5 mars (ancien calendrier) / 18 mars (nouveau)

Grand Carême – Liturgie des Présanctifiés

Saint Conon d’Isaurie, thaumaturge, martyr (Ier s.) ; saint Conon le jardinier, martyr en Palestine (IIIème s.) ; saint Euloge de Palestine, martyr (Vème s.) ; saint Eulampe, martyr en Palestine ; saint Marc l’ascète (Vème) ; saint Marc d’Athènes (Vème s.) ; saint Virgile, évêque d’Arles (610) ; saint Drausin, évêque de Soissons (674) ; saint Adrien de Pochekhon, moine, martyr (1550) ; saint Jean le bulgare (1784) et saint Georges de Rapsanée (1818), néomartyrs grecs ; saints néo-martyrs de Russie : Nicolas (Pokrovsky), prêtre (1919), Jean (Mirotvortsev), prêtre, Mardare (Isaïev) et Théophane (Grafov) (1938) ; invention des reliques de saint Luc, confesseur, archevêque de Simferopol (1996).

SAINT CONON D’ISAURIE

Saint Conon d’Isaurie, thaumaturge, martyr (Ier s.)

Saint Conon vivait au temps des Apôtres dans la cité de Bidane, située à quelques stades de Séleucie Trachéotis (auj. Silifke), la métropole de l’Isaurie. Il fut initié à la foi par l’Archange Michel qui lui apparut revêtu d’un costume resplendissant, le baptisa au nom de la Sainte Trinité et le fit communier aux saints Mystères. Pendant tout le reste de sa vie, le saint Archange ne cessa de l’assister et lui donna le pouvoir d’accomplir des miracles. Ce fut sous son inspiration que, contraint par ses parents de prendre épouse, Conon réussit à convaincre sa compagne, Anne, de vivre comme frère et sœur, afin de cultiver ensemble la fleur incorruptible de la virginité. Par l’exemple de cette vie sainte et de ses paroles, il réussit à convertir ses parents, et il semble que son père, Nestor, remporta la couronne du martyre après avoir confessé le Christ.

À la veille de célébrer une de leurs fêtes impies dans une caverne située assez loin de la ville, des idolâtres s’en prirent au saint. Afin de faire trêve de vaines disputes, ils s’entendirent pour rivaliser de vitesse vers la grotte, le premier arrivé démontrant la supériorité de son dieu. Saint Conon partit à pied ; mais, assisté par l’Archange Michel, il y parvint le premier, frais et dispos, bien avant les païens qui, montés sur leurs chevaux, n’arrivèrent que bien plus tard, essoufflés et en sueur. Stupéfaits devant ce miracle, ils n’en demeurèrent pas moins endurcis dans leur impiété, et voulurent apprendre de leur idole, elle-même, quel dieu était le plus grand. Sur l’ordre du saint, le démon qui se cachait dans l’idole vint se prosterner à ses pieds en confessant : « Un est le vrai Dieu, le Christ que tu proclames ! » Les païens s’écrièrent alors à haute voix : « Oui, Un est le vrai Dieu, le Dieu de Conon. C’est le Dieu de Conon qui a vaincu ! » Dans la suite des temps, c’était par cette acclamation que les habitants d’Isaurie célébraient chaque année la mémoire de leur saint patron.

On raconte que saint Conon avait acquis, grâce à sa virginité et à l’assistance de l’Archange Michel, une telle puissance sur les démons qu’il commandait aux uns d’aller cultiver la terre comme des esclaves et qu’il en avait enfermé d’autres dans des cruches en terre cuite, qu’il avait enfouies dans les fondements de sa demeure. Lorsque le gouverneur Magnos arriva en Isaurie ayant pour mission d’exécuter les édits impériaux contre les chrétiens, saint Conon fut arrêté et conduit devant lui. Il fut cruellement flagellé, mais ne cessa pas de proclamer sa foi. En apprenant cela, le peuple, qui dans sa majorité avait embrassé la foi grâce à la prédication de Conon, se précipita dans un grand tumulte sur les lieux du supplice, en vue de délivrer le saint. Le gouverneur, craignant pour sa vie, prit la fuite, et l’on put transporter le saint tout ensanglanté dans sa maison, où il rendit paisiblement son âme au Seigneur deux années plus tard.

Peu de temps après le repos de saint Conon, les chrétiens du lieu conçurent le projet de transformer sa maison en église. Au cours des travaux, l’un d’eux trouva dans les fondations un des récipients qui contenait les esprits impurs. Voyant que la cruche était scellée et bien lourde et croyant qu’elle contenait de l’or, il l’ouvrit. Les démons en sortirent alors sous la forme d’un feu qui renversa à terre les constructeurs, fit s’effondrer l’église et réduisit en cendres tous les matériaux combustibles. Ils s’établirent ensuite dans ces ruines, dont nul ne pouvait s’approcher après le coucher du soleil. Les chrétiens proclamèrent alors un jeûne et élevèrent d’ardentes supplications pour demander l’assistance du saint. Ce dernier ne tarda pas à intervenir et purifia le lieu de ce fléau.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire de saint Conon, ton 4

Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu’il a mené / a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d’immortalité; / animé de ta force, il a terrassé les tyrans / et réduit à l’impuissance l’audace des démons; / par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

Kondakion de saint Conon, ton 3

Purement comme un ange sur terre tu vécus, / aussi tu méritas la compagnie des Anges dans le ciel; / tu portas tes parents à la connaissance du Christ; / puis, ayant confessé le Dieu unique en la Trinité, / jusqu’au sang tu as lutté, saint Martyr: / sans cesse pour nous tous intercède auprès de Dieu.

LECTURES DE L’ANCIEN TESTAMENT

Isaïe XXVI, 21 – XXVII, 9

Car voilà que le Seigneur, de son lieu saint, amène sa colère sur les habitants de la terre, et la terre montrera le sang qu’elle a bu, et elle ne recèlera plus ceux qu’on avait tués. En ce jour-là Dieu tirera son épée sainte, sa grande et forte épée, contre le dragon fuyant, contre le dragon aux replis tortueux, et Il tuera le dragon. Et ce jour-là, il y aura un beau vignoble, et le désir de chanter sur la vigne. Je suis une ville forte, une ville assiégée; vainement Je lui porterai à boire. Car elle sera prise la nuit, et le jour ses murs tomberont ; il n’est point de femme qui ne s’en soit emparée. Qui me placera pour garder la récolte dans un champ ? À cause de cet état de guerre, Je l’ai négligée. C’est pourquoi le Seigneur a fait toutes les choses qu’Il avait ordonnées. J’ai été brûlée. Ses habitants crieront : Faisons la paix avec lui, faisons la paix. Ceux qui viennent sont des enfants de Jacob. Et Israël germera, et il fleurira, et la terre sera remplie de son fruit. Est-ce que Dieu les frappera, comme Il a frappé? Les tuera-t-Il comme Il a tué les autres ? Il les renverra avec des paroles de reproche et de colère. N’est-ce pas vous qui, dans un esprit de dureté, vouliez les tuer du souffle de votre courroux? A cause de cela l’iniquité de Jacob lui sera remise; et cela même sera pour lui une bénédiction, puisque Je lui remettrai ses péchés lorsqu’ils auront brisé les pierres de leurs autels, et qu’ils les auront réduits en poudre, et que leurs arbres n’existeront plus, et que leurs idoles seront abattues comme leurs grands bois sacrés.

Genèse IX, 18 – X, 1

Or, les fils de Noé qui sortirent de l’arche étaient Sem, Cham et Japhet ; Cham fut le père de Chanaan. Tels sont les trois fils de Noé, pères des hommes qui furent semés sur toute la terre. Noé commença à travailler à la terre, et il planta une vigne. Et il but du vin, et, s’étant enivré, il se mit nu en sa demeure. Or, Cham, le père de Chanaan, vit la nudité de son père, et il s’en alla le dire à ses deux frères au dehors. Mais Sem et Japhet ayant pris un manteau, l’étendirent ensemble sur leurs épaules, s’approchèrent à reculons, et cachèrent la nudité de leur père ; leur visage regardait à l’opposé, et ils ne virent point la nudité de leur père406. Or, Noé, étant sorti du sommeil causé par le vin, apprit ce qu’avait fait à son sujet son fils puîné. Et il dit : Maudit soit l’esclave Chanaan ; il sera le serviteur de ses frères. Il dit ensuite : Béni soit le Seigneur, le Dieu de Sem, et l’esclave Chanaan sera serviteur de Sem. Que Dieu multiplie Japhet, que celui-ci habite sous les tentes de Sem, et que Chanaan soit son esclave. Noé vécut, après le déluge, trois cent cinquante ans. Et tous les jours de Noé formèrent neuf cent cinquante ans, et il mourut. Voici les générations des fils de Noé : Sem, Cham et Japhet ; des fils leur naquirent après le déluge.

Proverbes XII, 23 – XIII, 9

L’homme intelligent est un trône de science ; le cœur des insensés ne rencontrera que malédictions. La main des élus aura sans peine la domination ; les trompeurs seront livrés au pillage. Les rumeurs sinistres troublent le cœur des justes ; une bonne nouvelle les réjouit. L’arbitre équitable est ami de soi-même ; les calamités poursuivront le pécheur, et la voie des impies les mènera aux égarements. Le trompeur n’atteindra pas de proie ; c’est une richesse précieuse que d’être pur. Dans les voies de la justice est la vie ; les voies des vindicatifs mènent à la mort. Le fils habile obéit à son père ; le fils indocile marche à sa perte. L’homme bon se nourrit des fruits de la justice ; les âmes des pécheurs périront avant le temps. Veiller sur sa bouche, c’est garder son âme ; avoir les lèvres téméraires, c’est se préparer des sujets de crainte. L’oisif est toujours dans les regrets ; les mains de l’homme fort sont diligentes. Le juste hait les paroles injustes ; l’impie sera confondu, et n’aura pas la liberté. La justice protège les hommes intègres, mais l’impiété entraîne les méchants dans le péché. Les uns se donnent pour riches, et n’ont rien ; et d’autres se font humbles avec une grande richesse. La richesse d’un homme est la rançon de sa vie ; le pauvre ne réside pas à une menace. La lumière brille perpétuellement sur les justes ; la lumière des impies s’éteint. Les âmes artificieuses s’égarent dans le péché, tandis que les justes sont compatissants et miséricordieux.

À propos de l'auteur

Photo of author

Jivko Panev

Jivko Panev, cofondateur et journaliste sur Orthodoxie.com. Producteur de l'émission 'Orthodoxie' sur France 2 et journaliste.
Lire tous les articles par Jivko Panev

Articles populaires

Recension: Hiéromoine Grégoire du Mont-Athos, «La foi, la liturgie et la vie de l’Église orthodoxe. Une esquisse de catéchisme orthodoxe»

Ce catéchisme est particulièrement bienvenu pour les parents en attente, pour leurs enfants d’un catéchisme orthodoxe fiable, mais aussi pour ...

Jean-Claude Larchet, « « En suivant les Pères… ». La vie et l’œuvre du père Georges Florovsky »

Vient de paraître: Jean-Claude Larchet, « “En suivant les Pères… ”. La vie et l’œuvre du Père Georges Florovsky », ...

30 avril

Saint Jacques, fils de Zébédée, apôtre, martyr (44) ; saint Maxime, martyr à Ephèse (vers 251); saint Donat, évêque d’Euria ...

17 avril (ancien calendrier) 30 avril (nouveau)

Saint Siméon, évêque de Perse, avec saints Abdelaûs et Ananias, prêtres, l’eunuque Husdazate, Azate avec leurs 1150 autres compagnons, tous ...

42 pages perdues des Épîtres de saint Paul retrouvées dans un ancien manuscrit

Quarante-deux pages perdues des Épîtres du saint apôtre Paul ont été retrouvées dans un ancien manuscrit, une découverte que les ...

Questions du cœur avec le père Irénée Gribov : « Le chrétien doit-il être théologien ? »

Dans ce nouvel épisode, le père Irinée Gribov élargit la réflexion entamée dans les épisodes précédents — centrés sur le ...

RCF Hérault : Le dimanche des Saintes Femmes Myrophores

L’émission hebdomadaire de RCF Maguelone Hérault qui vous fait découvrir la vie des communautés orthodoxes. Traditions, événements et actualités du ...

RCF Bordeaux, «Les chemins de l’orthodoxie» : « La plus belle manière de vivre »

Le père Jean-Claude Gurnade, nous propose d’aller à la découverte du dernier livre de Bertrand Vergely ayant pour titre « La ...

29 avril

Jour de jeûne Les neuf saints Martyrs de Cyzique : saints Théognide, Rufus, Théostique, Antipater Artème, Magnus, Théodote, Thaumase et ...

16 avril (ancien calendrier) 29 avril (nouveau)

Jour de jeûne Saintes Agapie, Irène et Chionie, martyres à Thessalonique (304) ; saint Léonide, saintes Charisse, Niké, Galine, Callista, ...

Bénédiction de la nouvelle iconostase de l’église orthodoxe des Saints-Cyrille-et-Méthode à Pantin

L’église des Saints-Cyrille-et-Méthode, sous la juridiction de l’Église orthodoxe macédonienne – Archevêché d’Ohrid, a accueilli dimanche 26 avril une liturgie ...

Patriarcat de Géorgie : le Saint-Synode se réunit aujourd’hui pour désigner les trois candidats au patriarcat

Une journée d’importance historique se déroule aujourd’hui pour l’Église orthodoxe de Géorgie : le Saint-Synode s’est réuni afin d’engager le ...

Le métropolite Marc a présidé la fête onomastique de la cathédrale Sainte-Marie-Madeleine à Madrid

Le 26 avril 2026, 3e dimanche après Pâques, celui des saintes femmes-myrophores, la Divine Liturgie fut célébrée en la cathédrale ...

Parution : « Relations et échanges entre les Églises orthodoxes chalcédoniennes et non-chalcédoniennes, hier et aujourd’hui »

Christine Chaillot (dir.), « Relations and Exchanges between the Eastern Orthodox (Chalcedonian) and the Oriental Orthodox (Non-Chalcedonian) Churches in the ...

RCF Aix-Marseille : Les apocryphes chrétiens – Un genre littéraire issu du judaïsme

Les écrits apocryphes, littéralement « cachés », sont nés dans la diversité foisonnante des premières communautés chrétiennes entre le IIᵉ ...

15 avril (ancien calendrier) / 28 avril (nouveau)

Saints Apôtres des 70 : Aristarque, Pudens et Trophime (vers 67) ; saintes Anastasie et Basilisse, martyres à Rome (Ier ...

28 avril

Saints Jason et Sosipater, apôtres, sainte Cercyre, et leurs compagnons martyrs à Corfou (I°) ; saints Zenon, Eusèbe, Néon et ...

Vient de paraître : « Théophanô, sainte  impératrice byzantine : sa vie et son culte dans la Constantinople du IXᵉ siècle »

Le livre Rares sont les femmes que l’Église byzantine a reconnues et vénérées comme saintes. L’impératrice Théophanô (née en 867 ...