18 octobre
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19ème dimanche après la Pentecôte

18 octobre
Saint Luc, évangéliste (I) ; saint Marin l’ancien, martyr en Cilicie (IV) ; saint Julien, moine au Mont Sinaï (IV) ; saint Just, enfant, martyr à Beauvais (287) saint Joseph, higoumène de Volotsk (1515) ; sainte grande-martyre Chryssa (1795) ; saint Pierre de Tsétigné au Monténégro (1830) ; saints néo-martyrs de Russie Serge Bajanov et André Voskresenski, Nicolas (Sokolov) et Serge (Goussev), prêtres, Elisabeth (Krymov) (1937).

SAINT APÔTRE LUC

Saint Luc, évangéliste (I)

Saint Luc était originaire de la ville d’Antioche, probablement d’une famille païenne. Adonné depuis sa jeunesse à la recherche de la sagesse et à l’étude des sciences et des arts, il voyagea à travers le monde pour étancher sa soif de connaissances. Il excellait en particulier dans la science médicale et dans l’art de la peinture. Outre la langue grecque, qu’il maniait admirablement comme en témoigne son Évangile, il connaissait aussi l’hébreu et l’araméen.

Une tradition ecclésiastique rapporte qu’il était compté parmi les Soixante-Dix Disciples envoyés par le Seigneur Jésus-Christ, deux par deux, pour annoncer devant Lui le salut de villes en villages. Lors de la Passion vivifiante, Luc se trouvait à Jérusalem et, au matin de Pâques, il cheminait avec Cléopas [30 oct.] vers le village d’Emmaüs, triste et désemparé par la perte du Maître. Mais cette tristesse se mua en une joie ineffable, quand le Christ, qui leur était apparu sans qu’ils puissent le reconnaître, leur révéla, à la fraction du pain, qu’Il était bel et bien ressuscité (Lc 24, 35). Après la descente du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, Luc resta quelque temps à Jérusalem avec les autres apôtres, puis il retourna à Antioche, où se trouvaient déjà quelques disciples. Certains rapportent que, s’arrêtant à Sébaste (Samarie) pour y prêcher la Bonne Nouvelle, il obtint la relique de la main droite du saint Précurseur, qu’il transféra comme un précieux trophée dans sa patrie. Ce serait donc à Antioche qu’il aurait rencontré saint Paul, au cours du second voyage missionnaire de ce dernier (vers 50), et de là il l’aurait accompagné en Grèce pour y proclamer la bonne nouvelle du salut.

Une autre tradition rapporte que Luc n’a pas connu le Seigneur durant son séjour terrestre, et qu’il rencontra saint Paul à Thèbes, en Béotie, sous le règne de Claude (vers 42), alors qu’il était en train de dispenser ses soins aux malades. Les paroles de feu de l’Apôtre le convainquirent de la Vérité, qu’il avait cherchée vainement dans la sagesse humaine depuis tant d’années. Abandonnant aussitôt et sans hésitation tous ses biens, il renonça à la médecine des corps, pour devenir à la suite de Paul, médecin des âmes.
L’Apôtre des Gentils, qu’il accompagna alors dans ses missions, de Troas à Philippes, le laissa dans cette ville, en vue d’y consolider la communauté ecclésiale naissante. Luc resta plusieurs années en Macédoine, et quand Paul visita de nouveau Philippes, lors de son troisième voyage (58), il envoya Luc à Corinthe pour y recevoir la collecte rassemblée par les fidèles au profit des pauvres de Jérusalem. Ils se rendirent ensemble dans la Ville sainte, confirmant en chemin les Églises. Quand Paul fut arrêté et transféré à Césarée de Palestine, Luc ne l’abandonna pas, endurant avec lui toutes les difficultés d’un voyage dont il rapporte les péripéties à la fin des Actes des Apôtres (27-28). Il le suivit même jusqu’à Rome où l’Apôtre devait comparaître devant le tribunal de César.

C’est à Rome que Luc rédigea, sous la direction de Paul, son Évangile et les Actes des Apôtres dédiés à Théophile, gouverneur d’Achaïe, qui s’était converti au christianisme. Ajoutant des détails qu’on ne trouve pas dans les deux premiers Évangiles, il raconte la vie du Sauveur, en soulignant particulièrement sa miséricorde et sa compassion envers l’humanité pécheresse, qu’Il est venu visiter comme un Médecin. Dans les Actes des Apôtres, après avoir rapporté les événements qui marquèrent la fondation de l’Église à Jérusalem, Luc souligne particulièrement les œuvres apostoliques de son maître, saint Paul, celui qui, plus que tous les autres apôtres, avait travaillé à la diffusion de la parole évangélique.

Après deux années d’emprisonnement à Rome, Paul fut relâché, et il reprit aussitôt ses courses apostoliques, suivi de son fidèle disciple Luc. Mais, peu après, Néron déclencha sa furieuse persécution contre les chrétiens de Rome (64). Paul, au risque de sa vie, se rendit pour la seconde fois dans la capitale, afin d’y confirmer les fidèles. C’est là qu’il fut arrêté et mis aux fers, dans des conditions bien plus pénibles que la première fois. Luc resta inébranlablement fidèle à son maître alors que d’autres l’avaient abandonné (2 Tim 4, 11). Il est probable qu’il assista à son martyre, sans en laisser toutefois le témoignage écrit.

Après la mort glorieuse de l’Apôtre des Nations, Luc prit le chemin du retour, en prêchant la Bonne Nouvelle en Italie, en Dalmatie et en Macédoine, puis de là il passa en Achaïe. On raconte que, dans sa vieillesse, il se rendit aussi en Égypte, pour y évangéliser les païens au prix de nombreuses tribulations. Il serait même parvenu dans la lointaine Thébaïde, et aurait ordonné saint Abilios second évêque d’Alexandrie.

De retour en Grèce, Luc devint évêque de Thèbes en Béotie. Il ordonna prêtres et diacres, fonda des églises et guérit par sa prière les malades d’âme et de corps. C’est là qu’à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, il fut arrêté par les idolâtres. Après avoir été écorché vif, il mourut, dit-on, en étant suspendu en croix à un olivier. De nombreux miracles s’accomplirent par la suite, grâce à un liquide miraculeux qui suintait de son tombeau, lequel guérissait en particulier les maladies des yeux de ceux qui s’en oignaient avec foi.

De longues années après, le 3 mars 357, l’empereur Constance, fils de saint Constantin le Grand, envoya saint Artémios, duc d’Égypte [20 oct.], à Thèbes, pour procéder au transfert des reliques du saint Apôtre Luc dans l’église des Saints-Apôtres à Constantinople, et les déposer sous l’autel, avec celles des Apôtres André et Timothée.

La tradition de l’Église rapporte en outre que saint Luc fut le premier à peindre des icônes, et qu’il exécuta une image de la Mère de Dieu, du vivant de celle-ci. La Toute-Sainte accueillit avec joie cette représentation et dit : « Que la grâce de Celui qui a été enfanté par moi soit en elle ! » Par la suite, saint Luc peignit d’autres images de la Toute-Sainte et des Apôtres. Il transmit ainsi à l’Église la pieuse et sainte tradition de la vénération des icônes du Christ et de ses saints, c’est pourquoi il est honoré comme le patron des iconographes.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, 2ème ton

Lorsque Tu descendis dans la mort, Toi, la Vie immortelle, Tu anéantis l’enfer par l’éclat de la Divinité. Lorsque Tu ressuscitas les morts des demeures souterraines, toutes les Puissances des cieux s’écrièrent : « Ô Christ, Source de Vie, notre Dieu, gloire à Toi ! »

Tropaire du saint apôtre Luc, ton 3

Saint apôtre et évangéliste Luc, * intercède auprès du Dieu de miséricorde * pour qu’à nos âmes il accorde le pardon de nos péchés.

Kondakion du saint apôtre Luc, ton 4

Disciple du Verbe divin, * tu as illuminé la terre entière avec saint Paul * et chassé les ténèbres en écrivant l’Évangile du Christ.

Kondakion du dimanche, ton 2

Sauveur Tout-Puissant, Tu es ressuscité du Tombeau : l’enfer, voyant ce prodige, est saisi de stupeur et les morts ressuscitent. A cette vue, la création se réjouit avec Toi; Adam partage l’allégresse, et le monde, ô mon Sauveur, ne cesse de Te louer !

ÉPITRE DU JOUR

2 Cor. XI, 31 – XII, 9

Dieu, qui est le Père du Seigneur Jésus, et qui est béni éternellement, sait que je ne mens point !…

À Damas, le gouverneur du roi Arétas faisait garder la ville des Damascéniens, pour se saisir de moi ; mais on me descendit par une fenêtre, dans une corbeille, le long de la muraille, et j’échappai de leurs mains. Il faut se glorifier… Cela n’est pas bon. J’en viendrai néanmoins à des visions et à des révélations du Seigneur. Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait). Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps je ne sais, Dieu le sait) fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer. Je me glorifierai d’un tel homme, mais de moi-même je ne me glorifierai pas, sinon de mes infirmités. Si je voulais me glorifier, je ne serais pas un insensé, car je dirais la vérité ; mais je m’en abstiens, afin que personne n’ait à mon sujet une opinion supérieure à ce qu’il voit en moi ou à ce qu’il entend de moi. Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse ». Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi.

Col. IV, 5-11, 14-18 (S. Apôtre Luc)

Conduisez-vous avec sagesse envers les étrangers à notre foi, et profitez de toute occasion. Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. Tychique, le bien-aimé frère et le fidèle ministre du Seigneur, mon compagnon de service, vous communiquera tout ce qui me concerne. Je l’envoie exprès vers vous, pour que vous connaissiez notre situation, et pour qu’il console vos cœurs. Je l’envoie avec Onésime, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres. Ils vous informeront de tout ce qui se passe ici. Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabas, au sujet duquel vous avez reçu des ordres (s’il va chez vous, accueillez-le) ; Jésus, appelé Justus, vous salue aussi. Ils sont du nombre des circoncis, et les seuls qui aient travaillé avec moi pour le royaume de Dieu, et qui aient été pour moi une consolation. Luc, le médecin bien-aimé, vous salue, ainsi que Démas. Saluez les frères qui sont à Laodicée, et Nymphas, et l’Église qui est dans sa maison. Lorsque cette lettre aura été lue chez vous, faites en sorte qu’elle soit aussi lue dans l’Église des Laodicéens, et que vous lisiez à votre tour celle qui vous arrivera de Laodicée. Et dites à Archippe : “prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, afin de le bien remplir”. Je vous salue, moi Paul, de ma propre main. Souvenez-vous du captif que je suis. Que la grâce soit avec vous tous!

ÉVANGILE DU JOUR

Lc VI, 31-36

En ce temps-là, Jésus déclara : « Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi agissent de même. Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille. Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. »

Lc X, 16-21 (S. Apôtre Luc)

Celui qui vous écoute m’écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. Jésus leur dit: Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne pourra vous nuire. Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux.En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi.

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