Communiqué de la Métropole du Monténégro et du littoral : « Nous demandons la cessation de la violence et l’établissement de relations civilisées avec l’Église »
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Cetinje, le 4 mai 2020


Nous demandons au gouvernement du Monténégro et à l’Organe national de coordination qu’il a constitué, d’établir des relations civilisées avec l’Église orthodoxe serbe en cette période de grandes épreuves sociales dans tous les domaines. Depuis plus d’un an, l’Église est brutalement discriminée et ignorée par les autorités monténégrines, et ce précisément pendant la période (du début de l’année dernière jusqu’à aujourd’hui) où notre peuple et l’ensemble de la société monténégrine sont secoués par des événements importants : régulation juridique des relations de l’État avec les Églises et les communautés religieuses ; la lutte globale pour un avenir meilleur et plus prospère des citoyens ; combat avec le virus dont la propagation dans le monde entier a été enregistré comme pandémie et qui, par la permission de Dieu, est arrivé ici… Des réunions officielles et constructives entre les représentants du gouvernement et l’Église orthodoxe serbe ont eu lieu, en grande partie sur l’initiative de l’Église elle-même (exprimée par des lettres ou des appels publics ou des manifestations civiles pacifiques dans la dignité), mais malheureusement, il y en a eu trop peu. Il est inutile de parler ici de l’histoire de l’adoption unilatérale de la loi sur la liberté de religion, comme de l’absence d’initiative gouvernementale pour une coopération pour résoudre divers problèmes sociaux. Il suffit de dire que le gouvernement, par sa politique et sa tactique téméraires, a conduit au fait que, de toutes les Églises traditionnelles et communautés religieuses du Monténégro, seule l’Église orthodoxe serbe n’a pas signé d’accord avec l’État sur la coopération mutuelle, et cela sous prétexte qu’elle ne s’est pas enregistrée, même si cela n’était pas demandé par la loi de 1977. Ce faisant, le gouvernement a jusqu’à présent ignoré la décision de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe du 26 mai 2006 qui, à l’occasion de la proclamation de l’indépendance du Monténégro (le 21 mai), avait institué le Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe du Monténégro avec quatre diocèses opérant dans les frontières actuelles du Monténégro, dirigées par l’archevêque de Cetinje et métropolite du Monténégro. La décision a été officiellement remise par les évêques à M. Vujanović, président du Monténégro de l’époque, comme l’a confirmé la métropole par un acte envoyé en 2012 à Ivan Brajović, ministre de l’Intérieur de l’époque (actuellement président du Parlement). [cf document ci-dessous, ndt]. Malgré tout, durant toutes ces années, notre Église a été discriminée et accusée d’avoir refusé l’enregistrement auprès de l’État, tandis que l’application de cette nouvelle loi inique rendrait discriminerait l’Église plus encore. Et enfin cette épidémie du coronavirus ! Dès le début de ce malheur, l’Église a compris la gravité de la situation et immédiatement, avec les premières mesures gouvernementales (qui au départ ne concernaient pas les rites religieux eux-mêmes), a suspendu tous les rassemblements (nombreux et très fréquents) de croyants. La suspension temporaire des processions est une mesure qui a montré notre responsabilité maximale – même si, au départ, elle n’a pas rencontré la sympathie d’un grand nombre de citoyens. Or, beaucoup de monde se souvient qu’il n’y avait pas de virus au Monténégro tant qu’il y avait des processions ! Nous n’en dirons pas plus. Qui peut connaître la volonté de Dieu jusqu’à la fin et à l’avance ? Mais dès le début, nous avons offert au gouvernement une coopération opérationnelle et concrète. Nous l’avons proposée en tant qu’institution religieuse la plus nombreuse, qui rassemble le plus grand nombre de citoyens et dont les cérémonies religieuses nécessitent donc une organisation spéciale ou au moins des motifs de suspension clairs. Cependant nous ne les avons pas vus, ni compris dans les mesures qui interdisent explicitement aux citoyens de se rassembler dans l’Église (même après la fin de cérémonie), mais permettent à ces mêmes citoyens de se rassembler dans la proximité de la même église, à la même heure de la journée, dans des épiceries, aux guichets automatiques ou sur des chantiers de construction ! Dès le début, nous avons aidé dans la mesure du possible les hôpitaux monténégrins pour les besoins les plus urgents. Nos cuisines publiques n’ont pas arrêté de travailler dans les plus grandes villes du Monténégro, mais elles ont encore renforcé leurs activités. Les prières pour la cessation de l’épidémie sont très fréquentes dans toutes les églises urbaines et monastères. Nous avons demandé une coopération plus étroite avec le Corps de coordination national (CCN) afin de mieux nous comprendre et d’éviter tout malentendu sur le terrain. Nos paroles et suggestions sont difficilement parvenues jusqu’au gouvernement et nous restions souvent sans réponse. Nous avons eu une seule réunion avec des médecins du CCN, sur notre propre initiative, à la veille de Pâques, bien que les cérémonies religieuses aient été un sujet fréquent d’annonces et de commentaires de personnes du CCN. On se demande pourquoi tant d’unilatéralité ? Pourquoi l’Église est-elle ignorée à tel point ? Comment montrer notre volonté de coopération sinon par ce que nous avons fait jusqu’à présent ? Un État laïc doit-il organiser la structure ecclésiastique – soi-disant l’église autocéphale (un cas unique en Europe et dans le monde), à ​​la suggestion du président de l’État – ou confirmer en tant qu’église un groupuscule minoritaire avec un esprit de parti et tribal, pour que seulement alors, la main tendue de la coopération soit acceptée ? Les événements récents devant l’église de Podgorica à Pâques, et ceux d’hier ; l’arrestation et l’interrogatoire du métropolite au poste de police de Podgorica et chez le procureur de Cetinje ; les attaques quotidiennes dans les médias, pleines de mensonges contre l’Église orthodoxe, dans les journaux, à la télévision et sur les portails Web proches de la politique du gouvernement – cela est tout, sauf la démonstration de la bonne volonté et de la tolérance ! Le dernier discours du Premier ministre selon lequel le gouvernement a des problèmes « uniquement avec l’Église orthodoxe serbe » alors qu’avec d’autres communautés religieuses ils n’en ont pas – ajoute encore de la confusion en accusant l’Église d’être opposée à l’État pour ne pas avoir accepté la discrimination honteuse du gouvernement actuel !? C’est pourquoi nous demandons et prions, pour la centième fois et sans cesse, que des relations civilisées de respect mutuel et de coopération soient établies entre le gouvernement de l’État et l’Église. Dans les dernières mesures publiées par le CCN qui entrent en vigueur le 4 mai, il n’y a pas un seul mot sur l’Église ou les cérémonies religieuses, tandis que toutes les autres activités sociales y sont mentionnées. À quoi cela mène-t-il ? À la violence continue contre une institution qui s’est incorporée dans l’être même du Monténégro ? Si,  cependant, le gouvernement de l’État n’accepte pas dès que possible nos exigences minimales concernant la modification de la loi sur la liberté de religion, nous devrons chercher le salut de cette violence et de cette discrimination, c’est-à-dire la protection des droits élémentaires religieux et humains, auprès des institutions internationales ».

Annexe : Décision de l’Assemblée des évêques de l’Église orthodoxe serbe du 26 mai 2006 portant création du Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe au Monténégro
 
« Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe

Le 13/26 mai 2006 à Belgrade


La sainte Assemblée des évêques lors de sa session dont la référence et la date sont mentionnés ci-dessus, a pris la décision suivante : « Au nom de la Sainte, Consubstantielle et Indivisible Trinité, conformément à l’organisation conciliaire de l’Église Unique, Sainte, Catholique et Apostolique du Christ de l’époque apostolique à nos jours, conformément au 34ème canon apostolique, dans le but de ne pas nuire à « la liberté qui nous a été donnée par le sang de notre Seigneur Jésus-Christ, libérateur de tous les hommes » ni perdre celle-ci, et de peur que « l’orgueil de l’autorité séculière ne s’introduise » dans la vie de l’Église (8ème canon  du IIIème Concile œcuménique) ; dans l’esprit de préserver l’unité de l’Église et l’ordre séculaire de l’ancien Patriarcat de Peć (fondé en 1920), reconnu et confirmé par les droits et coutumes acquis, ainsi que par le consentement de toute l’Église orthodoxe universelle (cf. Tomos du Patriarcat de Constantinople, n ° 1148 du 19 février 1922) ; respectant la réputation de la Métropole du Monténégro et son rôle historique dans la vie du Monténégro, qui a retrouvé son statut d’État ; pour l’accomplissement réussi de la mission salvatrice de l’Église, cette saint Assemblée des Évêques décide : L’Église orthodoxe du Monténégro est composée des diocèses de l’Église orthodoxe serbe : du Monténégro et du littoral, de Budimlje-Nikšić, ainsi que des parties des diocèses de Mileševa et Hum-Herzégovine. Les évêques de ces diocèses forment le Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe au Monténégro qui, sous la présidence de l’archevêque de Cetinje (son ancien titre) et métropolite du Monténégro et du littoral, se réuniront selon les nécessité pour prendre conseils et décisions dans le cadre de sa juridiction. L’une des fonctions fondamentales du Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe au Monténégro est d’initier et d’aider, en coopération avec l’État du Monténégro et ses autorités compétentes, à l’élaboration et à l’adoption de la loi sur la position de l’Église orthodoxe et des différentes communautés religieuses du Monténégro ; de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger l’ensemble des biens spirituels et matériels, mobiliers et immobiliers de l’Église orthodoxe au Monténégro, ainsi que de promulguer une loi sur la restitution des biens ecclésiastiques nationalisés et saisis après la Seconde Guerre mondiale. Le Conseil épiscopal de l’Église orthodoxe au Monténégro est tenu, conformément à l’ordre canonique établi, de rendre compte de ses travaux au Saint-Synode.
…. C’est un honneur pour nous d’informer le Saint-Synode des évêques sur la décision ci-dessus de la sainte Assemblée des évêques, en lui demandant d’en prendre connaissance et de prendre les mesures qui s’en suivent.

Le frère en Christ, dévoué au Saint-Synode Le président de la sainte Assemblée des évêques, le patriarche de Serbie +Paul »

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