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Nous publions ci-après des extraits de la notice nécrologique de l’higoumène du célèbre monastère de Peć, qui évoque sa figure spirituelle, mais donne aussi un aperçu sur ce que vécurent de nombreux ecclésiastiques et laïcs dans cette région des Balkans. Le 16 janvier de cette année, l’higoumène du célèbre monastère de Peć Glicérie (Đokić), moniale du grand habit, est décédée. l’évêque vicaire Jean de Lipljan a célébré les funérailles, assisté de nombreux prêtres des diocèses de Belgrade et de Ras-Prizren, avec des fidèles des villages avoisinants. « C’est une servante de Dieu qui va directement au Royaume des cieux » a dit l’évêque dans l’éloge funèbre. Et sa vie fut vraiment un cheminement vers le Seigneur. Née le 26 mai 1927 en la fête de la sainte martyre Glycérie, au village de Bukovica en Bosnie, Anđa, la future mère Glycérie, était le deuxième enfant des cinq que comptait cette famille. La seconde guerre mondiale constitua une grande épreuve pour celle-ci : le père fut assassiné par les oustachis, et le fils aîné fut tué à son tour par les communistes, si bien qu’il n’y avait plus d’hommes dans la famille.


Aussi, Anđa dut-elle, dès l’âge de quatorze ans, assumer les tâches les plus dures de la vie paysanne : organiser le travail dans les champs, embaucher des saisonniers et travailler avec eux… « Le soleil ne m’a jamais vu en train de dormir », disait-elle au sujet de cette période de sa vie. En même temps, elle assistait sa mère pour éduquer les autres enfants. À l’âge de vingt-cinq ans, alors que les enfants étaient élevés, elle prit la décision d’entrer au monastère, bien qu’elle eût de nombreux prétendants. Elle entra donc au monastère de Tavna en Bosnie en 1952, puis partit avec plusieurs sœurs au monastère de Nimnik, près de Požarevac, en Serbie centrale, où elle fit sa profession monastique avec le nom de de Glycérie. Sur la demande du patriarche Vincent de Serbie (+1958), elle fut envoyée avec sept autres moniales, en 1957, au prestigieux monastère de Peć en Métochie, afin d’y assurer la survie de celui-ci, avec des offices quotidiens, tandis que les communistes voulaient transformer en musée ce lieu saint, qui renferme une icône miraculeuse de la Mère de Dieu. Mère Glycérie vivra plus de cinquante ans dans ce monastère, portant avec les autres moniales la croix de son peuple au Kosovo et en Métochie. Elle disait que leur arrivée « n’était du goût de personne, ni des Serbes communistes, ni des Albanais… On vivait durement, on n’avait rien, on travaillait beaucoup » mais ajoutait-elle, « nous avions l’amour entre nous, et où est l’amour, là est le Seigneur, et tout est facile avec Lui. Nous nous levions avant le soleil. Les premiers temps, faute de moyens de locomotion, il nous fallait marcher à pied quelques kilomètres pour nous rendre aux champs. Nous rentrions encore à pied, à la tombée de la nuit, en chantant. Nous semions, labourions, et lorsque venait le temps de la récolte, nous devions organiser une garde (deux sœurs se succèdaient nuit et jour, un fusil à la main) pour empêcher que les fruits et légumes fussent dérobés par les Albanais. L’hiver, les sœurs tissaient des tapis et coupaient elles-mêmes le bois de chauffage. Le moment le plus difficile se produisit lorsque les bâtiments conventuels furent incendiés par les extrémistes Albanais, le 17 mars 1981. Les sœurs durent alors dormirent à la belle étoile ou dans les villages avoisinants, mais elles gardaient néanmoins toujours l’espoir en le Seigneur et la Mère de Dieu. Dans toutes ces situations, elles ne cessèrent jamais de célébrer l’office liturgique, et ce selon un Typicon strict, proche de celui du Mont Athos. Mère Glycérie se rendait au travail toujours parmi les premières, et accomplissait les obédiences les plus pénibles. Après la guerre de 1999, les sœurs n’avaient plus la possibilité de cultiver leurs champs, à l’exception du potager et du jardin qui se trouvaient dans l’enceinte du monastère. Il devenait dangereux de se rendre dans les champs situés hors de celle-ci, en raison des agissements des extrémistes albanais. Ayant dépassé les soixante-dix ans, Mère Glycérie reçut une nouvelle obédience : assister l’ancienne higoumène très âgée, et fabriquer des chapelets. Elle le fit jusqu’à la fin de sa vie terrestre. Mère Glycérie montra beaucoup de zèle dans la prière. Tant que sa santé le lui permettait, elle s’empressait de se rendre à la prière commune à l’église, et elle ne prenait du repos qu’après avoir terminé sa règle de prière monastique. Elle était toujours prête à donner des conseils aux sœurs plus jeunes si elles le lui demandaient, mais sans jamais les leur imposer. Son visage rayonnant, sa capacité à pardonner et à demander le pardon, ne seront jamais oubliés de ceux qui l’ont connue. Elle reçut le grand-habit monastique la veille de la mémoire du saint protomartyr Étienne, cette année.

Source et photographie : SPC.rs

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