La sainte métropole de Pisidie (Patriarcat œcuménique) a annoncé, le 6 juillet 2026, que la divine liturgie prévue le 9 juillet en la basilique de l’apôtre saint Paul, sur le site historique d’Antioche de Pisidie (Yalvaç, province d’Isparta), n’aurait pas lieu, l’autorisation requise n’ayant pas été accordée par les autorités compétentes.
Dans un bref communiqué diffusé en plusieurs langues sur son site officiel, la métropole informe les pèlerins et les fidèles que la célébration eucharistique attendue le 9 juillet, dans l’antique basilique dédiée à l’apôtre des nations, ne pourra pas se tenir. Le texte indique que la permission nécessaire à cette célébration n’a pas été délivrée par les services de l’État, sans autre précision.
Antioche de Pisidie occupe une place singulière dans l’histoire chrétienne. C’est là que l’apôtre saint Paul, accompagné de l’apôtre saint Barnabé, prononça, au cours de son premier voyage missionnaire, la prédication rapportée au chapitre 13 des Actes des Apôtres, prêchant dans la synagogue de la ville avant que l’opposition ne contraigne les deux missionnaires à la quitter. La cité devint l’un des grands sièges métropolitains de l’Asie Mineure, dont de nombreux évêques prirent part aux conciles œcuméniques. Elle correspond aujourd’hui à un vaste site archéologique proche de la bourgade de Yalvaç, où ne subsiste plus de communauté orthodoxe permanente.
La métropole de Pisidie, restaurée au début du XXIᵉ siècle avec son siège à Antalya (l’antique Attalie), est dirigée depuis 2022 par Son Éminence le métropolite Job (Getcha), hypertime et exarque de Sidé et d’Antalya, qui a succédé au métropolite Sotirios (Trambas), de bienheureuse mémoire.
À l’image d’autres sièges anatoliens que le Patriarcat œcuménique maintient au titre de la continuité historique, tels Smyrne, Éphèse, Icônion ou encore Nicée, la métropole de Pisidie est aujourd’hui une des métropoles les plus vivantes, avec le troupeau local le plus nombreux. Les célébrations sur ces lieux de mémoire apostolique demeurent tributaires d’autorisations ponctuelles des autorités turques, accordées pour certains sites et refusées pour d’autres.
L’annonce ravive un débat récurrent en Turquie. Dans la presse turque, plusieurs commentateurs lisent le maintien de ces titres métropolitains et l’organisation de tels pèlerinages à travers le prisme des relations gréco-turques, du traité de Lausanne et du principe dit de réciprocité, qu’ils rattachent notamment à la situation de la minorité turque de Thrace occidentale. Pour les orthodoxes, la question relève d’abord de la liberté religieuse et de l’accès aux lieux liés à la mémoire de saint Paul et à la présence chrétienne millénaire de l’Anatolie.
Au-delà d’une seule liturgie empêchée, l’épisode touche ainsi à la préservation de l’héritage chrétien de l’Asie Mineure et à l’exercice concret de la liberté du culte sur des sites dont la portée dépasse les frontières d’un seul pays.
Sources : communiqué de la sainte métropole de Pisidie, pisidia.church, 6 juillet 2026 ; sur le débat turc, Erdal Kesin, « Yalvaç Metropolitliği : tarihî süreklilik, din özgürlüğü ve karşılıklılık ilkesi », dvthaber.com.tr, 7 juillet 2026.