Jour de jeûne
Saint Martinien, saintes Zoé et Photine (Claire) de Césarée de Palestine (Vème s.) ; saint Euloge, archevêque d’Alexandrie (vers 607) ; saint Domnin de Digne (vers 379) ; saint Étienne, évêque de Lyon (vers 512) ; saint Lézin, évêque d’Angers (VIème s.) ; saint Domnin de Digne (vers 379) ; saint Castor, moine (389) ; saint Syméon le Myroblite de Serbie (1200) ; saint Séraphim (Sobolev), archevêque de Bogoutchar (1950) ; saints martyrs de Russie : hiéromartyrs Basile (Trioumfov) et Gabriel (Preobrajensky), prêtres (1919) ; saints hiéromartyrs Sylvestre, archevêque d’Omsk (1920) ; saints hiéromartyrs Zosime (Troubatchev), Nicolas (Dobrolioubov), Basile (Gorbatchev), Jean (Pokrovsky), Léonce (Grimalsky), Vladimir (Pokrovsky), Parthène (Grouzinov), Jean (Kalaboukhov), Jean (Kosinsky), Michel (Popov), prêtres et Eugène (Nikolsky), diacre, Anne (Korneev), Vera (Morozov) et Irène (Khvostov), moniales, martyr Paul (Sokolov) (1938).
SAINT MARTINIEN
Saint Martinien était originaire de Césarée de Palestine (vers la fin du IVe siècle). Épris de Dieu depuis sa jeunesse, il renonça au monde à l’âge de dix-huit ans et alla pratiquer la vie ascétique sur une montagne nommée Lieu-de-l’Arche, où vivaient d’autres saints ermites. Pendant vingt-cinq ans, il s’adonna avec une telle ardeur aux travaux de la vertu qu’il acquit le pouvoir d’accomplir des miracles. Le démon, jaloux de ces progrès, essayait bien de le distraire de sa prière continuelle par toutes sortes de bruits ou d’apparitions effrayantes et lui suggérait des pensées impures, mais le saint restait imperturbable et confiant dans le secours de Dieu.
Une femme de mauvaise vie, ayant entendu parler de la constance angélique de Martinien dans les tentations, déclara qu’il ne restait chaste que par absence d’occasions et jura qu’elle réussirait à le séduire. Elle se présenta devant sa cellule un soir de forte pluie, vêtue de haillons, en suppliant l’ascète de lui offrir un refuge pour la nuit. Touché de compassion et craignant qu’elle ne fût dévorée par les bêtes sauvages, l’homme de Dieu lui ouvrit sa porte, la réchauffa auprès d’un bon feu et lui donna quelques dattes à manger, tandis qu’il se retirait dans une pièce plus à l’intérieur, où il passa presque toute la nuit en psaumes et en prières avant de s’étendre pour dormir. Comme il se trouvait assailli par de violentes pensées charnelles au sujet de cette femme, il se leva en pleine nuit et se rendit vers sa chambre pour la congédier. Mais dès qu’il ouvrit la porte, au lieu de la pauvre mendiante, il vit se présenter devant lui la jeune femme richement parée qui d’un sourire enjôleur lui rappela les exemples des prophètes et des apôtres qui avaient pris femme, et elle réussit à ébranler l’âme de l’ascète qui avait résisté depuis tant d’années aux tentations des démons. Consentant au péché, il demanda seulement un instant pour voir à l’extérieur si quelque visiteur ne risquait pas de les surprendre. Comme il regardait à l’horizon, Dieu, prenant son serviteur en compassion, réveilla sa conscience par le rayon de sa grâce. Martinien, réalisant aussitôt l’horreur du gouffre dans lequel il se préparait à tomber, alla ramasser des branchages, alluma un feu dans son arrière-cellule et y entra pieds nus, en disant : « Vois donc, malheureux, si tu peux supporter cette brûlure ? Comment supporteras-tu le feu éternel où tu seras plongé si tu approches cette créature ? » Après être sorti une première fois du brasier, il s’y replongea en criant : « Pardonne-moi, ô mon Christ. C’est Toi seul que j’aime et c’est pour Toi que je me livre aux flammes ! » Attirée par ces cris la misérable créature accourut et, bouleversée par le spectacle du sacrifice volontaire de Martinien, elle se convertit sur l’heure, jeta ses parures dans le feu et, tombant en larmes aux pieds du saint, elle le supplia de lui montrer la voie du repentir. Martinien lui pardonna et l’envoya au couvent de sainte Paule [26 janv.], où elle resta douze années avec une telle sainteté de vie que Dieu lui accorda la grâce d’accomplir plusieurs miracles.
Quant à saint Martinien, au bout de sept mois, à peine remis de ses blessures, il décida de se retirer sur un rocher battu par les flots, en pleine mer, espérant ainsi échapper à toute autre tentation de la chair. Il passa là dix années, exposé jour et nuit aux intempéries, subsistant du travail de ses mains et de quelques vivres qu’un navigateur lui apportait trois fois par an. Malgré tant de précautions pour s’assurer une sainte tranquillité, il devait encore apprendre qu’il n’est pas un seul endroit sur cette terre où l’on puisse être totalement préservé de la tentation. Une nuit, alors qu’un navire croisait à proximité, le démon déclencha brutalement une si violente tempête que le vaisseau sombra dans les flots déchaînés, avec tous ses passagers, et ne laissa comme rescapée qu’une jeune fille d’une grande beauté qui, soutenue par une planche, parvint en vue du rocher de Martinien. En apercevant le saint, elle lui cria de venir à son secours. Martinien décela qu’il devait s’agir d’une nouvelle tentation du Malin. Il s’arma de la prière et tira la jeune fille de l’eau. Mais il lui dit aussitôt : « Nous ne pouvons pas demeurer ensemble ici. Voici du pain et de l’eau. Dans quelques jours, un navigateur qui a coutume de me ravitailler viendra aborder. Raconte-lui ton histoire et il te ramènera dans ta patrie. » Après lui avoir recommandé de pratiquer la vertu, il fit le signe de la Croix et se jeta dans la mer. À ce moment deux dauphins, envoyés par la Providence, le recueillirent sur leur dos et le menèrent, sain et sauf, jusqu’au rivage. Rendant gloire à Dieu, le saint décida alors de vivre en étranger, errant de lieu en lieu, et subsistant d’aumônes, sans se lier d’amitié avec qui que ce soit, afin d’échapper à la tentation. En deux ans, il traversa ainsi plus de cent soixante-quatre villes et parvint enfin jusqu’à Athènes, où Dieu lui révéla que sa dernière heure était arrivée. L’évêque informé vint rendre visite à l’homme de Dieu, et il lui demanda, pour lui et son peuple, sa prière quand il parviendrait au Paradis. C’est ainsi que Martinien rendit son âme au Seigneur pour recevoir la couronne des martyrs, car il était volontairement passé par le feu et par l’eau (Ps 65, 12), afin de garder intacte sa pureté. Quant à la jeune naufragée, nommée Photine, elle resta volontairement sur le rocher, à l’exemple de Martinien, pendant six ans, ravitaillée par le navigateur. Vêtue en homme, travaillant dur de ses mains et persévérant constamment dans la prière, elle rendit saintement son âme à Dieu, à l’âge de vingt-cinq ans, et fut ensevelie avec solennité à Césarée de Palestine.
(Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)
TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR
Tropaire de saint Martinien, ton 8
Sous les flots de tes larmes tu as éteint, * Bienheureux, la flamme des tentations: * puis, ayant soumis les vagues de la mer * et l’élan des monstres marins, tu t’écrias: * Sois glorifié, Seigneur tout-puissant * qui m’as sauvé de la tempête et du feu.
Tropaire du saint hiérarque Séraphim, archevêque de Bogoutchar, ton 4
Toujours enflammé du zèle divin, tu fus une colonne de l’Orthodoxie, ayant brillé dans la cité de Sofia et amené de nombreuses âmes au Christ ; ô bon pasteur, hiérarque Séraphim, prie le Christ Dieu de sauver nos âmes.
Kondakion de saint Martinien, ton 2
Comme ascète éprouvé, comme volontaire martyr, * comme courageux citoyen du désert, * en nos hymnes acclamons comme il se doit * le vénérable Martinien, * car il a foulé aux pieds le perfide serpent.
Kondakion du saint hiérarque Séraphim, archevêque de Bogoutchar, ton 4
Tu t’élevas sur la hauteur de la chasteté, et fus un maître de la piété, défenseur de l’Orthodoxie et intercesseur pour les étrangers, louange des moines et pasteur excellent ; aussi nous t’acclamons avec amour : réjouis-toi, Séraphim le thaumaturge !
ÉPITRE DU JOUR
II Jn I,1-13
L’ancien, à Kyria l’élue et à ses enfants, que j’aime dans la vérité, -et ce n’est pas moi seul qui les aime, mais aussi tous ceux qui ont connu la vérité, à cause de la vérité qui demeure en nous, et qui sera avec nous pour l’éternité : que la grâce, la miséricorde et la paix soient avec vous de la part de Dieu le Père et de la part de Jésus Christ, le Fils du Père, dans la vérité et la charité ! J’ai été fort réjoui de trouver de tes enfants qui marchent dans la vérité, selon le commandement que nous avons reçu du Père. Et maintenant, ce que je te demande, Kyria, -non comme te prescrivant un commandement nouveau, mais celui que nous avons eu dès le commencement, -c’est que nous nous aimions les uns les autres. Et l’amour consiste à marcher selon ses commandements. C’est là le commandement dans lequel vous devez marcher, comme vous l’avez appris dès le commencement. Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c’est le séducteur et l’antéchrist. Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense. Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! Car celui qui lui dit : Salut ! Participe à ses mauvaises œuvres. Quoique j’eusse beaucoup de choses à vous écrire, je n’ai pas voulu le faire avec le papier et l’encre ; mais j’espère aller chez vous, et vous parler de bouche à bouche, afin que notre joie soit parfaite. Les enfants de ta sœur l’élue te saluent.
ÉVANGILE DU JOUR
Mc XV,22-25,33-41 Ils conduisirent Jésus au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne. Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de myrrhe, mais il ne le prit pas. Ils le crucifièrent, et se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir ce que chacun aurait. C’était la troisième heure, quand ils le crucifièrent. La sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani? ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? Quelques-uns de ceux qui étaient là, l’ayant entendu, dirent: Voici, il appelle Élie. Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant : Laissez, voyons si Élie viendra le descendre. Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit: Assurément, cet homme était Fils de Dieu. Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé, qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
