Dimanche de tous les saints

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Dimanche
de tous
les saints

Tropaire
de tous les saints, t. 1 : Chantons l’innombrable multitude de tous les saints :+
les apôtres, les prophètes, les pontifes et les martyrs ;/ le chœur des vénérables,
les justes de tous les temps, l’assemblée des saintes femmes, les anonymes avec
ceux que nous connaissons.// Et, célébrant leur mémoire, disons-leur : « Gloire
à celui qui vous a couronnés !+ Gloire à celui qui fit des merveilles pour vous
!/ Gloire à celui qui sur l’Eglise vous a fait luire d’un tel éclat ! »// 

Epître : Hébreux 11,
33-40 ; 12, 1-2
(n. trad.)

Frères, c’est par la Foi que
tous les saints conquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent
l’accomplissement des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la
violence du feu, échappèrent au tranchant du glaive, tirèrent force de leur
faiblesse, montrèrent leur vaillance au combat, mirent en fuite des armées
d’étrangers. Par la Foi,
certains ont ressuscité
pour des femmes leur enfant mort ; d’autres se sont laissé torturer, refusant
leur délivrance afin d’obtenir une meilleure résurrection. D’autres encore ont
subi la dérision, les coups de fouet, en plus des chaînes et de la prison. On
les a lapidés, sciés, torturés, livrés par le glaive à la mort. Ou bien, ils
durent aller çà et là, sous des toisons de chèvre ou des peaux de mouton,
dénués, opprimés, maltraités. Eux que le monde n’était pas digne d’accueillir,
ils ont erré dans les déserts et sur les monts, habitant les cavernes, les
trous de la terre. Néanmoins, tous ceux-là, tous ces martyrs de la Foi, n’ont
pas bénéficié de ce que Dieu avait promis : Il avait prévu pour nous un
sort meilleur, afin qu’ils ne puissent pas sans nous parvenir à la perfection.
Voilà donc pourquoi nous aussi, entourés que nous sommes d’une si grande foule
de témoins, débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d’abord du péché
qui nous entrave ; alors, nous pourrons courir avec endurance l’épreuve
qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine de notre
foi et qui la mène à son ultime perfection.

Evangile : Matthieu 10,
32-33, 37-38 ; 19, 27-30. (n. trad.)

En ce temps-là, le Seigneur
dit : « Toute personne qui me reconnaîtra devant les gens, Je la
reconnaîtrai devant mon Père qui est dans les cieux. Toute personne qui me
reniera devant les gens, Je la renierai devant mon Père qui est dans les cieux.
Qui aime son père ou sa mère plus qu’il ne m’aime n’est pas digne de moi ;
qui aime son fils ou sa fille plus qu’il ne m’aime n’est pas digne de moi.
Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de
moi. » Pierre répondit alors et dit au Seigneur : « Voici que
nous avons tout laissé et que nous t’avons suivi ; qu’en sera-t-il pour
nous ? » Jésus lui répondit : « En vérité, Je vous le dis,
vous qui m’avez suivi, lors de la régénération de tout, lorsque le Fils de
l’Homme trônera dans sa gloire, vous siégerez également sur douze trônes et
jugerez les douze tribus d’Israël, et toute personne qui aura quitté maisons,
frères ou sœurs, père ou mère, enfants ou champs à cause de mon Nom, recevra le
centuple et héritera la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers et
de derniers premiers. » 

Catéchèse : 1) mémoire et glorification de tous les saints de tous les temps et de
tous les lieux : à sa place traditionnelle (en Occident également
autrefois) au premier dimanche après la Pentecôte (glorieuse descente de
l’Esprit sur les apôtres et les disciples, glorification de la sainte Trinité),
parce que la sainteté des baptisés est le fruit de l’œuvre conjointe du Verbe
incarné et de l’Esprit issu du Père. 2)
la sainteté
(« déification », « divinisation ») est le but normal de la
vie chrétienne, perfection du baptême. Elle consiste dans l’appropriation, par
la grâce de l’Esprit, par une personne (hypostase) créée, de l’humanité déifiée
du Christ. Elle accomplit un processus de lutte spirituelle (rupture avec le
Malin et ses illusions, et avec l’esprit du monde) ; elle couronne tout
l’effort ascétique des chrétiens. 3)
le type de la sainteté chrétienne est
la Mère de Dieu, au manteau pourpre. Conçue par ses parents « dans le
péché » ancestral, elle se garda depuis la première enfance de tout péché
personnel ; elle fut purifiée du péché adamique par l’œuvre conjointe du
Verbe et de l’Esprit dans l’Incarnation (25 mars) ; la douleur de
l’enfantement lui fut épargnée, signe qu’elle était libérée des conséquences
héréditaires du péché ; elle connut la souffrance sans péché ni passion de
la compassion pour son Fils et son Dieu, le Christ ; elle connut la mort
et la résurrection, anticipant la Résurrection universelle au Dernier
Jour ; elle ne passa pas en jugement et fut glorifiée (exaltée, élevée)
par le Christ Lui-même (icône de la Dormition). Du Paradis, elle intercède pour
les croyants et pour la protection du monde entier. 4) Tout chrétien, en
vertu de la grâce du saint baptême et de la communion au Corps et au Sang
précieux de Dieu, peut se garder du péché, s’ouvrir à l’illumination de son âme
et de son corps par l’Esprit, être uni intimement au Christ, et exercer le
ministère normal de témoignage et d’intercession pour le salut du monde entier.
La sainteté est donc la raison d’être du baptême et de toute la vie en Christ
en ce monde. La fête de ce jour le rappelle et constitue un encouragement et un
appel pour chacun !

(Père
Marc-Antoine Costa de Beauregard
)

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