1er mars
  • Facebook
  • Twitter
  • Email
  • Vkontakte
  • Messanger
  • Telegram
  • WhatsApp
  • Twitter
  • Pinterest

Dimanche de l’abstinence des laitages, mémoire de l’exil d’Adam du paradis – dimanche du Pardon 

Sainte Eudocie, vierge, martyre à Héliopolis (152) ;  saints Hermès et Adrien, martyrs à Marseille (vers 290) ; sainte Antonine, martyre à Nicée (vers 306) ; sainte Domnine ascète en Syrie (450-460); saint Albin (ou Aubin), évêque d’Angers (550) ; saint Amant de Boixe, ermite (VIème s.) ; saint David, évêque, patron du pays de Galles (vers 600) ; saint Siviard, abbé près du Mans (687) ; saint Martyrius de Zélénets (1603) ; saints néo-martyrs de Russie : hiéromartyrs Basile (Nikitsky), Pierre (Lioubimov), Jean (Streltsov), Benjamin (Famintsev), Michel (Boukinsky), prêtres, Antoine (Korj), moine, Anne (Makandine), Daria (Zaïtsev), Eudocie (Archipov), Nadejda (Abbakoumov), moniales (1938) ; hiéromartyrs Alexandre (Ilienkov), prêtre (1942), Basile (Konstantinov), prêtre (1943).

SAINTE MARTYRE EUDOCIE

D’origine samaritaine, la sainte martyre du Christ Eudocie vivait à Héliopolis, en Phénicie du Liban, sous le règne de Trajan (96-116). Comme elle était dépourvue de toute connaissance de Dieu, elle s’était laissée entraîner à la débauche et avait livré à la prostitution son corps que le Créateur avait orné d’une rare beauté. Nombreux étaient ceux qui venaient de loin et offraient de fortes sommes d’argent pour jouir de ses charmes, si bien qu’elle avait acquis, par ce honteux commerce, une immense fortune. Elle avait ainsi vécu dans l’insouciance jusqu’au jour où un moine, nommé Germain, qui était arrivé en ville pour affaire, vint loger dans la maison voisine. Le soir, après avoir chanté l’office dans sa chambre à l’heure prescrite, comme s’il se trouvait dans son monastère, Germain se mit à lire à haute voix un livre qui décrivait le Jugement dernier, les châtiments des pécheurs et les récompenses des justes. En entendant ces terribles paroles, Eudocie fut tout ébranlée, sa conscience s’éveilla de la torpeur dans laquelle l’avaient plongée de si longues années passées dans le péché et elle versa pendant toute la nuit des torrents de larmes.

1er mars

Au matin, elle se précipita vers Germain et, tombant à ses pieds, elle l’implora avec larmes de lui indiquer la voie du salut. Après l’avoir dûment catéchisée, en père spirituel prudent, celui-ci la renvoya chez elle, pour qu’elle éprouve sa résolution pendant une semaine de retraite et de prière. Comme elle priait de nuit en versant quantité de larmes sur sa vie passée, Eudocie vit soudain une grande lumière et l’Archange Michel descendit pour la conduire au ciel, où l’assemblée des élus l’accueillit avec joie, alors qu’à l’extérieur le diable, sous la forme d’un être gigantesque, noir et répugnant, accusait Dieu d’injustice pour avoir accepté si rapidement le repentir de cette femme débauchée. Une voix très douce se fit alors entendre du haut du ciel, qui disait : « Tel est le bon plaisir (eudokia) de Dieu : recevoir avec compassion les hommes qui se repentent. » Et, sur l’ordre de Dieu, l’Archange ramena Eudocie dans sa demeure, en lui promettant l’assistance de la grâce pour les combats qu’elle aurait dès lors à mener contre le péché.

Pleine de joie et de confiance en la miséricorde du Seigneur, Eudocie fut baptisée par l’évêque de la cité, Théodote, et, suivant scrupuleusement les instructions de son père spirituel, elle remit avec empressement sa fortune acquise dans l’iniquité à un prêtre, afin qu’il la distribue aux nécessiteux. Puis, ainsi délivrée de l’attachement au monde et de tout souci, elle alla rejoindre Germain qui la fit admettre dans un monastère féminin situé non loin du sien.

Dès son entrée dans le stade de la vertu, la bienheureuse montra un zèle ardent pour effacer par l’ascèse et par les larmes du repentir toutes traces de ses anciennes passions. Portant constamment, sans jamais la changer, la tunique dont elle avait été revêtue à son baptême, elle apprit le Psautier par cœur et fit de la prière et de la méditation de la Parole de Dieu sa nourriture, de préférence à tout autre aliment terrestre. Par cette conduite admirable et cette belle transformation, elle reçut du Seigneur le pouvoir d’accomplir des miracles et, à la mort de la supérieure, elle fut élue par la fraternité pour lui succéder.

En ce temps-là, ayant appris que la belle Eudocie avait rejeté les plaisirs de cette vie et le culte des idoles pour tourmenter son corps par amour du Christ, certains de ses anciens amants la dénoncèrent auprès de l’empereur, l’accusant d’utiliser sa fortune pour construire, dans le désert, des refuges pour les chrétiens rebelles à son autorité et à la religion de l’Empire. Lorsque le dignitaire envoyé par l’empereur et les trois cents soldats de son escorte voulurent pénétrer dans le monastère de la sainte, ils en furent empêchés par une force divine et, après avoir tourné autour de l’enceinte pendant trois jours, en cherchant vainement l’entrée, ils furent frappés de mort, à l’exception du magistrat et de trois soldats.

Quand l’empereur apprit ce lamentable échec, il envoya son propre fils pour arrêter la sainte. Mais celui-ci fut frappé par Dieu et mourut après avoir été jeté à bas de son cheval. Sur le conseil d’un ancien amant d’Eudocie, le souverain éploré écrivit alors à la sainte pour lui demander d’intercéder, afin que son fils revienne à la vie. Eudocie lui répondit avec humilité, protestant de son impuissance à accomplir de tels miracles, et elle fit trois signes de croix sur la lettre en la refermant. Dès que le messager apporta la missive au palais devant le cadavre du prince, celui-ci reprit vie, et l’empereur et toute la cour s’écrièrent : « Grand est le Dieu des chrétiens, qui accomplit de telles merveilles ! » On raconte même que le souverain se fit baptiser avec un grand nombre des siens, et que le prince ressuscité devint par la suite archevêque de la cité, tandis que sa sœur, Gélasia, prit le voile dans le monastère de sainte Eudocie.

L’empereur Hadrien (117-138), qui succéda à Trajan, était un farouche adepte de l’idolâtrie. Il envoya à Héliopolis un gouverneur, réputé pour sa cruauté, nommé Diogène, lequel avait été fiancé à Gélasia et que la fuite de sa promise avait mis dans la plus grande irritation à l’égard d’Eudocie. Sitôt installé, il envoya cinquante hommes d’armes pour se saisir de la sainte. Alors que ceux-ci étaient encore en route, le Christ apparut à Eudocie et lui annonça que l’heure était venue pour elle de remporter la couronne du martyre. Elle se rendit alors dans l’église, prit sur elle une parcelle de la sainte Eucharistie et, accueillant les soldats avec calme et dignité, elle les suivit sans offrir de résistance. Sur le chemin, un ange la précédait, tenant un flambeau allumé, sans que les païens s’en rendissent compte.

Après avoir été laissée pendant quatre jours en prison, sans ni nourriture ni boisson, elle fut amenée au tribunal, le visage couvert, et dès qu’on lui retira ce voile une lueur éclatante en resplendit, provoquant un cri de stupeur dans l’assistance. La sainte répondit avec assurance aux questions du gouverneur et l’invita à mettre son dessein à exécution, sans perdre de temps en de vains interrogatoires. Le magistrat la somma de choisir entre trois solutions pour avoir la vie sauve : adorer les idoles, revenir à son ancien mode de vie ou remettre sa fortune au trésor public. Eudocie déclara qu’il était absolument exclu pour elle de retourner à sa vie passée, maintenant qu’elle avait connu la vérité, et qu’elle n’était plus maîtresse de l’argent qu’elle avait distribué. Sur l’ordre de Diogène, quatre hommes se saisirent d’elle et l’accablèrent de coups pendant deux heures entières ; puis, comme ils tentaient de la dénuder afin de l’attacher au poteau de torture, ils trouvèrent sur elle le coffret contenant la Sainte Communion. Lorsque le gouverneur tenta de l’ouvrir, une flamme s’en dégagea, qui consuma tous ceux qui se trouvaient aux alentours et laissa Diogène à demi paralysé. Comme il tombait à genoux en priant le dieu Soleil de le délivrer de ce sortilège, un éclair fendit le ciel et le laissa raide mort sur le sol. Pendant ce temps, un ange rayonnant descendait du ciel et s’entretenait avec la sainte, après l’avoir chastement recouverte d’un voile. Un soldat qui avait été témoin de cette scène, saisi de repentir, alla la détacher et la pria d’intercéder pour ceux qui venaient d’être frappés par la colère de Dieu, afin qu’ils recouvrent la vie et puissent se repentir. Prise de compassion, Eudocie se mit en prière et aussitôt les morts ressuscitèrent, provoquant la conversion d’une grande partie de la population.

La sainte resta en ville quelque temps pour enseigner le peuple, et elle accomplit encore d’autres miracles, jusqu’au jour où, Diogène étant décédé, un nouveau gouverneur, nommé Vincent, s’installa à Héliopolis, avec la ferme décision d’en finir avec la célébrité importune d’Eudocie. Il envoya des soldats dans sa résidence et ceux-ci lui tranchèrent la tête, sans autre forme de procès, lui offrant ainsi la satisfaction de son désir le plus cher : l’union définitive avec son Époux céleste. Par la suite, les reliques de sainte Eudocie accomplirent de nombreux miracles qui témoignèrent pour des générations de chrétiens de la puissance du repentir.

(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de la sainte martyre, ton 8

Dans la droiture de ton âme ayant adhéré à l’amour du Christ, / en disciple du Verbe tu rejetas dans l’oubli / les beautés corruptibles qui ne durent qu’un temps: / ayant, par le jeûne, mortifié tout d’abord les passions, / en martyre, tu confondis ensuite l’ennemi. / C’est pourquoi le Seigneur t’accorda la double couronne, illustre Eudocie; / vénérable Martyre, prie le Christ notre Dieu / de sauver nos âmes.

Kondakion de la sainte martyre, ton 4

Ayant mené ta lutte à bonne fin, / après ta mort, illustre Eudocie, / par l’effusion de tes miracles tu nous sanctifies, / nous les fidèles accourant vers ton temple sacré; / en cette fête, vénérable Martyre, nous te prions: / puissent nos âmes être délivrées de leurs maux / et puiser à ta source la grâce des miracles!

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche, ton 4

Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »

Kondakion du dimanche de l’abstinence des laitages, ton 6

Guide de sagesse, Donateur de l’intelligence, pédagogue des insensés, protecteur des pauvres, affermis et instruis mon cœur, Maître; accorde-moi la parole, ô Parole du Père. Car voici, je n’empêcherai pas mes lèvres de Te crier : Miséricordieux, aie pitié de moi qui suis tombé !

ÉPITRE DU JOUR

Romains XIII, 11 – XIV,4

Frères, le salut est désormais plus près de nous qu’au temps où nous avons cru. La nuit s’avance, le jour est proche. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. Comme en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d’orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ, et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises. Envers celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants, sans vouloir discuter des opinions. Tel croit pouvoir manger de tout, tel autre n’a pas cette force et poursuit sa diète de végétarien. Que celui qui mange de tout ne méprise pas l’abstinent, et que l’abstinent ne juge pas celui qui mange de tout, puisque Dieu l’a reçu. Toi, qui es-tu pour juger le serviteur d’autrui ? Qu’il demeure ferme ou qu’il tombe, cela ne regarde que son maître. D’ailleurs il restera ferme, car le Seigneur a le pouvoir de le soutenir.

ÉVANGILE DU JOUR

Matth. VI, 14-21

Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.

Chers lecteurs,

Ceci est l’un des cinq articles que nous vous donnons à lire gratuitement.

Pour accéder à un nombre illimité d’articles complets, veuillez :

  • Facebook
  • Twitter
  • Email
  • Vkontakte
  • Messanger
  • Telegram
  • WhatsApp
  • Twitter
  • Pinterest

À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

Lettre d’informations

Ne manquez pas les mises à jour importantes. S'inscrire à notre lettre d'informations gratuite.

Divider

Articles populaires

« Aux origines du monachisme (II) » Écouter 170535

Ci-dessous : le podcast audio de l’émission Orthodoxie sur France-Culture du 15 mars intitulée « Aux origines du monachisme » (2e partie, 1ère part...

Saint Jean Climaque et l’échelle des priorités Revue du Web 170521

Le quatrième dimanche du Grand Carême, l’Eglise Orthodoxe commémore saint Jean Climaque. Monseigneur Roman, évêque de Yakoutie et de Léna, nous par...

Métropolite Hiérothée de Nafpaktos : certains hiérarques agissent comme s’il n’y avai... À la Une 170514

À l’occasion de la prorogation des mesures restrictives qui s’étendent également à l’Église, ainsi que de la prochaine session du...

75e anniversaire de la mort de la sainte martyre Mère Marie de Paris Actualités 170499

À l'occasion du 75e anniversaire de la mort de la sainte martyre Mère Marie de Paris, le site Internet de l'Archevêché des églises orthodoxes de tr...

Mgr Milutin, évêque de Valjevo (Serbie) est décédé des suites du coronavirus À la Une 170493

Après avoir été hospitalisé, il y a seulement quelques jours, l’évêque de Valjevo Milutin (Église orthodoxe serbe) est décédé à Belgrade des suites...

18 mars (ancien calendrier) / 31 mars (nouveau) Vivre avec l'Église 100247

Grand Carême. Saint Cyrille, archevêque de Jérusalem (386) ; saints Trophime et Eucarpe, martyrs à Nicomédie (vers 300) ; saint Aninas, hiéromoine ...

31 mars Vivre avec l'Église 100245

Grand Carême. Saint Hypace, évêque de Gangres, martyr (vers 326) ; saint Apolonios d’Égypte (IVème s.) ; saint Hypace, moine médecin des Grottes de...

Communiqué du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe du 28 mars : « les rites religieux d... À la Une 170469

À l’occasion des dernières recommandations du gouvernement serbe selon lesquelles, afin d’arrêter la propagation du virus COVID-19, « les rites rel...

Dans le contexte du coronavirus, le patriarche de Moscou Cyrille a appelé les fidèles à ne pas fr... À la Une 170479

Dans son homélie en la cathédrale du Christ Sauveur, le dimanche 29 mars, le patriarche de Moscou Cyrille a appelé les fidèles à prier chez eux et ...

30 mars Vivre avec l'Église 100068

Grand Carême. Saint Jean Climaque, abbé du Mont Sinaï (VIIème s.) ; saints apôtres Sosthène, Apollos, Céphas, César, Épaphrodite (Ier s.) ; saint J...

17 mars (ancien calendrier) / 30 mars (nouveau) Vivre avec l'Église 62315

Saint Alexis de Rome, l’homme de Dieu (411) ; saint Marin, martyr ; saint Patrick (ou Patrice), évêque, apôtre de l’Irlande (461) ; sai...