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Memorandum_sur_le_kosovo
Mémorandum sur le Kosovo et la Métochie de
l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe. Éditions du Diocèse de
France et d’Europe occidentale de l’Église orthodoxe serbe ; traduction de
Ljubomir Mihailovic, Paris, 2004, 224 pages, 30 illustrations dont 28 en
couleur, 1 carte. Prix : 5 €.

Ce dossier, dont il est précisé qu’il est publié
comme document officiel de l’Église orthodoxe serbe, est destiné à informer,
d’une manière argumentée et documentée, l’opinion publique internationale sur
la situation dramatique qu’ont connue ces dernières années et jusqu’à ces
derniers temps, les territoires du Kosovo et de la Métochie.

Une longue introduction de 107 pages présente, en
une vingtaine de chapitres, un historique précis de ces territoires depuis leur
origine jusqu’en juillet 2003.

Les derniers chapitres donnent un aperçu de la
destruction systématique, par les extrémistes albanais, du patrimoine culturel
et religieux serbe de ces régions et de la purification ethnique poursuivie,
par ces mêmes extrémistes au cours de ces dernières années. Cette entreprise,
visant à éliminer progressivement toute trace de l’histoire et de la présence
serbes dans cette région qui conservait la mémoire historique, religieuse et
culturelle du peuple serbe, a atteint son apogée entre juin 1999 et mai 2003,
alors que, paradoxalement, elle était censée bénéficier de la protection de
la KFOR (Forces de l’OTAN au Kosovo)
puis de la MINUK (Mission des Nations Unies au Kosovo).

Pour que l’on voie bien qu’il ne s’agit pas
d’accusations imaginaires ou de propagande, le rapport prend soin d’établir
soigneusement les faits qu’il déplore.

Une première annexe, de 11 pages, dresse la liste
des 110 monastères et églises détruits,
démolis, pillés ou incendiés du 15 juin 1999 au 10 mai 2003.

Une deuxième annexe, de 44 pages, dresse, ville par
ville et village par village, la liste des 540 civils serbes assassinés au
Kosovo et en Métochie du 1er juin 1999 au 1er décembre 2001. Une courte notice
est consacrée à chaque personne tuée et donne des précisions sur son identité et
les circonstances dans lesquelles elle a été assassinée.

Une troisième annexe dresse, lieu par lieu, avec
indication des sources, la liste de 546 Serbes kidnappés et disparus du 13 juin
1999 au 1er mars 2001.

Les vingt dernières pages de l’ouvrage rapportent
divers témoignages sur les événements tragiques de mars 2004, où trente
monastères et églises — dont sept du XIVe siècle, un du XVe siècle et deux du
XVIe siècle — ont été détruits alors qu’ils étaient, là encore, en
principe placés sous la protection de la MINUK.

Les statistiques publiées aux pages 106-107 en
disent long sur les effets de l’épuration ethnique que subissent les Serbes
avec le consentement tacite des puissances et des médias américains et
européens : Pristina, qui comptait 20.700 Serbes en 1999 n’en comptait
plus que 110 en 2002 ; Pec, qui comportait 9100 habitants serbes en 1999,
n’en comportait plus aucun en 2002 ; Prizren est passé de 8300 à 65
habitants serbes ; Gnjilane, de 8000 à 250 ; Kosovo Polje de 5900 à 80 ;
Urosevac de 5300 à 0, etc.

À ce sujet, l’introduction remet en question les
préjugés ancrés dans l’opinion par la majorité des médias occidentaux qui, dans
la dernière décennie furent systématiquement favorables aux indépendantistes
albanais et défavorables aux Serbes. Elle montre que la politique de Tito puis
de Milosevic fut en réalité favorable à la prise de possession du Kosovo par
ses habitants albanais. Alors que plusieurs dizaines de milliers de Serbes
furent, au cours de la seconde guerre mondiale, chassé du Kosovo par les
Albanais (alliés des puissances de l’Axe), ni Tito ni plus tard Milosevic
n’autorisèrent leur retour au pays. Tito, en revanche, pratiquant une politique
de réconciliation à sens unique, permit aux Albanais venus d’Albanie de rester
au Kosovo. Contrairement à ce que l’on croit généralement, sous le régime
communiste, « les Albanais disposaient des pleins pouvoirs, auxquels les
Serbes du Kosovo ne participaient pas, à l’exception d’un petit groupe de
communistes. (…) Les Serbes furent progressivement et systématiquement
expulsés du Kosovo et de Métochie, notamment à partir de 1965. Entre 1966 et
1971, environ 35.000 Serbes furent chassés de cette région. Ce mouvement
d’expulsion s’accéléra au cours des années suivantes : entre 1971 et 1981,
220.000 Serbes furent chassés de leurs foyers. (…) Entre 1961 et 1981, 606
localités de la région perdirent toute population serbe. » L’épuration
ethnique de ces dernières années n’est donc que la continuation et
l’accélération d’une politique ancienne, qui risque de trouver son achèvement
grâce à l’impuissance de la MINUK et à la passivité plus ou moins complaisante
des États-Unis et des États européens.

Le Mémorandum se termine par un appel du Saint
Synode de l’Église serbe à la Communauté internationale afin, notamment :
1) que soit mis fin aux souffrances et à la discrimination ethnique de la
population serbe au Kosovo et en Métochie, et que soient respectés ses droits
élémentaires à la sécurité, à la libre circulation, au travail et à la
propriété ; 2) que cessent les destructions barbares et les profanations
des églises et des cimetières orthodoxes du Kosovo et de la Métochie.

L’appel des évêques serbes n’entend pas pour autant
s’opposer au droit de la population albanaise de vivre dans le même territoire,
mais revendique l’égalité des droits pour tous et souhaite que puisse s’établir
une coexistence pacifique entre les deux peuples. Après avoir affirmé à
plusieurs reprises que le Kosovo et la Métochie sont aux Serbes ce que
Jérusalem est aux Juifs, les évêques concluent : « Pourquoi le Kosovo
et la Métochie ne constitueraient-ils pas, en tant que terre sainte des
Balkans, un pays et une région communs des Serbes et des Albanais, des
Chrétiens et des Musulmans, commune aux deux peuples, aux deux langues, aux deux
religions, aux deux cultures », comme l’est — en principe — la Terre
Sainte pour les Israéliens et les Palestiniens ?

Les États-Unis et les pays européens, après s’être
prévalu du droit d’ingérence, pratiquent aujourd’hui la politique de l’autruche
pour ne pas voir leur impuissance à gérer la situation désastreuse qu’ils ont
contribué à établir. Quant aux médias occidentaux, s’ils font aujourd’hui le
constat de cette situation et dénoncent l’impuissance de la MINUK, ils restent
pour la plupart bien timides à défendre une population serbe qu’ils ont
auparavant injustement diabolisée sans nuance. Les uns et les autres seront-ils
sensibles à ce nouveau cri de détresse ?

 Jean-Claude Larchet

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À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

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