Fête de saint Jacques, le Frère du Seigneur, à Jérusalem

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Le lundi 5 novembre/23 octobre 2018, le patriarcat de Jérusalem a célébré la mémoire de saint Jacques, le Frère du Seigneur, dans la cathédrale qui porte son nom, située entre le siège de la fraternité hagiotaphite et l’église du saint sépulcre, et qui sert de passage interne entre les deux églises.
L’Église célèbre ce glorieux saint en tant que Frère du Seigneur, comme le frère de notre Seigneur dans la chair, car il était le fils de Joseph selon la chair, qui est considéré par la loi comme le père de notre Seigneur Jésus Christ et le mari de la Théotokos. L’Église célèbre aussi saint Jacques en tant que premier évêque de l’Église de Jérusalem, comme l’auteur d’une épître qui porte son nom dans le Nouveau Testament, comme celui qui présida le Synode apostolique en 49 après Jésus-Christ et comme un juste, assassiné par les juifs car il prêchait que Jésus est le Christ.
La fête a été célébrée la veille au soir par les Vêpres et le matin au cours de la Divine Liturgie présidée par le patriarche de Jérusalem Théophile III, avec la participation de Mgr Aristarche de Constantine, de Mgr Philoumenos de Pella et de Mgr Joachim d’Hélénoupolis, de hiéromoines de langue arabe et grecque, du recteur de la cathédrale le père Farah Baddour, de l’archidiacre Marc et du diacre Hader.
Le patriarche Théophile a prononcé une homélie à la fin de la Liturgie :
« Les justes posséderont la terre, là ils habiteront pour toujours » (Psaume 37, 29).
Chers frères et sœurs en Christ, chers pèlerins,
Nous nous retrouvons aujourd’hui dans cette sainte église dans la joie, afin d’honorer la mémoire du saint martyr et apôtre Jacques, le Frère du Seigneur et premier hiérarque de l’Église de Jérusalem.
En tant que Juste, saint Jacques devint l’héritier de la terre sacrée de Palestine et, avec ses successeurs, à savoir les évêques et patriarches de l’Église de Jérusalem, il en devint l’habitant éternel, « pour toujours et à jamais ».
Son ministère apostolique en tant que premier hiérarque de l’Église de Jérusalem et ainsi présent de façon permanente en Terre Sainte à travers les âges, fut scellé par son sang en tant que martyr pour l’amour du Christ. De plus, la prédication du salut par l’incarnation de Dieu le Verbe, Jésus Christ, est attestée par l’épître inspirée de Dieu, écrite par saint Jacques, dont le contenu et l’enseignement ont comme thème et objectif de nous enseigner à propos des tentations et de la patience.
« Tenez pour une joie suprême, mes frères, d’être en butte à toutes sortes d’épreuves ; vous le savez : bien éprouvée, votre foi produit la constance » (Jacques 1, 2-3), écrit saint Jacques. Et plus précisément, vous vous réjouirez de ces chagrins et de ces tentations, quand vous saurez que l’épreuve de votre foi à travers les chagrins a pour résultat une patience sûre, complète et indéfectible.
En interprétant ces paroles, saint Ecumenios nous dit : « Ce n’est pas sans épreuves, tant par le monde que par Dieu, que nous devenons dignes des couronnes de la gloire ». Dans le prolongement de cette interprétation, il cite les paroles de sagesse du Siracide : « Mon enfant, si tu aspires à servir le Seigneur, prépare-toi à des épreuves » (Livre du Siracide 2.1). Il ajoute aussi les paroles du Seigneur : « Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde ». (Jean 16, 33). Et encore : « La porte est étroite, et le chemin qui mène à la vie est étroit » (Matthieu 7, 14).
Selon saint Jacques, la foi ne doit pas se limiter aux « épreuves », à savoir la tristesse et la patience, mais aussi à l’accomplissement d’œuvres bonnes et agréables à Dieu : « A quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu’un dise : « J’ai la foi », s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut- elle le sauver ? ». (Jacques 2, 14).
Commentant ces paroles, saint Jean Chrysostome écrit : « [Saint Jacques] a nommé la foi après le travail. Par conséquent, le fait que vous ayez cru et entouré votre foi d’oeuvres, ne signifie pas que la foi manque d’oeuvres, mais [au contraire] la foi elle-même est pleine de bonnes oeuvres. Les œuvres viennent des gens et sont dirigées vers les gens, tandis que la foi vient des gens et est dirigée vers Dieu. Et si la foi doit être complétée par des œuvres, il est nécessaire d’être revêtu de foi avant que les œuvres ne soient accomplies ».
En d’autres termes, mes chers frères, les œuvres sont ce qui vivifie la foi. Et il en est ainsi parce que, de même que le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres de vertu n’est pas une foi vivante, mais une foi morte, comme l’enseigne saint Jacques : « Comme le corps sans l’âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est-elle morte ». (Jacques 2, 26).
Saint Jacques, qui parle de grandeur et d’autorité tout au long de son épître, était considéré comme « la colonne de l’Église » selon le témoignage de saint Paul dans sa lettre aux Galates (Gal. 2, 9).
Sans aucun doute, saint Jacques le Frère du Seigneur demeure « le pilier » et « la pierre fondatrice » de l’Église et surtout de l’Église de Jérusalem, parce qu’il est devenu participant au martyre du Christ sur la Croix, c’est-à-dire de son sang rédempteur, sur lequel la pierre fondatrice de l’Église fut placée.
En d’autres termes, saint Jacques est la pierre fondatrice de l’institution sacrée de la succession apostolique qui a été établie par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, comme le dit saint Paul : « Et ceux que Dieu a établis dans l’Eglise sont premièrement les apôtres ». (1 Cor. 12, 28). Et les successeurs immédiats des apôtres sont les évêques de nos Églises orthodoxes dans le monde entier.
Cela signifie que l’institution de la « succession apostolique » est la garantie de la préservation des frontières naturelles et spirituelles à l’intérieur desquelles vit et existe le corps mystique du Christ, c’est-à-dire l’Église. « Il est la tête du corps de l’Église » (Col 1, 18) proclame saint Paul.
Saint Porphyre, notre contemporain, nous dit : « Nous sommes de vrais chrétiens, quand nous nous sentons au plus profond de nous-mêmes membres du corps mystique du Christ, de l’Église, dans une relation continue d’amour ; quand nous vivons en union avec le Christ, c’est-à-dire quand nous sentons l’unité dans son Église, sentant que nous sommes un. C’est pourquoi le Christ prie son Père en disant « qu’ils soient un » (Jean 17, 11-12). C’est le sens le plus profond de l’Église. C’est là que réside le mystère, afin que tous les hommes soient unis comme s’ils étaient une seule personne en Dieu ».
L’institution de la succession apostolique est vivifiée par l’Esprit Saint qui est actif dans la vie liturgique de l’Église, dans le sacrement de la sainte eucharistie. C’est pourquoi saint Jacques exhorte les fidèles à prier. « Priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance » (Jacques 5, 16). Comme preuve du pouvoir de la prière, saint Jacques donne l’exemple du prophète Élie en disant : « Elie était un homme semblable à nous : il pria instamment qu’il n’y eût pas de pluie, et il n’y eut pas de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois ». (Jacques 5, 17).
Nous qui honorons aujourd’hui la mémoire de saint Jacques et écoutons ses paroles : « La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance », nous l’implorons et chantons avec l’hymnographe : « Tu as établi la loi de la vie pour l’Église du Christ, l’ordonnant et l’annonçant dans l’Esprit donateur de vie. Intercède auprès du Christ notre Dieu pour que le pardon de nos transgressions nous soit accordé, et que sa paix sera envoyée aux Églises ». Amen.

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