19 août (ancien calendrier) / 1er septembre (nouveau)

Jour de jeûne

Après-Fête de la Dormition de la Très-Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie ; saints André le stratilate et ses 2593 compagnons, martyrs au Mont-Taurus (284-305.) ; saints Timothée et Agapios et sainte Thècle, martyrs à Gaza (vers 304); sainte Crescence, vierge à Paris (IVème-Vème) ; saint Donat, ermite près de Sisteron (535) ; saint Élaphe, évêque de Châlons-en-Champagne (584) ; saints Mandrier et Flavien, martyrs à Toulon (VIème s.) ; saint Rustique, évêque de Cahors (VIème s.)  ; saint Calmin, ermite en Auvergne (690) ; saint Guénin, évêque de Vannes (VIIème s.) ; saint Pitirim, évêque de Perm (1455) ; saint Théophane le Jeune de Naoussa (XVIème s.) ; saint Nicolas Lebedev, confesseur, prêtre (1933).

SAINT MARTYR ANDRÉ LE STRATILATE[1]

Saint André était tribun dans l’armée impériale cantonnée sur les frontières orientales de l’Empire, au temps de l’empereur Maximien Galère (vers 305) ; et bien qu’il n’eût pas encore reçu le saint baptême, il brillait, telle une rose au milieu des épines, tant par sa piété que par sa vaillance. Le général en chef Antiochos, qui était réputé pour sa cruauté envers les chrétiens, devant faire face à une soudaine incursion des Perses, se souvint du valeureux André et l’envoya à la tête d’une cohorte. Au moment d’engager le combat, André exhorta ses hommes à se confier dans le Christ, qui a créé le ciel et la terre et a réduit à néant le pouvoir des faux dieux. Invoquant donc d’une seule voix le Nom du Christ, ils renversèrent les phalanges des ennemis et les repoussèrent hors des frontières. Après cette victoire inespérée tous ses hommes décidèrent de se convertir, mais ils furent dénoncés comme chrétiens auprès d’Antiochos qui, au lieu de leur décerner de justes récompenses, les convoqua à son tribunal. Étranger à tout sentiment de reconnaissance et brûlant de colère, il lut les édits impériaux et leur rappela le nom des notables chrétiens qu’il avait préalablement fait périr. André lui répondit que ces martyrs avaient en fait remporté la victoire sur lui et que les tourments qu’on leur avait infligés deviendraient pour eux des trophées dans le Royaume du Christ. Usant d’une cruelle ironie, Antiochos déclara qu’il convenait qu’on procure du repos à un homme tel que lui, qui avait fait preuve d’une si grande bravoure dans le combat, et il ordonna d’étendre le saint sur un lit de bronze incandescent. L’ardeur de la foi et de la charité, qui brûlaient dans le cœur du valeureux martyr, le laissèrent insensible aux brûlures, et il trouva sur cette couche un vrai repos. On se saisit ensuite de certains des soldats qui s’étaient illustrés avec lui dans la bataille pour leur clouer les mains sur des poutres. Ils subirent ce supplice avec le sourire, se réjouissant de participer à la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, avant même d’avoir été baptisés. Comme ils restaient inébranlables dans leur résolution, Antiochos les fit jeter en prison et écrivit à l’empereur, lui demandant s’il convenait d’exécuter un officier de cette valeur, avec le risque de provoquer une mutinerie dans l’armée et la révolte du peuple qui le considérait comme un héros. Maximien lui répondit de se débarrasser de lui secrètement, au moyen d’une ruse, et de ne laisser en aucune façon la nouvelle religion pénétrer dans l’armée. Antiochos libéra donc André et ses compagnons et feignit de les laisser aller où bon leur semblerait . Le saint martyr, averti par Dieu de ce stratagème, se rendit à Tarse avec ses hommes et demanda à l’évêque Pierre de leur conférer le saint baptême. Quand il apprit leur départ, Antiochos écrivit au gouverneur militaire de Cilicie, Séleuchos, de les arrêter au plus vite et de les mettre à mort s’ils opposaient la moindre résistance. Séleuchos, qui était lui aussi un persécuteur fanatique, se précipita à Tarse avec un important détachement. André et ses compagnons, qui venaient juste d’être baptisés, traversèrent le mont Taurus pour échapper aux poursuites, et se dirigèrent vers Mélitène en Arménie. Séleuchos n’abandonna pas ses recherches, et grâce à la trahison d’un certain Martin, il les rattrapa dans un défilé du massif du Taurus. Comme les soldats se préparaient à se lancer sur eux, saint André exhorta ses compagnons à lever leurs mains pour la prière plutôt qu’à brandir le glaive et, tombant à genoux, il intercéda longuement pour ses ennemis et pour le salut du monde. Dès qu’il acheva sa prière, les soldats se précipitèrent sur eux et les massacrèrent comme des brebis innocentes qui n’opposèrent aucune résistance. Conformément au vœu exprimé par saint André, une source aux vertus thérapeutiques jaillit à l’endroit même où il versa son sang. Pierre de Tarse et Nonnes, évêque de Bérée, qui avaient assisté de loin à leur martyre avec d’autres clercs, vinrent ensuite prendre soin de leurs précieuses reliques.

 

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la Dormition, ton 1

Dans l’enfantement, Tu as gardé la virginité; dans Ta dormition, Tu n’as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu. Tu as été transférée à la Vie, étant Mère de la Vie, et par Tes prières, Tu délivres nos âmes de la mort. 

Tropaire des saints martyrs, ton 5

Laissant la gloire des terrestres honneurs, tu héritas le royaume des cieux et sous les flots du sang que tu versas tu as orné ton immortelle couronne de joyaux très précieux; au Christ tu amenas une armée de martyrs, avec les Anges dans la lumière sans couchant tu as trouvé le soleil sans déclin, le Christ; sans cesse avec tes compagnons, saint André, supplie-le pour qu’à nos âmes il accorde le salut.

Kondakion des saints martyrs, ton 2

En prière constante devant le Seigneur, comme un astre précédant le Soleil, tu contemples, selon ton désir, le céleste trésor dans l’ineffable joie dont ton âme est comblée; et tu chantes dans les siècles sans fin pour le Roi immortel que louent sans cesse les Anges dans le ciel. André, vénérable chef d’armée, avec eux ne cesse pas de prier pour nous tous.

Kondakion de la Dormition, ton 2

Tombeau et mort n’ont pu retenir la Mère de Dieu, toujours vigilante dans ses intercessions, espérance inébranlable dans sa protection, car étant la Mère de la Vie, Il l’a transférée à la Vie, Celui qui demeura dans Son sein toujours virginal.

ÉPITRE du jour

(2 Cor. XI, 5–21)

Or, j’estime que je n’ai été inférieur en rien à ces apôtres par excellence. Si je suis un ignorant sous le rapport du langage, je ne le suis point sous celui de la connaissance, et nous l’avons montré parmi vous à tous égards et en toutes choses. Ou bien, ai-je commis un péché parce que, m’abaissant moi-même afin que vous fussiez élevés, je vous ai annoncé gratuitement l’Évangile de Dieu? J’ai dépouillé d’autres Églises, en recevant d’elles un salaire, pour vous servir. Et lorsque j’étais chez vous et que je me suis trouvé dans le besoin, je n’ai été à charge à personne; car les frères venus de Macédoine ont pourvu à ce qui me manquait. En toutes choses je me suis gardé de vous être à charge, et je m’en garderai. Par la vérité de Christ qui est en moi, je déclare que ce sujet de gloire ne me sera pas enlevé dans les contrées de l’Achaïe. Pourquoi?… Parce que je ne vous aime pas?… Dieu le sait! Mais j’agis et j’agirai de la sorte, pour ôter ce prétexte à ceux qui cherchent un prétexte, afin qu’ils soient trouvés tels que nous dans les choses dont ils se glorifient. Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres. Je le répète, que personne ne me regarde comme un insensé; sinon, recevez-moi comme un insensé, afin que moi aussi, je me glorifie un peu. Ce que je dis, avec l’assurance d’avoir sujet de me glorifier, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme par folie. Puisqu’il en est plusieurs qui se glorifient selon la chair, je me glorifierai aussi. Car vous supportez volontiers les insensés, vous qui êtes sages. Si quelqu’un vous asservit, si quelqu’un vous dévore, si quelqu’un s’empare de vous, si quelqu’un est arrogant, si quelqu’un vous frappe au visage, vous le supportez. J’ai honte de le dire, nous avons montré de la faiblesse. Cependant, tout ce que peut oser quelqu’un, -je parle en insensé, -moi aussi, je l’ose!

Évangile du jour

(Mc IV, 1-9)

Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer. Une grande foule s’étant assemblée auprès de lui, il monta et s’assit dans une barque, sur la mer. Toute la foule était à terre sur le rivage. Il leur enseigna beaucoup de choses en paraboles, et il leur dit dans son enseignement: Écoutez. Un semeur sortit pour semer. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: les oiseaux vinrent, et la mangèrent. Une autre partie tomba dans un endroit pierreux, où elle n’avait pas beaucoup de terre; elle leva aussitôt, parce qu’elle ne trouva pas un sol profond; mais, quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines. Une autre partie tomba parmi les épines: les épines montèrent, et l’étouffèrent, et elle ne donna point de fruit. Une autre partie tomba dans la bonne terre: elle donna du fruit qui montait et croissait, et elle rapporta trente, soixante, et cent pour un. Puis il dit: Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

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