14 septembre (ancien calendrier)/27 septembre (nouveau)

Jour de jeûne

EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

Dormition de St Jean Chrysostome (407)

L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

Alors que saint Constantin le Grand s’apprêtait à marcher sur Rome pour s’opposer à son rival, Maxence,— lequel possédait des forces bien supérieures aux siennes — il vit, en plein midi, le signe de la vivifiante Croix apparaître sous forme lumineuse dans le ciel, entourée de l’inscription : Par ce signe, tu vaincras. Il fit immédiatement orner ses étendards du signe de la Croix, et remporta une brillante victoire, qui lui permit de prendre le pouvoir sur tout le monde romain et d’assurer le triomphe du christianisme.

Après la victoire de l’Orthodoxie au Premier Concile Œcuménique, l’empereur nourrissait le désir de faire construire un grandiose édifice en action de grâces. C’est alors que sa mère, sainte Hélène, âgée d’environ quatre-vingts ans, entreprit un pèlerinage à Jérusalem (326), pour y vénérer les saints Lieux, avec l’espoir d’y retrouver le saint Sépulcre et la Croix. En effet, lors de la destruction de la ville sous Hadrien (135), le lieu où notre Seigneur fut crucifié et enseveli, avait été comblé sous une masse de terre et l’on avait bâti au-dessus un temple païen avec une statue d’Aphrodite, de sorte qu’avec le temps le véritable caractère sacré de cet endroit avait été oublié.

Parvenue à Jérusalem, sainte Hélène s’adressa à l’évêque saint Macaire [16 août] et, grâce aux informations fournies par un écrit, qu’un Juif des régions orientales tenait de ses pères, on retrouva la grotte de la Résurrection. Sur ordre de l’empereur, le lieu fut déblayé en hâte, et l’on découvrit près de là, trois croix et un écriteau rédigé en hébreu, en grec et en latin portant ces mots : Jésus de Nazareth, le roi des Juifs (Jn 19, 19-20), ainsi que les trois clous qui avaient fixé sur la croix le corps vivifiant du Sauveur. Toutefois, les croix étaient brisées et leurs morceaux éparpillés, il était donc impossible de distinguer la Croix du Christ des deux croix auxquelles avaient été suspendus les deux larrons. La guérison d’une femme mourante à l’approche du saint Bois, permit à saint Macaire de reconnaître le précieux Bois, car les deux autres croix n’opérèrent aucun miracle. L’impératrice et toute sa cour se prosternèrent devant la sainte Croix et la baisèrent avec piété. Mais le peuple, rassemblé en grand nombre sur les lieux, désirait lui aussi bénéficier de cette grâce ou, pour le moins, voir de loin l’instrument de notre Rédemption, tant son amour pour le Christ était ardent. Le saint évêque monta alors sur l’ambon et, prenant la Croix à deux mains, il l’éleva bien haut à la vue de tous, tandis que la foule s’écriait : Kyrie eleison !

Le même geste fut répété solennellement par le patriarche saint Zacharie [21 fév.], quand, à la suite des brillantes victoires de l’empereur Héraclius, la sainte Croix, qui avait été dérobée par les Perses lors du pillage de la Ville sainte (614), revint à Jérusalem (631).

Les saints Pères ont institué de procéder, chaque année, dans toutes les églises, à l’exaltation solennelle de la Précieuse Croix, non seulement pour commémorer ces deux événements symboliques de la victoire du christianisme, mais aussi pour manifester que la Croix, instrument de honte et de condamnation dans le monde ancien, est devenue notre fierté et le signe de la gloire divine du Christ, manifestée par la lumière de sa Résurrection. Réitérant aujourd’hui, le geste du saint évêque de Jérusalem et élevant la Croix dans les quatre directions de l’espace au chant du Kyrie eleison, les chrétiens confessent que le Christ, élevé sur la Croix, a réconcilié toutes choses et a uni, dans son Corps, les extrémités de la création : la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur, afin que nous puissions avoir accès, par Lui, auprès du Père (Éph 3, 18 ; Col 1, 20).

La sainte Croix était, dit-on, faite de trois sortes de bois : cyprès, pin et cèdre, accomplissant ainsi la prophétie d’Isaïe (Is 60, 13). Ses innombrables fragments, répandus dans tout le monde chrétien, ont la propriété de rester sans altération, et communiquent aux fidèles qui les vénèrent avec foi la grâce de la Résurrection.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRE ET KONDAKION DU JOUR

Tropaire de l’Exaltation de la Croix, ton 1

Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.

Kondakion de l’Exaltation de la Croix, ton 4

Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

Épitre du jouR

I Cor. I, 18-24

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage? Où est le scribe? Où est le disputeur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.

Évangile du jouR

Jn. XIX, 6-11,13-20,25-28,30-35

En ce temps-là, les grands prêtres et les anciens du peuple complotèrent contre Jésus pour le faire périr. Ils se rendirent auprès de Pilate, disant : « crucifie-le ! crucifie-le ! » Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D’où es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. Pilate lui dit: Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher? Jésus répondit: Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s’assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha. C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n’avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent. Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C’est là qu’il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin. Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. C’était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l’autre qui avait été crucifié avec lui. S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai.

À propos de l'auteur

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Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
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