Statistiques de l’Église orthodoxe de Finlande : « Les indicateurs sont en rouge, le potentiel est en noir »
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Les statistiques de l’Église orthodoxe de Finlande pour 2019 ont été publiées. À la fin de l’année 2019, l’Église orthodoxe de Finlande comptait 58.899 paroissiens enregistrés. Plus de 33.000 d’entre eux vivaient sur le territoire du diocèse d’Helsinki. La plus grande paroisse du diocèse est celle d’Helsinki, qui compte presque 20.000 paroissiens. La baisse du nombre des paroissiens (en tout 661 personnes) s’explique en partie par des raisons historiques : les pressions auxquelles ont fait face les orthodoxes rapatriés de Carélie [i.e. la partie devenue soviétique en 1947, ndt] continuent à influer sur la situation démographique de l’Église orthodoxe de Finlande. Dans beaucoup de ces familles, les enfants ont été baptisés dans l’Église nationale de la majorité (l’Église évangélique-luthérienne) dans l’espoir que cela leur permettrait de mieux s’adapter aux nouvelles conditions de vie. Bien qu’une partie des descendants de ces rapatriés soit revenue à l’Église orthodoxe, le déficit correspondant à la « génération perdue » se fera encore longtemps ressentir sous la forme d’indicateurs statistiques négatifs. En 2019, 737 paroissiens de l’Église orthodoxe de Finlande sont décédés. 287 personnes ont été baptisées, soit 450 de moins que l’an passé. Le déséquilibre démographique le plus saillant vient de la migration interne des diocèses de Kuopio et de Carélie, où le nombre des décès a dépassé de trois fois celui des baptisés. Le nombre de ceux qui ont quitté l’Église en 2019 est resté au niveau des indicateurs de l’année précédente, à savoir 993 personnes. De même, le nombre de ceux qui se sont convertis à l’Orthodoxie correspond à la tendance générale des dernières années : en 2019, 811 personnes sont devenues orthodoxes. L’examen des statistiques des paroisses pour 2019 a montré que, dans la plupart des cas, des personnes âgées de 20 à 34 ans quittent l’Église orthodoxe, partout en Finlande. Ce n’est pas une surprise, car c’est dans cette même tranche d’âge que l’on trouve aussi ceux qui, le plus souvent, deviennent orthodoxes. « Cela témoigne que la spiritualité et la recherche spirituelle restent actuelles, bien que l’appartenance à telle ou telle confession religieuse est regardée aujourd’hui avec un œil crtique. Durant les décennies précédentes, les offices liturgiques et l’estéthique de l’art ecclésiastique étaient considérés comme attirants. Je vois cependant qu’à notre époque l’Église peut s’adresser aux gens au niveau des questions liées à un choix quotidien. La façon de vivre orthodoxe, fondée sur l’ascétisme, est maintenant plus actuelle que jamais », constate Mgr Léon, archevêque de Helsinki et de toute la Finlande. Le groupe d’âge avec une relation changeante envers l’Église a été, l’an passé, l’objet d’un mémoire de recherche de fin d’études consacrée à l’analyse de la vie ecclésiale des jeunes adultes. Beaucoup de ceux qui ont participé au sondage considèrent que leur départ de la vie paroissiale est due au fait que la partie fondamentale de l’activité de celle-ci est orientée sur les famille avec enfants et sur les personnes âgées. « Maintenant, nous sommes conscients du problème et on recherche dans les paroisses les solutions possibles. Dans le prochain plan cible et dans le plan d’activité de l’Église orthodoxe de Finlande, le renforcement communautaire a commencé à être l’un des objectifs principaux », a déclaré l’archevêque Léon. L’Église autonome de Finlande sous l’omophore du Patriarcat œcuménique de Constantinople est multiculturelle, prenant en charge les orthodoxes de tous les confins du pays. Parmi les immigrés, le groupe le plus grand est celui des orthodoxes russophones : ils constituent 15% des paroissiens de l’Église orthodoxe de Finlande. Les autres groupes importants sont les Roumains et les Grecs. Chaque année, les immigrés constituent une partie significative de ceux qui sont devenus paroissiens de l’Église orthodoxe de Finlande. Il convient de mentionner que seule une petite partie des immigrés orthodoxes sont enregistrés dans les paroisses de l’Église orthodoxe de Finlande. « La situation est similaire à celle dans laquelle se trouvent les musulmans de Finlande. Une partie des immigrés est enregistrée dans les communautés locales, mais tous ne le font pas. La statistique est aussi semblable sous maints aspects : les uns et les autres sont plus de cent mille en Finlande » déclare le prêtre chargé du travail multiculturel de la paroisse orthodoxe d’Helsinki, l’archiprêtre Heikki Huttunen. De nombreuses personnes non enregistrées dans les paroisses de l’Église orthodoxe de Finlande prennent une part active dans la vie liturgique. « Pour beaucoup, l’enregistrement dans la paroisse devient actuel lors de la célébration de cérémonies ecclésiales, par exemple le baptême de l’enfant. Certains restent sans enregistrement pour la seule raison que l’adaptation dans une église dans le pays nouveau prend du temps. La définition de l’appartenance à la paroisse par le paiement d’une cotisation correspondante reste pour beaucoup incompréhensible », ajoute le père Heikki. Celui-ci n’est pas d’accord avec l’affirmation des réseaux sociaux, selon laquelle l’Église orthodoxe de Finlande est « russifiée ». « Dans l’Église, on ne discerne pas ce phénomène. Selon mon expérience, les orthodoxes d’origine russe qui s’enregistrent dans les paroisses locales veulent s’intégrer dans la société finlandaise. Cela est évident, par exemple, par le fait qu’ils fêtent Noël selon notre calendrier [grégorien, ndt]. On voit aussi que la décision du Patriarcat de Moscou de rompre la communion eucharistique avec le Patriarcat œcuménique a de toute évidence peu influé sur l’activité des paroissiens orthodoxes russophones de l’Église orthodoxe de Finlande », a précisé l’archiprêtre. Au contraire, des changements positifs se sont produits, toujours selon le père Heikki. « La quantité de paroissiens de ma communauté à Helsinki, dans ces dernières années, a légèrement diminué, mais la participation aux offices s’est nettement accrue. En raison de circonstances familiales, dans la paroisse d’Ilomantsi, le nombre de paroissiens a diminué au moins de moitié, cependant c’est le même nombre de paroissiens qui fréquente les offices que précédemment. Il semble que l’Église réussisse à mieux établir des contacts avec les paroissiens actifs qu’auparavant ». Encore des statistiques : fin 2019, l’Église orthodoxe de Finlande comptait 58.899 paroissiens (respectivement 59.560 fin 2018). Huit paroisses du diocèse d’Helsinki desservent 33.373 orthodoxes (respectivement 33.695 fin 2018), neuf paroisses du diocèse de Kuopio et de Carélie desservent 19.394 orthodoxes (respectivement 19.686 fin 2018) et quatre paroisses du diocèse d’Oulu comptent 5.887 orthodoxes (respectivement 5.944 en 2018). Dans la plus grande paroisse d’Helsinki, sur 19.691 paroissiens à fin 2019 (respectivement 19.389 fin 2018) presque deux tiers étaient enregistrés. Les paroisses les plus grandes sont ensuite celles de Joensuu, qui compte 5.947 paroissiens (6.034 en 2018), de Kuopio, qui compte 3.854 paroissiens (3.857 en 2018), la paroisse de Tampere, qui compte 3.172 paroissiens (3.205 en 2018), et la paroisse de Turku, qui compte 3.090 paroissiens (3.105 en 2018). La paroisse comptant le plus petit nombre de paroissiens est celle de Rautalampi, qui comptait 615 membres fin 2019 (641 en 2018). Les autres paroisses avec un nombre de paroissiens inférieures à 1000 sont celles de Hämeenlinna avec 906 paroissiens (même nombre qu’en 2018), Ilomantsi, avec 903 paroissiens (936 en 2018) et Nurmes avec 928 paroissiens (970 en 2018). Dans ces statistiques sont inclus également les paroissiens de l’Église orthodoxe de Finlande qui vivent de façon permanente à l’étranger, soit 2.530 en tout (2.525 en 2018). Toujours fin 2019, huit moniales vivaient au monastère de Lintula, tandis que huit moines vivaient au monastère de la Transfiguration du Sauveur, au nouveau Valaam. En 2021, les paroisses de l’Église orthodoxe de Finlande seront restructurées. Grâce aux réformes, la taille des paroisses augmentera : il ne restera plus dans cette Église une seule paroisse dont le nombre de membres sera inférieur à mille.

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