22/05/2017
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6 avril (ancien calendrier)/19 avril (nouveau)

6 avril (ancien calendrier)/19 avril (nouveau)

6 avril (ancien calendrier)/19 avril (nouveau)

MERCREDI LUMINEUX
Saint Eutyque, patriarche de Constantinople (582) ; saints martyrs Jérémie et Archile, prêtre (IIIème s.) ; sainte Platonide, diaconesse à Nisibe en Syrie (308) ; les 120 martyrs anonymes de Perse (344-347) ; saint Vinebaud, évêque de Troyes (vers 623) ; saint Gennard, abbé de Flay près de Beauvais (720) ; saint Méthode, archevêque de Moravie, apôtre des Slaves (885) ; saints néo-martyrs de Russie : Pierre (Joukov) et Prokhore (Mikhaïlov) (1918) ; hiéromartyr Jean (Boïkov), prêtre (1934) ; hiéromartyr Jacques (Boïkov), prêtre (1943) ; moine Sébastien (Fomine), confesseur (1966).

SAINT EUTYQUE, PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE

Saint Eutyque, patriarche de Constantinople (582)

Notre saint Père Eutyque était originaire d’un village de Phrygie (vers 512). Il fut élevé par son grand-père, skevophylax de l’église d’Augustopolis, puis alla poursuivre ses études à Constantinople. Comprenant cependant que la sagesse de ce monde est devenue folle (cf. 1 Cor 1, 18), il songeait à embrasser la vie monastique. Mais Dieu lui montra qu’Il l’appelait à un autre service pour l’édification de l’Église, et il fut ordonné prêtre à l’âge de trente ans, par le métropolite d’Amasée, qui le destinait à la charge d’évêque de Lazique. Un autre ayant été élu, Eutyque put réaliser son saint projet et se retirer au monastère d’Amasée, dont il devint par la suite higoumène.

L’empereur Justinien (527-565), soucieux d’expurger de l’Église toutes traces de l’hérésie nestorienne, réunit alors (544) un concile local dans le but de condamner, même après leur mort, Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d’Édesse, nommés les « Trois Chapitres ». Le métropolite d’Amasée, empêché de se rendre à ce synode pour raison de santé, envoya Eutyque pour l’y représenter. Pendant les sessions, le pieux et savant Eutyque fit l’admiration des Pères par sa connaissance approfondie de l’Écriture sainte et par son habileté à réfuter les arguments des hérétiques. Rappelant l’exemple du roi Josias, qui avait fait déterrer et brûler les ossements des idolâtres (2 Rois 23, 16), il déclara qu’on pouvait anathématiser des morts, afin de protéger l’Église contre l’influence perverse de leur doctrine.

Le patriarche saint Mènas [25 août] le prit en affection et, à la suite d’une révélation divine, il prédit qu’il serait son successeur. Effectivement, dès le décès du patriarche, Eutyque fut désigné par l’empereur pour lui succéder, à la grande joie du peuple. Dès son avènement, le bon pasteur, désirant affermir la paix de l’Église sur les bases d’un concile œcuménique, convainquit le souverain de réunir le Cinquième saint Concile Œcuménique à Constantinople (553). Présidée par saint Eutyque, en présence de cent soixante-cinq Pères, la sainte assemblée confirma la doctrine des quatre Conciles précédents et promulgua quatorze anathématismes condamnant les écrits de Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d’Édesse, et anathématisa de plus Origène et Évagre dont les écrits, malgré leur influence considérable dans la doctrine des Pères de l’Église, avaient occasionné à cette époque le réveil d’un dangereux courant origéniste.

Le Concile ayant été clos par une grande concélébration, les Pères se séparèrent et l’Église put jouir de la paix pendant une douzaine d’années. Mais, sur l’instigation du père de l’erreur, certains sophistes attirèrent l’empereur Justinien, toujours désireux de se rallier les monophysites, dans les rets d’une nouvelle doctrine hérétique : l’aphtartodocétisme, selon laquelle le corps du Christ aurait été impassible et incorruptible par nature et le Seigneur n’aurait, par conséquent, enduré les souffrances de la Passion que par un miracle de sa volonté . Réalisant qu’une telle doctrine n’était en fait qu’un monophysisme à peine déguisé, qui remettait en cause la réalité même de l’Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ, saint Eutyque s’opposa de toutes ses forces à la doctrine de l’empereur et de ses théologiens de cour. Le 25 janvier 565, alors qu’il célébrait la Liturgie au palais d’Hormisdas, il fut tiré du sanctuaire par les hommes d’armes et enfermé dans un monastère de Chalcédoine. Un tribunal d’évêques complaisants à la volonté du souverain déposa le saint prélat et le condamna à l’exil, sous les prétextes risibles qu’il mangeait des viandes délicates et priait à genoux pendant de longues heures.
Après quelque temps passé dans un monastère de l’île de Prinkipo, le saint fut renvoyé dans son monastère d’Amasée, en remerciant Dieu de l’avoir jugé digne de souffrir pour la cause de la Vérité. Pendant ce séjour à Amasée, il put jouir d’une quiétude bienfaisante et accomplir de nombreux miracles pour les fidèles éprouvés qui venaient demander ses prières.

Au terme d’un exil de douze années, il fut rappelé sur le trône de Constantinople par les co-empereurs Justin II et Tibère (576). Toute la cité, des plus hauts dignitaires au simple peuple, lui réserva un vibrant accueil et, sur le chemin du retour, la foule criait : « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur ! » Le saint apaisa alors par sa prière l’épidémie qui ravageait la ville depuis quelque temps et lors de la Liturgie qu’il célébra à Sainte-Sophie, il distribua la sainte Communion à la foule pendant six heures entières.

Au cours de ce second épiscopat, qui dura un peu plus de quatre ans, saint Eutyque confirma son Église dans la vraie foi, appuyant son enseignement par la puissance de ses miracles. Il s’endormit en paix le dimanche de Thomas 582, après avoir prédit à l’empereur Tibère, accouru à son chevet, qu’il le suivrait quatre mois plus tard. Son corps fut inhumé sous l’autel de l’église des Saints-Apôtres, aux côtés des reliques des saints Apôtres André, Luc et Timothée.
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Kondakion de saint Eutyque, ton 8
Tous ensemble, fidèles, chantons Eutyque * comme grand pontife et suprême pasteur, * comme sage docteur ayant chassé les hérésies, * et de tout cœur disons-le bienheureux, * car il intercède auprès du Christ en faveur de nous tous.

LECTURE DES PROVERBES (XXI, 3-21)
Faire des choses justes et dire la vérité est plus agréable au Seigneur que le sang des victimes.
Le cœur de l’audacieux est superbe dans son insolence ;
la lampe des impies est le péché. Amasser des trésors avec une langue trompeuse,
c’est poursuivre des vanités sur les filets de la mort.
La destruction habitera avec les impies,
parce qu’ils ne veulent pas pratiquer la justice.
Devant les hommes tortueux Dieu place des voies tortueuses ;
car Ses œuvres sont droites et pures.
Mieux vaut demeurer dans un carrefour en plein air,
que dans une grande maison bien crépie avec l’iniquité.
Nul homme ne sera miséricordieux pour l’âme des impies.
La punition de l’intempérant rend l’innocent plus réfléchi ;
l’homme sage et intelligent en reçoit une leçon.
Le juste pénètre le cœur des impies,
et les méprise à cause de leur malice.
Celui qui ferme l’oreille au cri du faible criera lui-même,
et nul ne l’écoutera.
Un don secret détourne les colères ;
celui qui épargne les présents excite de violents courroux.
La joie du juste est de faire justice ;
le saint n’est pas pur aux yeux des méchants.
L’homme qui s’égare loin des voies de la justice
se reposera dans l’assemblée des géants.
L’indigent aime la joie; il désire le vin et l’huile en abondance.
Les déréglés sont en abomination aux justes.
Mieux vaut habiter le désert qu’avec une femme bavarde,
irascible et querelleuse.
Un trésor désirable reposera sur la bouche du sage ;
mais les insensés le dévorent.
Les voies de la justice et de la miséricorde conduisent à la vie et à la gloire.

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Jovan Nikoloski