« Réjouissez-vous, peuples, et soyez dans l’allégresse, l’ange assis sur la pierre du tombeau nous a annoncé la bonne nouvelle en disant : le Christ est ressuscité des morts, Sauveur du monde, et Il a rempli toutes choses de Son parfum. »
(Stichère de la Résurrection aux laudes, 2ᵉ ton)
En vérité, en « cette sainte nuit salvatrice et lumineuse », l’Église vit et proclame le mystère surnaturel de la sainte Résurrection du Christ. Le Fils unique et Verbe de Dieu, « le Verbe au commencement » (Jn 1, 1), qui S’est fait homme et « a été trouvé semblable à un homme par Son aspect » (Ph 2, 7), « Lui qui est passé en faisant le bien et en guérissant » (Ac 10, 38), a été crucifié et volontairement enseveli. « Les fils des sauvés », avec les gardes, ont scellé Son tombeau, pensant avoir effacé Sa mémoire. Mais ils furent confondus, car « le Seigneur dissipe les desseins des nations […] et réduit à néant les projets des princes » (Ps 32, 10).
L’enfer dévorant fut lui aussi trompé. Il s’imagina avoir reçu un homme mortel, mais « il rencontra Dieu ». Bien que le Christ « ait été crucifié en raison de Sa faiblesse » (2 Co 13, 4) pour nous, étant « le Verbe vivant et le vrai Dieu », Il a vaincu la mort, brisé les liens éternels, est ressuscité et « vit par la puissance de Dieu » (2 Co 13, 4), libérant les captifs de l’enfer depuis les siècles et les conduisant au paradis. « La mort a été renversée et l’aurore de la vie a resplendi. »
Les premières à faire l’expérience de la Résurrection furent les myrophores, venues « de grand matin » au tombeau et ayant entendu de l’ange : « ne vous effrayez point […] Il est ressuscité, Il n’est pas ici » (Mc 16, 6). Et le Seigneur ressuscité vint à leur rencontre en disant : « réjouissez-vous » (Mt 28, 9). De même, Il apparut aux apôtres en disant : « la paix soit avec vous », leur montrant les marques des clous et soufflant sur eux le Saint-Esprit (Jn 20, 19-28). Il leur apparut « par de nombreux signes véritables » (Ac 1, 3) jusqu’au quarantième jour après la Résurrection, quand « tandis qu’ils Le regardaient, Il fut élevé, et une nuée Le déroba à leurs yeux », et Il monta au ciel et S’assit à la droite du Père (Ac 1, 9). Le fait que le Christ siège à la droite constitue Sa gloire autant que la gloire de l’humanité, car la nature humaine qu’Il a assumée a été élevée jusqu’aux cieux.
Selon les paroles de l’apôtre Paul, « le Christ est ressuscité des morts » (1 Co 15, 20), et c’est pourquoi l’événement de la Résurrection n’est pas un simple souvenir du passé, mais existe comme une réalité vivante et agissante, fondée sur la puissance mystérieuse de la Croix : « car la parole de la Croix […] est puissance de Dieu » (1 Co 1, 18). Dans le sacrifice de la Croix et la victoire de la Résurrection, le Christ a aboli le pouvoir de la mort et a offert à l’homme la perspective d’une vie nouvelle, « afin que nous aussi nous marchions dans une nouveauté de vie » (Rm 6, 4). Et le divin Cyrille d’Alexandrie enseigne que par la Résurrection la nature humaine a été renouvelée et revêtue d’incorruptibilité, car le Verbe vivifiant a vaincu la corruption et nous a rendus participants de la vie divine.
Depuis le trône glorifié de la Sainte Trinité, le Christ a envoyé Son Saint-Esprit et a fondé l’Église, qui poursuit Son œuvre de salut, résistant aux forces du mal et prêchant la paix et la justice à ceux qui sont loin et à ceux qui sont proches.
L’Église de Jérusalem, avec son pieux troupeau, est un témoignage véridique et vivant du mystère de la Résurrection, c’est-à-dire de l’accomplissement de la Providence divine. Elle écoute sans relâche les paroles du Seigneur : « et voici, Je suis avec vous tous les jours » (Mt 28, 20), non comme le souvenir d’une réalité passée, mais comme une présence vivante et agissante qui transcende les temps, les limites humaines et les lois de la nature. Car le Christ, comme en témoigne saint Jean Damascène, a co-ressuscité dans Son hypostase divine notre nature, assumée du sang pur de la Toujours-Vierge Marie. Cela signifie que la Résurrection du Christ est le gage assuré de la vie éternelle (cf. 1 Co 15, 20-22), c’est-à-dire du Royaume de Dieu, où « la mort n’a plus de domination » (Rm 6, 9), mais où la vie triomphe dans les siècles. Écoutant aussi les paroles du Seigneur : « Ne crains pas, petit troupeau » (Lc 12, 32), elle appelle son troupeau sur tout le territoire de sa juridiction en Israël, dans l’État de Palestine, en Jordanie et au Qatar à demeurer sur sa terre natale de la Terre sainte, afin que s’accomplisse la parole de saint Jean Damascène : « Lève les yeux alentour, Sion, et vois : car voici qu’ils sont venus à toi, tels des astres illuminés de Dieu, de l’occident, du septentrion, de la mer et de l’orient, tes enfants qui en toi bénissent le Christ ressuscité dans les siècles. »
En la Ville sainte de Jérusalem, Pâques 2026
Avec nos prières paternelles et nos bénédictions patriarcales,
ardent suppliant auprès du Seigneur,
Théophile III
Patriarche de Jérusalem