Le prince Dimitri Mikhaïlovitch Schakhovskoy est décédé le 31 mars 2026 à Paris. Il était âgé de 92 ans.
Docteur en sciences historiques et philologiques, le prince Dimitri Schakhovskoy était professeur des universités à l’Université de Haute-Bretagne (Rennes), où il enseigna au sein de l’UFR de langues, et professeur à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, où il enseignait l’histoire de l’Église et la philosophie russes. Il intervenait également au Séminaire orthodoxe russe en France, à Épinay-sous-Sénart. Membre du conseil du diocèse de Chersonèse, il occupait aussi les fonctions de président de l’Union de la noblesse russe à Paris et dirigeait la publication de son bulletin.
Issu de la famille princière des Chakhovskoï, dont les origines remontent à Riourik, Dimitri Schakhovskoy a consacré sa vie à l’étude et à la transmission de l’histoire et de la culture russes en France. Disciple du grand généalogiste Nikolaï Flegontovitch Ikonnikov, il a poursuivi et complété l’œuvre monumentale de celui-ci en publiant la collection « Société et noblesse russe » (Université de Haute-Bretagne, à partir de 1978), un ensemble de plusieurs volumes couvrant l’histoire, la biobibliographie, la généalogie et l’onomastique de la noblesse de Russie.
Spécialiste reconnu de la littérature et de la civilisation russes, il est l’auteur de Chmelev peintre de la réalité russe (1975) et de la Bibliographie des œuvres de Ivan Chmelev (Institut d’études slaves, 1980). Ses travaux couvrent un champ remarquablement vaste : l’onomastique russe des XVe-XVIIe siècles (« Noms et surnoms en Russie », Revue des études slaves, 1978), les racines sociales de Tchaadaev (Revue des études slaves, 1983), l’heuristique et la généalogie de la noblesse russe (Cahiers du monde russe et soviétique, 1993). Il a cofondé avec S.V. Konev la revue Историческая Генеалогия / La généalogie historique. Il a également dirigé des thèses, notamment celle de Jean-Claude Roberti sur Le spectacle en Russie ancienne (1645-1676) (1981).
Préfacier de nombreux ouvrages de référence, il a signé les préfaces des volumes de Jacques Ferrand consacrés aux portraits de la noblesse russe (1985-1993), des Mémoires de la baronne Maria Fedorovna Meyendorff (Éditions Frison-Roche) et, plus récemment, du dictionnaire biographique illustré Les ministres de Nicolas II et du gouvernement provisoire (1894-1918) de Jean-Marie Thiébaud (SPM, 2022). Il a par ailleurs assuré la direction des publications du journal de l’émigration russe édité par le Centre de langue et de culture russes à Paris.
Par son enseignement, ses publications et son engagement au service de la mémoire de l’émigration russe, le prince Dimitri Schakhovskoy a été un passeur entre deux mondes, un homme qui a su conjuguer la rigueur universitaire, l’engagement ecclésial et le sens du devoir envers l’héritage culturel russe en France.
Mémoire éternelle ! Вечная память !