Entretien avec Bertrand Vergely : ma rencontre avec l’orthodoxie

1075

Nous vous proposons ci-dessous un entretien avec Bertrand Vergely sur sa rencontre avec l'orthodoxie. Il a été réalisé par Tudor Petcu. Tudor Petcu est un journaliste et philosophe roumain, intéressé par l’évolution de la spiritualité orthodoxe en Occident et particulièrement en France, par les écrits du père archimandrite Placide Deseille. Il a publié l'année dernière en roumain aux éditions Agaton Redescoperirea moștenirii ortodoxe a Occidentului. Interviuri - Mărturii - Revelații, "Redécouvrir le patrimoine orthodoxe de l'Occident. Interviews - Témoignages - Révélations". Un deuxième volume est en cours de préparation.

Entretien avec Bertrand Vergely

Comment avez-vous rencontré l’orthodoxie ?

Bertrand Vergely : Je n’ai pas rencontré l’orthodoxie au sens où je ne suis pas allé vers elle. C’est elle qui est venue à moi en m’étant offerte. Ma mère était suisse. En 1945, désireuse de connaître la culture française, elle a quitté la Suisse pour la France. Là, outre qu’elle a rencontré la culture française, elle a aussi rencontré la culture russe et, avec elle, l’orthodoxie. Cette rencontre s’est faite en trois temps. Elle a d’abord rencontré un français, Geoffroy de Souzenelle, l’époux d’Annick de Souzenelle, l’une des grandes figures de la pensée orthodoxe contemporaine à travers sa lecture de la Bible. Geoffroy s’était converti à l’orthodoxie à la suite de sa rencontre avec un prêtre orthodoxe, Evgraph Kovalevsky, durant la Seconde Guerre mondiale, dans un camp de prisonniers. C’est Geoffroy qui, le premier, a révélé à ma mère l’existence de l’orthodoxie. Par ailleurs, ma mère a rencontré le père Evgraph. Elle a notamment suivi les cours que celui-ci donnait, boulevard Blanqui à Paris, où il avait fondé une paroisse. Cet enseignement l’a beaucoup marquée, en lui faisant découvrir le caractère visionnaire de l’orthodoxie. Enfin, troisième rencontre : celle du père Sophrony. Disciple du starets Silouane, le père Sophrony avait vécu auprès de lui dans le monastère Saint-Pantéléimon au mont Athos. Bien après la mort du starets Silouane, en proie à des soucis de santé à la suite d’une longue ascèse dans une grotte, le père Sophrony avait quitté le mont Athos pour se faire opérer en France. Vivant dans un donjon à Sainte-Geneviève-des-Bois, il avait comme projet d’aller fonder un monastère en Angleterre. Ce qu’il a fait en créant The old Rectory près de Maldon en Essex. Du fait de sa haute spiritualité, le père Sophrony a été déterminant dans la conversion de ma mère à l’orthodoxie, ce qu’elle a fait en 1958. Ce que j’ai fait avec elle, puisqu’à l’âge de six ans j’ai été chrismé. Il est courant aujourd’hui d’entendre dire par certaines personnes qu’elles ne veulent pas baptiser leurs enfants afin de les laisser libres de choisir la religion qu’ils voudront. En me faisant rentrer dans l’orthodoxie ma mère n’a pas limité ma liberté. Elle l’a augmenté, cette entrée « de force », si l’on ose dire, dans l’Église, m’ayant appris très jeune que la spiritualité fait partie de la vie. Être libre pour moi a ainsi consisté non pas à choisir une religion comme la religion orthodoxe mais à rencontrer à travers elle la vie profonde et belle. J’ai découvert bien plus tard que ce n’est pas parce que l’on est orthodoxe que l’on est dispensé de se convertir à l’orthodoxie. Je m’en rends compte actuellement. Quand est-on orthodoxe ? Quand on vit de tout son être des pieds à la tête. Quand tel est le cas, on devient à notre humble échelle, comme le Christ pantocrator qui embrasse tout. Depuis quelque temps je ressens chaque jour de plus en plus la nécessité intense de devoir vivre ainsi de tout mon être. En ce sens, je crois que je suis en train de me convertir à l’orthodoxie.

Quelle raison vous a amené à vous convertir ?

Bertrand Vergely : Quand j’étais petit, c’est la beauté ainsi que l’intensité de la vie liturgique qui m’ont amené à me convertir. Très vite, je me suis mis à prier. Très vite également, je suis devenu enfant de chœur. Quand on est un enfant et que l’on prie ou que l’on est enfant de chœur, on rentre en contact avec le mystère de la personne. On a beau être un enfant, on sent ce mystère. On a de ce fait envie d’aller vers lui. En tant qu’enfant, on se sent grandi de pouvoir participer à la vie spirituelle. Aujourd’hui, ce qui m’amène à me convertir réside dans l’émerveillement. La vie est infiniment plus profonde que ce que l’on imagine. Je me convertis à chaque fois que je me sens petit devant l’immense, ignorant devant le génie de l’existence. Quand, dans l’existence, on sent vivre une existence plus vaste, quand, qui plus est, on sent que cette existence plus vaste fait davantage exister, on s’ouvre à Dieu, Dieu apparaissant comme cette vie qui, dans notre vie, rend notre vie plus vivante. L’intelligentsia occidentale qui est devenue athée voit dans Dieu un obstacle à la vie. Comme le dit Sartre, « si Dieu existe je ne peux pas être libre ». Mon sentiment est exactement l’inverse. Dès que Dieu existe, je me mets à exister. Le fait qu’il existe me fait exister. Pour l’intellectuel occidental, l’existence dans sa nudité, dans son âpreté, est la preuve que Dieu n’existe pas. Elle est le signe que l’homme est abandonné, dans la « déréliction » dit Heidegger à qui on doit cette réflexion. En ce qui me concerne, l’existence dans sa nudité ainsi que dans son âpreté est le signe que nous sommes peu de chose, non pas parce qu’il n’y a rien, mais parce que nous sommes peu de chose par rapport à l’ineffable beauté de la vie divine. Je me sens proche de ce fait de la théologie apophatique qui est la base de la vision orthodoxe de l’existence. Je me sens également proche de Maître Eckhart et de sa pensée concernant le néant mystique. La gloire de la Croix est le cœur du mystère du Christ. Quand on se sent petit devant l’immense, on est dans la gloire de la Croix. La Croix consiste à se sentir petit. La gloire consiste, elle, à sentir vivre l’immense à travers le petit. Les grands saints de la tradition orthodoxe expliquent que vivre consiste à se convertir en permanence. C’est tout à fait exact. Vivre consiste à convertir en permanence tout ce que l’on fait en immensité. Avoir un regard large, généreux, aimant à propos de l’existence. Ne pas être médiocre. Être en ce sens « royal » en faisant de l’existence un royaume. Devenir un seigneur comme le Christ qui est le Seigneur. Élever le niveau de l’existence et de la conscience de l’existence, l’anoblir. La conversion signifie tout cela.

Comment l’orthodoxie a-t-elle changé votre conscience et votre vie ?

Bertrand Vergely : L’orthodoxie a changé ma vie et la change encore tous les jours en m’incitant à vivre par le cœur. Le cœur est en nous l’organe de l’équilibre qui régule l’envoi du sang dans le corps et ainsi son renouvellement en recevant le sang oxygéné et en renvoyant le sang désoxygéné. Il est ce qui permet à la vie de se renouveler et de respirer à chaque instant. Il est par ailleurs un organe affectif, moral et spirituel. Vivre par le cœur consiste à rentrer en soi en faisant vivre le vivant que l’on est par le fait de le sentir. Quand tel est le cas, l’homme extérieur et dur, l’homme qui veut non pas la vie, mais le pouvoir sur la vie, vole en éclats, l’homme authentique prenant sa place. L’homme est alors renouvelé. Lui, qui ne respirait pas, se met à respirer. Il naît à la vie. L’orthodoxie qui m’invite à vivre avec le cœur correspond à cette naissance qui change ma vie à chaque fois que je vis avec le cœur. De façon étonnante, les choses ne s’arrêtent pas là. Quand on vit par le cœur en rentrant en soi, ce n’est pas simplement nous qui nous mettons à naître. Le monde, les hommes se mettent à naître également. En toute chose, en tout être, se trouve une étincelle de la beauté divine. En vivant avec le cœur, on la voit. Mieux, on la fait vivre. On la rend vivante. C’est ce que l’on appelle la bonté. Dans L’Idiot de Dostoïevski, le prince Muichkine est une image de cette bonté. Quand il considère les hommes, ce qu’il voit en eux ce n’est pas le mal. C’est d’abord la bonté. Et si les hommes font du mal, ce qu’il voit c’est la douleur de la vie immolée par le mal. Ce n’est pas la méchanceté des hommes. Le prince Muichkine est la vivante expression de ce qu’est une conscience orthodoxe profonde. Quand l’orthodoxie change ma conscience, elle produit le même effet. Non seulement elle fait vivre l’homme authentique qui est capable de vivre en moi, mais, en chaque chose, chez tout être, elle m’incite à voir l’étincelle de vie divine qui s’y trouve. Enfin, la vie orthodoxe emmène encore plus loin. Quand il parle de Dieu, Pascal a cette image directement issue du Livre des XXIV philosophes : ce cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part. Dieu est fulgurant. Quand il jaillit, il jaillit comme une pluie divine, une nuée divine, un embrasement divin. Il ne jaillit pas en un point à un moment. Il jaillit sans cesse, partout, en étant de l’ordre de ce que les physiciens appellent un plurivers par opposition à l’univers. Dieu est une pluie divine. Dans le bouddhisme, cette façon de voir l’existence correspond au regard des « délivrés vivants » qui ne sont plus enfermés dans l’espace-temps soumis à la dualité. Il n’y a plus d’ici ni de maintenant, parce qu’il n’y a pas d’ici opposé au là-bas, de maintenant opposé à hier ou à demain. Dieu est pour tout espace et de tout temps. Il s’agit là de la liberté absolue qui est respiration absolue. Rien n’est plus haut ni plus vaste que cette conscience quand elle apparaît, rien n’étant plus libre ni plus rempli de souffle créateur. Quand, grâce à l’orthodoxie, à la vie liturgique, à la prière je m’ouvre au Christ pantocrator qui embrasse tout dans un amour infini, pendant un millième de seconde, il m’arrive d’effleurer ce mystère absolu et grandiose. Là, je peux dire que pour une quatrième fois, je fais une expérience de conscience, la conscience n’étant plus une respiration physique, une respiration de l’homme authentique, une respiration de la vie vivante, mais une respiration d’un autre ordre, d’un ordre proprement fondamental, ontologique.

Quelle est la beauté spirituelle de l’orthodoxie ?

Bertrand Vergely : La beauté de l’orthodoxie consiste à respecter toutes les beautés que l’on trouve dans l’existence en les emmenant encore plus loin. La première beauté est la beauté charnelle. Celle du monde. Celle des femmes pour l’homme que je suis. La beauté spirituelle de l’orthodoxie consiste à respecter cet élan charnel en lui conférant noblesse et profondeur. La beauté cosmique est une ouverture à Dieu. Le plaisir de se sentir vivant dans son corps dans le corps vivant du monde est une ouverture à la vie divine. Dieu qui va au-delà de tout s’exprime à travers la beauté qui, dans la matière, va au-delà de la matière, en y ajoutant de la beauté. La beauté des femmes est un autre grand mystère. Cette beauté oblige l’homme à devenir délicat, attentif, noble. Sinon, quand l’homme demeure dans un éros primaire, elle s’évapore. Elle fuit. Elle se dissout. Elle se volatilise. Elle se brise. En ce sens, l’éros est une pédagogie du Christ, le maître des mutations et des transformations. La beauté cosmique est une beauté statique. La beauté de l’éros est une beauté dynamique. Si l’orthodoxie magnifie la beauté cosmique comme ouverture métaphysique de l’intelligence humaine à Dieu, grâce à l’approche poétique du monde, elle magnifie encore plus la beauté de l’éros qui se transfigure dans la beauté de la rencontre entre l’homme et la femme et dans l’élévation du désir grâce à cette rencontre. Il y a aussi la beauté de l’intelligence. Le monde, qu’il soit physique ou biologique, est organisé. Il y a une grande beauté dans le fait de voir apparaître cette organisation. Cette beauté réside dans le passage d’un monde fermé à un monde ouvert. Cela ressemble à une aurore. Lorsque les premières lueurs de l’aube apparaissent dans la nuit. Le monde qui s’éclaire est comme la vie spirituelle qui, elle aussi, est une clarté pointant au fond de la nuit. On est saisi. La nuit est vaincue. Elle n’est pas le dernier mot de la nuit. Cela ressemble à la résurrection où la mort n’est pas le dernier mot de la vie. Le monde, la vie, l’homme, sont reliés à une lumière ineffable. Seulement, ils ne savent pas encore ou ils ne le savent plus. Quand le monde, la vie et l’homme se relient à cette beauté, quand ils s’harmonisent avec elle, découvrant cette harmonie supérieure, on découvre une étrange beauté. Une beauté d’un type supérieur. Cette beauté est encore plus grande quand on a affaire à la beauté morale. Ainsi l’exigence de sérieux qui est à la base de la morale ouvre sur une humanité supérieure. Quand tel est le cas, l’humanité n’est pas harmonieuse. Elle est extraordinairement harmonieuse. Caractéristique d’une telle vie : tout ce qu’elle touche devient beau. Tout se charge d’harmonie spirituelle. Enfin, il y a la beauté de toutes les beautés. Celle qui donne une réponse à tout en illuminant les raisons de notre présence dans le monde. Il s’agit de la gloire. Il est beau de dire à quelqu’un qu’il existe. Cela permet de comprendre l’amour de Dieu pour le monde et les hommes. Aux yeux de Dieu, il est beau que le monde et les hommes existent. Quand cette beauté se révèle être une beauté pas simplement belle mais plus belle que belle, on n’est plus dans la beauté mais dans la gloire. L’orthodoxie qui signifie la juste louange est la vie illuminée par la gloire divine qui loue cette gloire. D’où le terme ortho-doxie, juste louange, juste gloire, plénitude de la gloire, vie selon la gloire.

Quel est son trésor ?

Le trésor de l’orthodoxie réside dans le fait d’être une vision non banale non seulement de l’orthodoxie, mais de l’existence. Cette vision non banale est exprimée par la théologie apophatique et, derrière elle, par la vision antinomique. Quand Denys l’Aréopagite explique que l’on connaît Dieu de ne pas le connaître, il exprime par là non pas une négation de la connaissance mais un rapport intense à la connaissance. « Dieu est tellement vivant que c’est peu dire qu’il est vivant », dit-il. La vraie connaissance est une connaissance intense et la connaissance intense est la vie intense. Inversement, la vie intense est connaissance intense et la connaissance intense est connaissance. Le trésor de l’orthodoxie se trouve là. Dans ce mode de connaissance de la vie qui fait que rien n’est banal. Rien n’est platement conformiste. Rien n’est paresseux. Tout est extrêmement original. Tout a de ce fait de l’avenir. L’amour divin est ce qui donne de l’avenir à tout. Les antinomies de la connaissance apophatique permettent de rentrer dans l’amour divin. Nicolas Berdiaev a écrit tout un livre pour montrer que la vraie morale est créatrice et que la vraie morale créatrice se trouve dans le Christ. Pour parvenir à cette belle idée il s’est servi du paradoxe et avec elle de l’antinomie en expliquant que la vraie morale est une affaire de liberté, de subjectivité, donc de non morale et de non loi au sens courant et banal. Cette vision des choses exprime bien le trésor de l’orthodoxie. Une vision totalement libre de Dieu, de l’homme et de la morale parce qu’une vision de Dieu, de l’homme et de la morale partant de l’intérieur, de la personne, de sa beauté, de sa noblesse.

Beaucoup de personnalités orthodoxes sont connues et reconnues. Comment l’orthodoxie peut-elle se faire découvrir en Occident ?

Quand l’orthodoxie se fait reconnaître cela se fait toujours de façon singulière, originale, à partir de personnes singulières et originales qui créent autour d’elles une contagion positive. « Qu’un homme se lève et des centaines se lèveront derrière lui », dit saint Séraphin de Sarov. Là où il y a des saints, là se trouve l’orthodoxie. Quand des hommes et des femmes se sanctifient, l’orthodoxie progresse. L’orthodoxie ne se mesure pas à la quantité des orthodoxes, mais à leur qualité. Une chose objective aide en tout cas : la constance de la vie liturgique et sa beauté. Le fait que nuit et jour des hommes et des femmes prient est essentiel. Quand il y a une telle prière, il y a un socle sur lequel s’appuyer. C’est cela qui retourne le monde : la solidité spirituelle et morale, la beauté. Il est courant de penser l’Église sur un mode politique. Ce n’est pas en adoptant une posture publicitaire que l’Église progresse. C’est en adoptant une attitude intérieure faisant vivre les cœurs en profondeur. Enfin, il ne faut pas négliger la pensée et, derrière elle, l’enseignement de l’Église, son haut enseignement. Le monde a besoin d’être nourri. Il a besoin d’être réjoui. Il est souvent nourri et réjoui de l’extérieur. Il faut qu’il soit nourri de l’intérieur. Le christianisme est souvent assimilé à l’amour du prochain. Le prochain n’est pas tout le monde. Dans la parabole du bon Samaritain, c’est le Samaritain. C’est lui qu’il faut aimer. Il fait aimer ce qui sauve. On n’aime pas toujours ce qui sauve. L’orthodoxie apprend à aimer ce qui sauve. C’est grâce à cela qu’elle se fait connaître.

Quelle est la vision orthodoxe de la rédemption de l’homme ?

La rédemption signifie le retour, la restauration, à la suite d’un retournement. On entend souvent par rédemption le rachat des fautes par la souffrance. Cette vision juridique de la rédemption ne rend pas compte du mystère ontologique de celle-ci. La société met en prison les délinquants qui paient leur dette à la société en purgeant une peine de privation de liberté. Ce n’est pas pour cela qu’il y a chez eux un retournement du cœur. L’homme est un roi. Seulement, c’est un roi qui a perdu son royaume. La rédemption consiste à retrouver le sens royal de l’existence. « Cherchez le royaume des cieux et tout le reste vous sera donné par surcroît », dit le Christ. Dans La liberté de la morale Christos Yannaras cite cette parole de saint Macaire : « Souviens-toi que tu es de lignée royale ». Maître Eckhart parle du cœur de l’homme en l’appelant du nom de « l’homme noble ». Retrouver la dimension royale de la vie, retrouver l’homme noble que l’on a en soi, aller dans le royaume des cieux, c’est ce que veut dire la rédemption. Dieu veut que l’homme ne soit pas simplement un homme. Il veut que l’homme soit un roi. L’homme est un roi quand il est un roi comme le Christ qui est le roi par excellence, le roi des rois, par son humilité, par son amour, par le Verbe qui vit en lui. Les hommes rêvent d’un royaume extérieur dans ce monde. Ils sécularisent, laïcisent, le royaume de ce fait en faisant de lui un royaume non spirituel. Dieu veut un royaume spirituel pour l’homme, la vie éternelle étant la vie éternelle d’une vie spirituelle et non d’une vie banale.

Quand quelqu'un veut découvrir l’orthodoxie que lui dites-vous ?

Je ne dis rien. J’écoute. La conversion est une affaire personnelle, différente de personne à personne. Il y a des conversions qui peuvent être fausses. Il y a des conversions authentiques. On peut être amené de conseiller à quelqu’un de ne pas devenir orthodoxe. On peut être amené à dire l’inverse. On n’est pas moine par rejet du monde. On n’est pas orthodoxe par rejet des autres religions ou des autres philosophies. On est moine par amour et par grâce. On est orthodoxe par amour et par grâce.

Quelles sont les personnalités roumaines que vous connaissez ?

Je connais Monseigneur Joseph pour l’avoir rencontré plusieurs fois. Il m’impressionne par son humilité, sa bonté, son charisme, son rayonnement. C’est un évêque admirable qui fait un travail admirable dans la société française aujourd’hui pour les Roumains et pour les Français. C’est un grand homme d’Église.

  Notre lettre d'informations hebdomadaire gratuite  

Chers lecteurs,

Vous êtes de plus en plus nombreux à lire Orthodoxie.com, et nous nous en réjouissons. Nous souhaitons qu’une grande partie des articles de notre site soit accessible à tous, gratuitement, mais l’information de qualité a un coût. Et pour cette raison, votre soutien nous est plus que nécessaire. Nous vous invitons à vous y abonner, ou bien à faire un don de soutien !