28/05/2017
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Archevêque Anastase de Tirana : « Le devoir de tout chrétien, c’est d’être missionnaire »

Archevêque Anastase de Tirana : « Le devoir de tout chrétien, c’est d’être missionnaire »

Il n’est pas question de nous demander « Pouvons-nous le faire? », Mais d’un commandement impératif « nous le devons! » « Allez donc, et enseignez toutes les nations. » « Allez par tout le monde et prêchez l’Évangile à toute créature. » Il n’y a pas à « considérer si vous le pouvez, » il n’y a qu’une obligation définitive, et claire de Notre Seigneur… 
Si nous nous laissons reposer en paix dans cette inertie habituelle en matière de missions, nous ne gardons pas simplement la pure lumière de la foi « sous le boisseau, » mais nous trahissons aussi l’un des éléments fondamentaux de notre tradition orthodoxe. Car l’œuvre missionnaire a toujours été une tradition au sein de l’Église orthodoxe… L’activité missionnaire n’est pas simplement quelque chose « d’utile » ou tout simplement de « gentil », mais quelque chose d’impératif, un devoir avant tout, si nous voulons vraiment être conséquents dans notre foi orthodoxe.
 
L’Église sans mission est une contradiction dans les termes. Si l’Église est indifférente à l’œuvre apostolique qui lui a été confiée, elle se renie elle-même, et contredit son essence, et elle est traîtresse dans la guerre dans laquelle elle est engagée. Une Église statique qui manque de vision et d’effort constant pour annoncer l’Évangile à l’oikoumene [« ensemble du monde habité »] ne pourrait guère être reconnue comme l’Église une, sainte, catholique et apostolique à qui le Seigneur a confié la poursuite de son œuvre.
 
L’inertie dans le domaine de la mission signifie, en dernière analyse, une négation de l’orthodoxie, un retour en arrière dans l’hérésie pratique dulocalisme… Il est impensable pour nous de parler de « spiritualité orthodoxe », de « vie en Christ, » d’imiter l’apôtre Paul, fondateur de l’Église, tandis que nous restons inertes par rapport à la mission; il est inintelligible d’écrire sur l’intense vie liturgique et spirituelle de la résurrection du Seigneur en nous, tandis que nous demeurons paresseux et indifférents à l’appel des missions, avec lesquelles le message de la Résurrection est entremêlé.
 
C’est seulement quand on se rend compte que la mission dans le monde entier est une implication initiale et de choix dans un article fondamental du Credo *, élémentaire pour la compréhension orthodoxe de ce qu’est l’Église, et que ce qui est appelé « mission » n’est pas une affaire externe, mais un besoin interne, un appel à la repentance et à nous aligner avec l’esprit de l’Évangile et de la Tradition de notre Église, c’est alors seulement nous aurons un début proprement théologique et porteur d’espoir pour ce qui vient ensuite.
 
L’Évangile est adressé à tous les peuples, et donc l’œuvre de l’Église demeure incomplète tant qu’elle est limitée à certaines zones géographiques ou à certaines classes sociales. Son champ d’action est universel et il est actif dans les deux secteurs qui accueillent les bonnes nouvelles et ceux qui au premier abord peuvent les rejeter. La mission n’était pas seulement le devoir de la première génération de chrétiens. Elle est le devoir des chrétiens de tous les temps… Le témoignage est l’expression de la vitalité de l’Église ainsi que celui d’une source de renouveau et de vigueur renouvelés… Tout le monde devrait y contribuer et y participer, que ce soit directement ou indirectement. C’est une expression essentielle de la philosophie orthodoxe.
 
Il n’est pas question ici d’obéissance, de devoir ou d’altruisme. C’est une nécessité intérieure. « car la nécessité m’en est imposée, dit saint Paul, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile! (I Corinthiens 9:16). Tous les autres motifs sont des aspects de ce besoin, des motifs dérivés. La mission est une nécessité intérieure (a) pour les fidèles et (b) pour l’Église. S’ils refusent, ils ne se contentent pas d’omettre un devoir, ils se renient. Le chrétien qui est incorporé en Christ et qui vit vraiment en Lui ne peut pas penser, sentir, être, agir ou voir le monde d’une manière différente de celle du Christ.
 
Ne nous trompons pas. Notre vie spirituelle [celle de l’Église et de tout croyant] n’acquerra pas la ferveur, la largeur, l’authenticité qu’elle devrait avoir, si nous continuons à considérer et à vivre le christianisme enclos dans les limites étroites de la communauté à laquelle nous appartenons, en oubliant son destin universel.
 
– Extraits tiré du livre:  “Monks, Missionaries and Martyrs: Making Disciples of All Nations [Moines, missionnaires et martyrs: faites des disciples dans toutes les nations. »]
 
Version française Claude Lopez-Ginisty d’après Pravmir
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Jovan Nikoloski