torture pour le Nom du Christ, elle s’écria : « Moi aussi, je suis chrétienne, et je renie le culte des idoles pour épouser le Christ ! » Le roi resta d’abord stupéfait de la conversion de sa fille, puis, une fois revenu à lui, il essaya de la persuader de renoncer à cette foi qui lui vaudrait la torture et la mort. Mais ses efforts restèrent sans effet. Pendant l’intervalle de temps que Cercylien s’était donné pour réfléchir sur la décision à prendre, Cercyre distribua ses bijoux aux pauvres et se prépara avec allégresse aux combats du martyre. Elle fut livrée aux soldats qui la traînèrent, chargée d’entraves, dans un village où le préfet Carpien la soumit à la torture. Tandis que son sang coulait à flot, la sainte remerciait le Christ à haute voix de recevoir ainsi le baptême dans son propre sang. Elle refusait toute proposition de mariage, en disant qu’elle avait désormais au ciel un Époux immortel et que rien ne pourrait plus l’attirer vers la corruption de la vie terrestre et l’idolâtrie.
On la jeta en prison et, sur l’ordre du roi, on y envoya un soldat éthiopien, terrible et brutal, pour lui faire violence. Mais, par la puissance de Dieu, un ours vint se poster à l’entrée de la prison et se rua sur l’homme dès qu’il se présenta. La sainte arrêta le fauve de la voix et elle convertit l’Éthiopien qu’elle nomma Christodule. Puis elle le renvoya en paix, lui remettant une croix et lui recommandant de répondre à qui l’interrogerait : « C’est le Christ que je cherche. C’est Lui que j’aime et que j’adore ! » L’homme se présenta ainsi en ville. Il fut aussitôt arrêté, mis à la torture et finalement coupé en deux à coups de hache de la main même du préfet.
Après l’exécution de Christodule, Carpien se rendit à la prison, mais l’ours lui en barra l’entrée. Battant en retraite, il demanda au roi l’autorisation d’en finir avec cette affaire et fit mettre le feu à la prison. L’ours put s’enfuir et s’enfoncer dans la forêt, pendant que Cercyre, protégée par la grâce, restait en prière au milieu des flammes, comme jadis les trois Jeunes Gens dans la fournaise de Babylone. Au bout de trois jours, le brasier s’étant éteint, le roi vint sur les lieux pour ensevelir les restes de sa fille. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir, au milieu des décombres calcinés, la sainte assise, radieuse, sous la protection d’un ange lumineux. Insensible aux reproches que lui adressait Cercyre, Cercylien la fit emmener en dehors de la ville, où elle fut suspendue la tête en bas et périt percée de flèches.
On s’empara ensuite de Saturnin et de ses compagnons pour les jeter dans des chaudrons emplis de poix brûlante. Au moment de rendre l’âme, ils louèrent Dieu d’avoir eu pitié d’eux comme Il avait eu autrefois pitié du Bon Larron. Lorsque le roi apprit que cette exécution avait entraîné de nombreuses conversions et que les nouveaux chrétiens avaient enterré les saints martyrs dans un temple qu’on avait prestement débarrassé de ses idoles, il commanda de brûler leurs restes et d’en disperser les cendres. Mais, quand il se présenta avec ses soldats, un dragon terrifiant les mit en fuite. Le roi se mit alors à la poursuite des convertis qui s’étaient réfugiés dans une île, mais il fut englouti dans les flots, avec toute son armée, comme jadis Pharaon dans la mer Rouge.
Les saints apôtres furent alors libérés et, par leur prédication, ils purent confirmer dans la foi les nouveaux chrétiens. Mais cette trêve ne dura que peu de temps. Le nouveau souverain, Datien, les fit arrêter de nouveau et ordonna de jeter Sosipater dans un baril de goudron enflammé. Le saint y entra en faisant le signe de la Croix et s’offrit ainsi généreusement comme sacrifice de bonne odeur devant Dieu. Les flammes s’étendirent aux alentours, brûlant de nombreux païens qui assistaient à l’exécution. Le roi effrayé se jeta alors à terre, demanda pardon au Dieu de Sosipater, et il se confia à Jason pour l’instruire dans la foi.
Après avoir procédé avec honneurs à l’inhumation de Sosipater, Jason fit revenir les fidèles qui étaient réfugiés dans l’île, et il baptisa le roi, le nommant Sébastien, et avec lui tous les habitants qui avaient été convertis à la suite des miracles accomplis en ces jours. Depuis ce temps, l’île de Corfou est restée, malgré les guerres et les occupations étrangères, une citadelle de la vraie foi. Toutes les idoles ayant été abattues, on édifia des églises, en particulier une grande église dédiée à sainte Cercyre, auprès de laquelle le roi Sébastien se retira pour y mener la vie ascétique.
Après la mort du souverain, saint Jason ressuscita le jeune prince héritier et accomplit de nombreux miracles, jusqu’au jour où il entendit une voix céleste qui l’invitait à rejoindre Sosipater dans le Royaume des cieux. Il prépara son tombeau, près de son frère spirituel, et, après avoir livré son dernier enseignement, il s’endormit en paix, le 29 avril, à l’âge de soixante ans. Dans la suite des siècles, les deux saints apôtres restèrent les fidèles protecteurs et intercesseurs auprès de Dieu pour tous les habitants de Corfou.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)
Tropaire de Pâques, ton 5
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de la Mi-Pentecôte, ton 8
Au milieu de la fête, abreuve mon âme assoiffée des eaux de la piété, car, ô Sauveur, Tu as clamé à tous : Celui qui a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Source de notre vie, ô Christ Dieu, gloire à toi.
Tropaire des saints apôtres, ton 3
Saints Apôtres du Seigneur, intercédez auprès du Dieu compatissant pour qu’à nos âmes il accorde le pardon, de nos péchés.
Kondakion des saints apôtres, ton 4
Vous êtes apparus commè astres resplendissants, illuminant tout le monde habité des clartés de votre prédication, divins apôtres Jason et Sosipater: aux fidèles qui vous honorent procurez le salut.
Kondakion de la Mi-Pentecôte, ton 4
Au milieu de la fête prescrite par la loi, Créateur et Maître de toutes choses, Tu as dit à ceux qui se tenaient auprès de toi : Venez puiser l’eau de l’immortalité. Aussi nous prosternons-nous devant toi et disons-nous avec foi : Accorde-nous ta compassion, ô Christ Dieu, car Tu es la source de notre vie.
ÉPÎTRE DU JOUR
Actes XII, 12-17
En ces jours-là, Pierre, Après avoir réfléchi, se dirigea vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de personnes étaient réunies et priaient. Il frappa à la porte du vestibule, et une servante, nommée Rhode, s’approcha pour écouter. Elle reconnut la voix de Pierre ; et, dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle courut annoncer que Pierre était devant la porte. Ils lui dirent : Tu es folle. Mais elle affirma que la chose était ainsi. Et ils dirent : C’est son ange. Cependant Pierre continuait à frapper. Ils ouvrirent, et furent étonnés de le voir. Pierre, leur ayant de la main fait signe de se taire, leur raconta comment le Seigneur l’avait tiré de la prison, et il dit : Annoncez-le à Jacques et aux frères. Puis il sortit, et s’en alla dans un autre lieu.
ÉVANGILE DU JOUR
Jn VIII, 42-51
Jésus leur dit: Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens; je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. Qui de vous me convaincra de péché? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas? Celui qui est de Dieu, écoute les paroles de Dieu; vous n’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu. Les Juifs lui répondirent: N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain, et que tu as un démon? Jésus répliqua: Je n’ai point de démon; mais j’honore mon Père, et vous m’outragez. Je ne cherche point ma gloire; il en est un qui la cherche et qui juge.
