Lettre de démission et de considérations sur l’avenir de l’Institut Saint-Serge, par Jean-François Colosimo
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Dimanche 27 janvier 2019, en la fête de la translation des reliques de saint Jean Chrysostome.

Cela fait maintenant plus d’un quart de siècle, depuis précisément  l’automne 1990, que je consacre une part significative de ma vie à l’Institut Saint-Serge en tâchant de rendre aux jeunes générations un peu de l’enseignement théologique que j’ai reçu de mes aînés.  Il y a trois ans de cela, en juin 2015, mes collègues m’ont demandé d’en assumer la présidence, estimant que mon existence publique et mon expérience professionnelle leur seraient utiles pour endiguer les difficultés et les hostilités que subissait notre école. Moi-même, dans l’instant, j’y ai vu l’opportunité d’enfin procéder aux réformes indispensables que j’avais à plusieurs reprises prônées, mais que tous désormais, administrateurs, enseignants et personnels, ne pouvaient que savoir impératives à moins de faillir à maintenir et à poursuivre la vocation que nous avions devoir de transmettre.

          Cette mission, je l’ai acceptée hier par esprit de solidarité et j’y renonce aujourd’hui par souci de vérité. 

          C’est à regret qu’il me faut constater que les conditions du plein  relèvement de Saint-Serge, à commencer par l’exercice fructueux de la présidence qui m’a été dévolue, ne sont pas réunies.  Sans doute ne suis-je pas exempt de cet écart, mais j’ai pour moi d’avoir mené ce mandat de bout en bout à titre gracieux et d’y avoir perdu en termes de temps, d’énergie et, à la marge, de réputation. Telle est toutefois la loi qui régit cette sorte d’engagement et je ne saurais m’en plaindre.   

          En 2015, l’enjeu immédiat de la survie était réel. La politique menée a permis de parer au plus pressé en promouvant une culture de gouvernance fondée sur la concertation et la conformité, le réalisme et la responsabilité, la transparence et la témérité. Les décisions actées ont  été toutes discutées et votées, qui plus est quasiment à l’unanimité. Nous avons œuvré avec le doyen, le père Nicolas Cernokrak, à un renforcement de l’offre éducative et avec le vice-président, François Guès, à un assainissement administratif, financier et comptable : qu’ils trouvent ici l’expression de ma gratitude, de même que celles et ceux qui ont compris ces nécessités et les ont accompagnées.   

          Le bilan n’est donc pas nul. Il demeure toutefois insuffisant. C’est d’une refondation spirituelle et d’une réorientation stratégique qu’a besoin l’Institut. On en trouvera les linéaments dans le discours programmatique que j’ai prononcé lors de la séance solennelle du 7 février 2016. L’avenir qu’il s’agit de dessiner ne peut se réduire ni à un sursaut, ni à un colmatage. Dès aujourd’hui, demain requiert une complète rénovation à la mesure des défis contemporains, une réponse ferme, articulée, créative à l’évangélisation qu’attend de nous le Christ –et la nôtre, en premier lieu.

          Force m’est cependant d’admettre qu’en interne trop d’esprits ne sont pas mûrs, cédant à d’illusoires nostalgies et à une dispersion néfaste à l’accomplissement de tout projet exigeant. Force m’est également de convenir que cet écueil, que seule la conversion de chacun peut surmonter, coïncide avec l’état de repli et d’anarchie que connaît l’orthodoxie à l’échelle  locale et universelle. Force m’est enfin de déplorer que les pires coups portés contre l’Institut ces trois dernières années, sans que ce soit le lieu ici d’épiloguer à ce sujet, sont venus d’un   microcosme orthodoxe revendiquant lui être lié, proche et prétendument bienveillant. 

          Ce n’est pas l’adversité qui est redoutable, mais le défaut de vision et d’ambition.

          Selon un paradoxe qui n’est qu’apparent, les  principaux secours qui ont permis de réduire momentanément la crise ont été œcuméniques. Je ne saurais trop dire merci à l’Institut protestant de théologie et au couvent dominicain Saint-Jacques pour l’hospitalité dont ils nous ont fraternellement gratifiés en un temps d’exode. Il y a là, pour les orthodoxes de France, beaucoup à méditer et à apprendre. 

          Sauver l’Institut de théologie de Paris reste à l’ordre du jour, mais encore faut-il entendre ce mot dans l’unique sens que lui donnent les Écritures, les Pères, les Saints et qui n’est autre que la résurrection.

          Or, si Dieu veut, Dieu pourvoira.

          Ayant conscience qu’heureusement nul n’est irremplaçable, résolument décidé à continuer et à approfondir mes propres travaux théologiques et philosophiques, réaffirmant mon entière fidélité à l’Église, je demeure à la disposition des étudiants passés, présents, futurs et de leurs sollicitations. Ce sont eux qui ont toujours constitué l’unique richesse de l’Institut pour lequel doivent demeurer à jamais synonymes christianisme et liberté.

Jean-François Colosimo

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