Orthodoxie.com- « Grand entretien avec le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou »

Le 13 février dernier, Mgr Hilarion Alfeyev, venu à Paris pour rencontrer le cardinal Kurt Koch a accordé une longue interview au père Jivko Panev. Nous vous invitons à voir la vidéo de l’entretien mais aussi à lire le texte intégral ci-dessous.

Vous êtes depuis 2009, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Ce département est un organe spécial au sein du Patriarcat de Moscou, qui est un cas unique à double titre : comme tel, il n’existe pas au sein des autres Églises orthodoxes et son chef est la personne numéro deux de l’Église russe. Pouvez-vous nous dire quand et pourquoi le Département a été créé ?

 Le département des relations ecclésiastiques extérieures du patriarcat de Moscou a été créé en 1946 quand l’Église orthodoxe russe venait de renaître de ses cendres, tel un phénix, après plus de deux décennies de persécutions terrifiantes. Quand il ne restait quasiment rien de l’Église orthodoxe russe. Dans les années 1920-1930, l’Église subissait des persécutions tellement atroces que presque toutes les églises ont été soit démolies, soit ont changé d’affectation, alors que la plupart des prêtres ont été éliminés physiquement, fusillés… De plus, de la centaine d’évêques que comptait l’Église russe avant la Révolution, il n’en restait que quatre en liberté avant le début de la Deuxième guerre mondiale… pour toute Église orthodoxe russe ! Pendant la guerre, la situation a changé, parce que l’Église a adopté une position patriotique. L’État a apprécié cela. Et les persécutions contre l’Église n’ont pas été arrêtées, mais plutôt temporairement allégées. Ainsi, en 1946, lorsque tout le pays se reconstruisait après la guerre, l’Église a décidé de renouveler, tout d’abord, ses relations avec l’émigration russe : ceux des chrétiens orthodoxes qui, depuis de nombreuses années, restaient déconnectés du patriarcat de Moscou. C’est pour cela, ainsi que pour restaurer le dialogue avec les autres confessions chrétiennes, commencé déjà avant la Révolution, que le département des relations ecclésiastiques extérieures a été créé. Au tout début, il n’y avait que quelques personnes : un métropolite, un secrétaire… Peu à peu, le personnel du département s’est agrandi. Et maintenant, 75 ans après, nous avons plus de cent collaborateurs, s’il s’agit de tout le personnel du département, y compris les chauffeurs, les personnes de ménage, les techniciens… Mais s’il s’agit des collaborateurs qui s’occupent des thèmes concrets, comme les relations avec l’Église catholique, avec les Églises orthodoxes, avec d’autres confessions chrétiennes, alors nous sommes environ quarante. C’est pourquoi dans notre département circule une plaisanterie : Vous savez, lorsqu’on a demandé au pape Jean-Paul II combien de personnes travaillent au Vatican ? Il a répondu : « Environ la moitié… » De même, dans notre département des relations ecclésiastiques extérieures, il n’y a qu’une quarantaine de collaborateurs qui œuvrent précisément dans les directions thématiques concrètes.

Vous êtes venu à Paris à l’occasion du VIe anniversaire de la rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille pour rencontrer le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens pour préparer la 2e rencontre entre les primats de l’Église russe et l’Église catholique. Connaît-on la date et le lieu de la prochaine rencontre ? Peut-être à Moscou ?

Vous voulez être le premier à connaître la date et le lieu, mais, malheureusement, vous ne le pourrez pas, car nous ne pouvons pas encore les annoncer. Nous sommes en train d’en discuter. Plusieurs autres participants y sont engagés et doivent tous atteindre un accord. Mais je peux vous dire que nous avons programmé cette rencontre pour l’année 2022. Et j’espère beaucoup que ni la pandémie ni d’autres circonstances ne pourront empêcher cette rencontre.

L’Église orthodoxe russe dispose de trois structures en Europe occidentale : les paroisses patriarcales elles-mêmes, celles de l’Archevêché des paroisses orthodoxes de tradition russe et celles de l’Église russe hors frontières. Ne pensez-vous pas que cette structure a fait son temps, que les raisons historiques de leur administration séparée ont fait leur temps ? Le projet d’un district métropolitain, du temps du patriarche Alexis II a échoué. La raison était qu’à cette époque, l’Église russe hors frontières n’était pas en communion avec le Patriarcat de Moscou et l’archevêché se trouvait sous le patriarcat de Constantinople. Les choses ont changé maintenant, pensez-vous qu’il faudrait travailler à nouveau dans cette direction ?

Je ne pense pas qu’il faille actuellement nous occuper de quelque manière que ce soit, de la réunification de ces trois structures établies dans l’Europe occidentale. Chacune d’elles a son histoire, ses traditions. Effectivement, de temps en temps, certaines frictions et incompréhensions apparaissent entre ces structures, justement à cause du fait qu’elles ont une compréhension différente de certains aspects importants de la vie de l’Église. Mais je pense qu’en ce moment, nous ne devons pas du tout, comme on dit en Russie, « mettre tout dans le même sac ». C’est-à-dire, essayer de faire vivre tout le monde d’après les mêmes règles. Je pense que le plus important est ce que nous avons déjà réussi à atteindre. Que nous sommes tous unis au sein d’une Église orthodoxe russe. Que cette division qui existait depuis de nombreuses années dans l’émigration russe est maintenant dépassée. Que nous pouvons tous maintenant concélébrer et communier ensemble.  C’est ce qui est le plus important. Tandis que s’occuper de l’unification des structures, des calendriers… toutes ces questions ne seront résolues que dans l’avenir et, je pense, dans un avenir assez lointain. Nous savons, par exemple, que l’Église orthodoxe russe hors frontières, ainsi que l’Archevêché des églises russes vénèrent localement certains saints qui ne sont pas reconnus par le patriarcat de Moscou. Et alors ? Cela fait partie de l’histoire. Et un jour ou l’autre l’histoire de l’Église mettra toutes ces choses au clair. Mais, en aucun cas, il ne faut se précipiter, il ne faut jamais essayer de détruire les traditions bien établies en imposant le point de vue d’une juridiction à une autre. Il faut avoir de la patience et vivre ensemble en paix, en remerciant Dieu pour ce don de l’unité que nous avons atteint.

Pour ce qui est des relations inter-orthodoxes : Pourquoi le Patriarcat de Moscou n’a-t-il pas donné l’autocéphalie à l’Église autonome d’Ukraine avant le Concile de Crète, cela aurait pu, peut-être, empêcher d’arriver à la situation actuelle ?

Vous savez, on peut donner l’autocéphalie quand on la demande. Mais si personne ne la demande, si le peuple de l’Église est contre elle, si l’épiscopat et le clergé sont contre, comment alors pouvons-nous imposer l’autocéphalie à une grande Église orthodoxe locale qui, non seulement ne la demande pas, mais qui a une attitude très négative envers cette idée même. Regardez, par exemple, dans le monde orthodoxe grec, il y a encore des gens naïfs et incompétents qui croient que Moscou retient de force l’Église de Kiev dans sa juridiction. Mais écoutez, comment pouvons-nous retenir de force l’Église ukrainienne ? De quels moyens disposons-nous ? Aucuns. Nous ne pouvons même pas venir en Ukraine. On m’a interdit d’aller en Ukraine depuis dix ans déjà. Parce que Monsieur Poroshenko (ancien président de l’Ukraine) a décidé que je ne devais pas venir en Ukraine. Je suis arrivé à l’aéroport. Ils m’ont arrêté, m’ont mis en garde à vue et, après, ils m’ont renvoyé sans aucune explication. Comment, dans cette situation, pouvons-nous y influencer quoi que ce soit ? Si l’Église ukrainienne canonique avait voulu l’autocéphalie et l’avait demandée à l’Église russe, alors, bien sûr, un certain processus aurait été enclenché, qui aurait été terminé, peut-être, par l’autocéphalie… Je ne sais pas, maintenant il est difficile de spéculer sur cela. Mais l’Église orthodoxe ukrainienne ne veut pas l’autocéphalie. Le peuple ukrainien veut rester avec le peuple russe. Et ce n’est pas une question politique, c’est la question de l’Église. Et, en aucun cas, il ne faut y entremêler la politique. Parce que du point de vue politique, les relations politiques entre la Russie et l’Ukraine peuvent être n’importe lesquelles. Mais la volonté du peuple de l’Église est de conserver l’unité. Comment pouvons-nous aller contre la volonté du peuple de l’Église ? Celui qui va contre la volonté du peuple de l’Église se suicide. Par exemple, le patriarche Bartholomée est allé contre la volonté du peuple de l’Église. Il s’est imaginé, où quelqu’un lui a fait croire, que le peuple ukrainien voulait l’autocéphalie. Et il a dit : « Alors, je signerai le tomos pour l’autocéphalie ». Et il a cru que toute l’Église ukrainienne voudrait s’unir à ce tomos. Mais de fait, uniquement les schismatiques s’y sont joints. Parce qu’ils avaient besoin de cela pour de motifs politiques. Ces schismatiques qui n’avaient ni monastères normaux, ni fidèles… Regardez comment ils célèbrent chez eux dans leurs églises. Regardez leurs vidéos sur Internet. Vous y verrez un, soi-disant, métropolite… un, soi-disant, prêtre… Et où est le peuple de l’Église ? Ils ne l’ont pas. Le peuple de l’Église ne suit pas les schismatiques. Parce qu’il sait distinguer la véritable Église de la pseudo-Église, les vrais évêques des évêques autoconsacrés.  

L’archevêque Anastase de Tirana parlant de la situation en Ukraine a affirmé que trois principes fondamentaux ont été transgressés : la succession apostolique, la divine Eucharistie et la conciliarité. Cela a provoqué un tremblement de terre dont les ondes de choc ont atteint l’Afrique.

Je pense que Sa Béatitude l’archevêque Anastase a donné une analyse très juste de la situation. Pour dire les choses simplement : soit, tout le monde joue et vit selon les mêmes règles, soit, chaque Église vivra selon ses propres règles. Le patriarche de Constantinople a décidé, je ne sais pas pourquoi, qu’il peut vivre selon ses règles à lui. Il pense que toutes les autres Églises doivent se soumettre à lui, fléchir la tête humblement et accepter les dignités divine et apostolique particulières du patriarcat de Constantinople, que nous n’avons jamais entendues auparavant. Mais, soudainement, elles sont apparues… Et voilà, il se trouve que pendant trois cents ans nous avons vécu avec une fausse impression que la métropole de Kiev faisait partie de l’Église orthodoxe russe. Dans tous les calendriers, cela a été imprimé : dans les calendriers du Patriarcat œcuménique de Constantinople, de l’Église d’Alexandrie, de l’Église de Grèce et de l’Église de Chypre. Jusqu’en 2018, il y a été indiqué que l’Église orthodoxe ukrainienne faisait partie de l’Église orthodoxe russe. Mais, brusquement, ils nous disent que tout cela était une erreur, une violence… L’Église orthodoxe ukrainienne aurait toujours été une partie de Constantinople. Et le patriarche Denis de Constantinople (1492+) aurait signé contre son gré l’acte de rattachement de la métropole de Kiev au patriarcat de Moscou. Nous avons publié un grand volume de documents, presque mille pages en petits caractères, qui nous racontent dans quelles circonstances la métropole de Kiev a été rattachée au patriarcat de Moscou. Si Constantinople avait voulu contester cela, où aurait-il été pendant ces trois cents ans ?  Pourquoi pendant trois cents ans n’a-t-il jamais contesté cela ? C’est tout simplement une idée absurde qui a été soutenue par le patriarche de Constantinople. Nous parlons de cela avec une grande tristesse. Nous l’avions prévenu. Il pensait que tout l’épiscopat ukrainien se lancerait dans cette soi-disant Église autocéphale. Il disait : « Je sais ! 25 évêques sont déjà prêts à la rejoindre ». Alors, le patriarche Cyrille lui a dit : « Il n’y aura plus qu’un ou deux… » Et voilà, effectivement, deux évêques l’ont rejoint. Vous savez bien que la communauté apostolique consistait en 12 personnes dont une était Judas. L’Église orthodoxe ukrainienne avait environ cent évêques. Maintenant elle en a encore plus. Mais à cette époque-là elle en avait entre quatre-vingt-dix et cent. Deux seulement l’ont quittée. Autrement dit, le pourcentage des traîtres y est encore plus petit que dans la communauté des disciples du Christ. Nous avions prévenu le patriarche œcuménique que cette aventure n’apporterait rien de bon. Parce que nous connaissons l’état d’esprit du peuple ukrainien. Alors que lui, il ne le connaissait pas. Il vit dans la forteresse du Phanar, isolé du monde et de la vie réelle de l’Église. Il écoute quelques conseillers incompétents qui sont politisés ou aventuriers. Ceux-ci lui donnent une fausse information. Il l’a communiquée, d’ailleurs, au patriarche Cyrille, lorsque celui-ci est arrivé chez lui, fin août 2018. Il a prononcé ces fausses affirmations obtenues de la part de ses experts aberrants. Ainsi, en se fondant sur ces experts il a fait ce qu’il a fait.  Et après, tout cela a vite pris de l’ampleur… Regardez ce qui se passe en Afrique. Pensez-vous vraiment que nous, dans l’Église russe, n’avons rien d’autre à faire que de nous occuper de l’Afrique ? N’avons-nous pas suffisamment de territoires en Russie, en Ukraine, en Biélorussie, en Moldavie, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Tadjikistan, au Kirghizistan, en Lettonie, en Lituanie, en Estonie, au Japon, en Chine, en Mongolie ?  Ne nous suffiraient-elles pas ? Ne voudrions-nous pas encore de l’Afrique ? Non, nous n’avons pas besoin de l’Afrique. Mais ce sont les prêtres locaux qui se sont adressés à nous en disant qu’ils ne voulaient pas suivre leur patriarche dans son acceptation du schisme ukrainien, qu’ils étaient contre l’acceptation du schisme ukrainien. Ils nous ont demandé de leur donner un abri canonique. Nous ne nous sommes pas pressés pour leur répondre. Il n’y a que deux ans que nous avons reçu leurs demandes. Nous avons attendu. Nous les avons étudiées. Nous avons espéré que le patriarche d’Alexandrie changerait sa position. Nous lui avons envoyé des signaux. Nous avons négocié avec lui. Ce n’était pas officiel bien sûr. Mais, finalement, le patriarche d’Alexandrie n’a pas changé sa position. D’abord, il a commencé à commémorer le leader de ces schismatiques, puis à concélébrer avec lui… Et qu’est-ce qu’alors devrions-nous dire à ces prêtres ? Passez votre chemin parce que vous devriez être avec votre patriarche qui a adhéré au schisme ?  Nous n’avons pas pu dire cela à ces prêtres. Alors, nous leur avons donné un abri canonique. Ainsi, si quelqu’un se demande pourquoi nous avons créé l’exarchat du patriarcat de Moscou en Afrique, il faut qu’il s’adresse au patriarche œcuménique Bartholomée. Pourquoi avait-il créé l’exarchat du patriarcat de Constantinople en Ukraine ? Car tout avait commencé par cela en 2018. Il avait créé l’exarchat en Ukraine sur notre territoire canonique et, puis, il a signé le tomos de l’autocéphalie. Donc, soit, tout le monde va vivre selon les mêmes règles, soit, chaque Église va définir elle-même ses propres règles.

Monseigneur, vous avez dit que le patriarche Bartholomée ne connaissait pas la situation en Ukraine, mais le patriarche d’Alexandrie la connaissait-il peut-être mieux ? Il était à Odessa... Pourquoi a-t-il changé si brusquement son attitude par rapport à cette Église nouvellement créée par Constantinople ? Quelles en sont les raisons ? 

 Vous savez, j’ai mon propre point de vue par rapport à cela, qui est fondé sur l’information que je reçois de l’intérieur du patriarcat d’Alexandrie. Je pense que le patriarche d’Alexandrie a été forcé de prendre cette décision. Je pense, et je sais qu’il a subi du chantage, qu’il a été menacé… Je ne vais pas dire par qui et par quoi… Mais nous avons cette information. C’est pourquoi, avec une grande peine, je constate le fait que le patriarche d’Alexandrie a pris cette position. Je pense qu’il l’a fait contre son gré. Mais, malgré cela, ce n’est pas une justification de ce qui s’est passé.  Il est arrivé ce qui est arrivé. Il a déjà annoncé sa position de nombreuses fois. C’est pourquoi, après deux ans d’attente patiente et humble, nous avons été obligés de prendre une décision très difficile et forcée : d’accueillir ces prêtres au sein de l’Église orthodoxe russe et de créer pour eux, ainsi que pour de nombreux croyants russes vivants en Afrique, l’Exarchat du patriarche russe.

On a accusé l’Église orthodoxe russe d’un plan « d’invasion » de l’Afrique. Certains prétendent même qu’il était prêt depuis trente cinq ans. Qu’en est-il exactement ? Si le Patriarcat d’Alexandrie renonçait à sa reconnaissance des autocéphalistes ukrainiens, cela changerait-il la donne ?

 Vous savez, je ne suis pas habitué à commenter les idées insensées. Et je ne pense pas que nous devons faire des hypothèses. Si le patriarcat d’Alexandrie voulait engager les négociations pour discuter comment continuer notre vie et construire nos relations, alors L’Église orthodoxe russe serait prête à accepter sa volonté de dialoguer. Mais je pense qu’en ce moment, le patriarche d’Alexandrie est contraint de ne pas entrer en dialogue direct avec l’Église orthodoxe russe, et de se mettre du côté du patriarche de Constantinople. On élabore déjà des plans pour rétablir une certaine « Pentarchie ». Comme vous le savez, à l’époque de Byzance, il existait la Pentarchie. On considérait que l’Église était gouvernée par cinq patriarches : celui de Rome, de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem. Puis, après la rupture de communion avec Rome, cette Pentarchie a disparu. Et maintenant on entend dire que le patriarcat de Rome pourrait être remplacé par celui de Chypre, afin de restaurer cette « Pentarchie ». Cela sous-entend que ces cinq hiérarques se réuniraient pour condamner l’Église orthodoxe russe et le patriarche de Moscou…

Tout d’abord, cela ne se réalisera pas, parce que tout le monde ne veut pas participer dans une telle « Pentarchie ». Puis, est-ce que cela veut dire qu’on est en train de créer absolument un nouveau modèle ecclésiologique ? Y aurait-il des Églises de première catégorie et les Églises de deuxième catégorie ? Depuis toujours nous avons vécu dans la situation où toutes les Églises autocéphales, reconnues par l’ensemble de toutes les Églises, étaient considérées comme égales. Sont-elles anciennes ou non, grandes ou petites…  Et on nous disait toujours que nous ne devions pas dire que nous étions une grande Église, que nous ne possédions qu’un seul droit de vote. De même que L’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie a un seul droit de vote, de même que l’Église de Pologne, l’Église d’Antioche et autres l’ont… Gloire à Dieu d’avoir vécu ainsi ! Et maintenant ils nous disent qu’il y aurait des Églises anciennes qui vont décider de tout, et il y aurait des Églises récentes, c’est-à-dire, des Églises de deuxième catégorie, qui doivent se soumettre. Mais qu’est-ce qu’ils inventeraient encore là-bas au Phanar ? Quelles autres fantaisies théologiques ou ecclésiologiques nous proposeraient-ils ?

 J’ai participé depuis de nombreuses années au dialogue orthodoxe-catholique, où, sous la direction du métropolite Jean Zizioulas, a été élaborée une idée de création d’une nouvelle ecclésiologie, qui devrait être fondée sur la doctrine de la Sainte Trinité. Cette ecclésiologie consiste, brièvement, en ceci :  Dans la Sainte Trinité, il existe le primat du Père et la conciliarité (« sobornost ») du Fils et du Saint Esprit. Ainsi, cela devrait être pareil dans l’Église à tous les niveaux. Au niveau du diocèse : c’est l’évêque qui est le premier alors que tous les prêtres sont en conciliarité avec lui.  De même au niveau de l’Église autocéphale : il y a un hiérarque de l’Église et tous les évêques.  De même au niveau de l’Église universelle : il y a le premier de tous et les autres qui sont en conciliarité avec lui. Tout cela devrait, soi-disant, exprimer le modèle qui existerait dans la Sainte Trinité. Et maintenant, le métropolite Jean Zizioulas impose activement cette idée aux catholiques et aux orthodoxes. Mais nous nous demandons : d’où vient cette idée ? D’où prend-elle  ces racines ? Elle n’existe pas dans la Sainte Écriture, ni dans la Sainte Tradition. Les Pères de l’Église ne l’ont jamais enseignée. L’idée même que le premier dans l’Église universelle ne pourrait pas être parmi les égaux, mais serait sans égal – a toujours été étrangère dans la tradition orthodoxe. Elle n’y a jamais existé. Les Églises orthodoxes, y compris les patriarches de Constantinople, ont polémiqué, depuis des siècles, à propos de cette idée. Ils se sont exprimés contre elle. Ils écrivaient des lettres au Pape de Rome pour lui dire qu’ils n’étaient pas d’accord avec une telle compréhension du pouvoir du premier dans l’Église universelle.

Et soudainement, depuis le Phanar, nous recevons des concepts de ce genre : qu’il se trouve que l’Église orthodoxe aurait aussi besoin du premier… Que les Églises catholiques seraient les Églises en communion avec le Pape de Rome, alors que les Églises orthodoxes seraient les Églises en communion avec le patriarche de Constantinople. Mais qu’est-ce que c’est cette nouvelle ecclésiologie apparue, comme on dit, de but en blanc ? Nous ne pouvons pas commencer à improviser des questions ecclésiologiques, ni créer de nouveaux concepts ecclésiologiques. Nous devons rester fidèles à notre Tradition orthodoxe.   

Mais, si j’ai bien compris ce que dit le métropolite Jean Zizioulas… Il fonde son ecclésiologie sur la triadologie des pères Cappadociens… Saint Basile a parlé de la monarchie du Père au niveau triadologique… Mais est-ce que cela devrait être mis au même niveau que l’ecclésiologie ?…

Oui, effectivement, où est le lien entre l’une et l’autre ?

En effet, la question est qu’est-ce que la primauté ?

Je vous dirai… C’est très facile… Qu’est-ce que la primauté au niveau de l’Église universelle ?  C’est la primauté d’honneur. C’est lorsque les primats des Églises se réunissent dans un ordre particulier. Il y a le premier, le deuxième, le troisième et ainsi de suite. Mais cela ne signifie pas que le deuxième est subordonné au premier, ni que le troisième est subordonné au second, ni que tous sont subordonnés ensemble au premier. Les fameux canons orthodoxes, auxquels tout le monde se réfère et qui parlent de la primauté et de la conciliarité (« sobornost »), expliquent que le premier ne doit rien faire sans accord de tous les autres. Alors que les autres ne doivent rien faire sans accord du premier… Et, soudainement, ils nous disent que le patriarche œcuménique pourrait tout décider tout seul, qu’il pourrait décider, par exemple, sans accord de l’Église orthodoxe russe, sans accord de l’Église orthodoxe ukrainienne… Excusez-moi de le dire, mais, suivons-nous ainsi les canons ecclésiastiques ? Où est alors cette conciliarité ? C’est loin d’être la conciliarité, c’est plutôt un brigandage. Et après tout cela, ils veulent nous imposer l’idée que ces schismatiques ukrainiens, qui n’ont pas eu d’ordination canonique, seraient des évêques à part entière. Écoutez, nous connaissons l’histoire de leurs ordinations. Nous l’avons toute publiée. Tout se trouve en accès libre. Il y a des, soi-disant, évêques qui ont été ordonnés par un évêque interdit, par un diacre qui s’est présenté comme évêque, ainsi que par une personne morte… Comprenez-vous ce que je veux dire ? Il y avait un évêque interdit au ministère épiscopal. Et il y avait un diacre, aussi interdit de célébration, qui s’est positionné comme évêque, alors qu’il n’avait jamais eu d’ordination sacerdotale, ni épiscopale… Et voilà, les deux, ils ont ordonné le troisième. Ils ont même rédigé un certificat d’ordination. Mais une fois qu’il était dévoilé que l’un d’entre eux n’était que le diacre et l’aventurier, ils ont inscrit alors sur ce certificat le nom d’un évêque mort. Et avec ce certificat-là, cette personne vit jusqu’à nos jours. Et jusqu’à aujourd’hui, elle est considérée comme, soi-disant, évêque, reconnue désormais par Constantinople. Comment pouvons-nous reconnaître cela ? Aucune économie de l’Église ne pourra faire évêque un imposteur. Il fallait au moins les y réordonner normalement. Mais personne ne les y a réordonnés.

Mais n’est-ce pas c’est le premier qui a le droit d’initiative ? Alors que maintenant nous sommes dans un contexte très compliqué. Nous avons, d’une part, l’initiative du patriarche Théophile III de Jérusalem, qui a convoqué le 26 février 2020, à Amman, capitale de la Jordanie, la réunion interorthodoxe, à laquelle sont venues uniquement l’Église orthodoxe russe, L’Église orthodoxe polonaise, L’Église des terres tchèques et de la Slovaquie, l’Église serbe et l’Église roumaine. Les autres Églises n’y sont pas venues. D’autre part, il existe maintenant une formule qu’on appelle « Pentarchie », dont vous venez de parler. Est-ce qu’on peut rêver encore que toutes les Églises orthodoxes puissent se mettre toutes à table, afin de décider ensemble de toutes les questions brûlantes, comme la question ukrainienne ou macédonienne ?

 Le patriarche de Jérusalem invite à venir toutes les Églises locales qui veulent participer à la discussion, afin d’avoir un dialogue fraternel à propos de toutes les questions actuelles. Le patriarche de Constantinople n’invite que ses partisans, ses sympathisants, afin d’imposer de force sa volonté aux autres Églises. Mais il n’y arrivera pas. Il n’y est déjà pas arrivé en Ukraine. Et comme il n’a pas réussi en Ukraine, alors, plus encore, il n’arrivera pas ailleurs. Sa logique est, tout simplement, naïve et erronée qui conduit, malheureusement, aux résultats tristes.

Dans ce contexte, j’ai l’impression, et je vous demande pardon si je me trompe, que la décision de créer l’Exarchat d’Afrique n’avait pas uniquement le but d’accueillir les prêtres africains en désaccord avec la décision du patriarche d’Alexandrie, mais que c’était aussi un moyen de pression sur le Patriarcat de Constantinople afin qu’il accepte de dialoguer avec l’Église russe pour résoudre ensemble les problèmes ? Est-ce que je me trompe ?

 Oui, vous vous trompez. Vous savez, nous ne voulons rien de personne. Nous avons tout dans l’Église orthodoxe russe. Nous avons des églises, des monastères, des évêques, des millions de fidèles, nous n’avons besoin de rien. Nous n’avons besoin ni du patriarche de Constantinople, ni de ses indications d’en haut auxquelles nous devrions nous soumettre. Si le patriarche de Constantinople veut vivre en unité avec l’Église orthodoxe russe, il a toutes les possibilités pour cela. Il affirme qu’il présente toute la plénitude de l’Église orthodoxe… Alors, s’il veut, également, représenter l’Église orthodoxe russe, il a tout ce qu’il faut pour cela. La seule chose qu’il faut ce n’est pas faire des choses ignobles à l’Église orthodoxe russe. Il faut écouter les voix, non pas uniquement de l’Église orthodoxe russe, mais aussi des autres Églises locales. Il doit agir comme agit le premier parmi les égaux, c’est-à-dire, aider, soutenir, renforcer tout le monde. Un tel premier parmi les égaux serait très apprécié dans l’Église orthodoxe. Car, effectivement, il faut avoir quelqu’un qui puisse prendre l’initiative, qui puisse inviter les autres au dialogue… Mais si ce premier fait du brigandage et utilise quelques privilèges, hérités du passé, afin de justifier ses actions illégales et anticatholiques… Comment cela pourrait-il emmener l’Église à l’unité ? Cela ne pourrait qu’aggraver le schisme qui est déjà arrivé et qui s’intensifiera encore, jusqu’au le moment, où le patriarche de Constantinople voudra s’arrêter.  Nous n’allons forcer personne à rien. Nous n’allons pas imposer, ni obliger, ni pousser qui que ce soit à quoi que ce soit. Si le patriarche de Constantinople ou le patriarche d’Alexandrie veut dialoguer, nous serons toujours ouverts au dialogue.  Nous y avions été ouverts déjà avant qu’il ait fait ses actions illégales. Si nous n’y avions pas été ouverts, le patriarche Cyrille ne serait pas allé à Istanbul pour essayer de convaincre le patriarche de Constantinople de changer d’avis. Nous y sommes toujours ouverts.

Donc, vous attendez maintenant que le patriarche de Constantinople accepte de parler ?

 Nous n’attendons rien du patriarche de Constantinople. Il a fait ce qu’il a fait, de même qu’il fait ce qu’il fait. Qu’il réponde de ses actions au cours du Jugement dernier, qu’il soit jugé par l’histoire de l’Église. C’est son affaire et sa responsabilité. Maintenant, cela ne nous concerne plus. Nous avons rompu la communion avec le patriarche de Constantinople et pour nous les problèmes qu’il créé ne sont plus des problèmes. Regardez ce qui se passe avec l’Église orthodoxe russe durant les trente dernières années. Malgré toutes les attaques contre l’Église russe, combien de fois on a tenté de lui enlever quelque chose Elle continue à s’agrandir malgré tout. Il y a de plus en plus de nouvelles églises construites, de plus en plus de nouveaux monastères ouverts. Et celles des Églises, qui ont été séparées d’elle, la rejoignent. L’Église orthodoxe russe hors frontières l’a rejointe. L’Archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale l’a rejointe. Comme disait saint Jean de Damascène : « Même les actions mauvaises des hommes sont transformées par Dieu en bonnes conséquences ». Pour moi, c’est ce qui arrive avec l’Église russe. C’est pourquoi nous n’avons aucune cause de nous chagriner. Nous n’avons que de bonnes raisons de nous réjouir et de remercier Dieu pour ce qui se passe dans notre Église. Je me rappelle l’Église russe il y a trente-quarante ans, lorsque j’y suis venu.  C’était une petite Église persécutée, sous contrôle total de l’État. Tout a été interdit, rien n’a été possible : ni publier des livres ni faire la charité… Et sous mes yeux, a eu lieu ce miracle du renouvellement de l’Église russe. On ne peut plus la reconnaître. Bien sûr, nous y voyons une grande miséricorde de Dieu. Nous sommes très attristés par les Églises qui sont devenues participantes à cette aventure de la reconnaissance du schisme ukrainien. Mais nous remercions Dieu que ce schisme n’ait pas touché notre Église. Elle reste unie comme elle l’a été toujours auparavant. Elle reste consolidée en Russie, en Ukraine, en France, et partout où elle est présente… maintenant, même en Afrique.

Dernière question : vous êtes à la tête de l’école doctorale. Est-ce que vous pouvez nous la présenter ? Comment et pourquoi fonctionne-t-elle et est-ce qu’il y a toujours des candidats ?

L‘Institut des Hautes Études « Saints Cyrille et Méthode » est un établissement de formation supérieure qui a été créé sous l’initiative du patriarche Cyrille au cours des toutes premières assises du Synode après son intronisation. C’est à ce moment-là que j’ai été chargé de présider cet établissement. Notre objectif consiste à donner une formation théologique à ceux qui ont déjà une formation supérieure. C’est ce qu’on appelle chez nous l’école doctorale. Pour la première fois dans l’histoire de l’Église orthodoxe russe, nous y avons créé l’école postdoctorale. Le diplôme de docteur n’y est plus attribué à titre honorifique, mais il s’agit de vrais cours de préparation des thèses doctorales qui passent par le processus complexe de la soutenance. Au moins 17 docteurs en sciences doivent assister au conseil de la soutenance pour que le chercheur puisse soutenir son diplôme.  C’est un très grand travail qui vise à augmenter le niveau scientifique non pas uniquement de notre clergé et de ses futurs membres, mais aussi des femmes. Elles y font aussi leurs études. Et pour la première fois dans l’histoire de notre pays, ces diplômes théologiques sont reconnus par l’état.

C’est très bien. Monseigneur, merci beaucoup de nous avoir consacré un peu de votre temps. Nous espérons pouvoir vous rencontrer la prochaine fois à Moscou, ou lors de votre prochaine visite à Paris ou ailleurs.

            Que Dieu vous bénisse. Merci beaucoup ! »

Traduction pour Orthodoxie.com Alexey Vozniuk

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et directeur de la rédaction d'Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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Bénédiction pour la nouvelle année scolaire

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Une conférence de Bertrand Vergely « Soigner par le Logos »

Dans le cadre de la journée « Octobre rose », Bertrand Vergely donnera une conférence intitulée « Soigner par le Logos » le 6 octobre. Pour tout renseignement – inscription obligatoire : Soraya Melter par message vocal ou SMS au 0608121336 Présentation : Le Logos désigne la raison. Par raison il faut entendre le lien, ce qui unifie, ce qui rassemble en créant des relations et des rapports. Le Logos soigne Il le fait à

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Métropolite Onuphre : « Nous prions pour que le Seigneur remplisse d’amour le cœur des personnes qui nous tuent »

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Saint martyr Callistrate et ses compagnons martyrs en Italie (304) ; saints Marc, Aristarque et Zénas, apôtres (Ier s.) ; sainte Epichaire, martyre à Rome (284-305) ; saints Florentin et…

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