L’archevêque de Telmessos Job a donné une interview à la BBC concernant la question ukrainienne

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Dans une interview à la BBC, l’archevêque de Telmessos Job (Patriarcat œcuménique) a donné une interview au sujet de la question ecclésiale ukrainienne. Le texte de l’entretien est disponible en totalité (en russe) ICI ! Nous publions ci-dessous des extraits, avec les questions du journaliste suivies des réponses de l’archevêque Job :
1. Concernant le moment de la création de la nouvelle Église d’Ukraine : « avant de réaliser cette décision [d’accorder l’autocéphalie], il y a certaines questions qui doivent être résolues, et en temps voulu [la nouvelle Église] apparaîtra ».
2. Comment considérez-vous les hiérarques et les prêtres de l’Église orthodoxe russe : « Je les considère comme des frères parce que nous, l’Église de Constantinople, n’avons pas rompu les relations avec eux »
3. Concernant les réactions de Moscou à l’action entreprise par Constantinople : « Les réactions de Moscou sont compréhensibles et nous les attendions. Mais nous ne pouvons vivre sous les menaces et rester indifférents au salut de millions de personnes seulement parce quelqu’un ne le souhaite pas. Tous les gens doivent comprendre dans une certaine mesure qu’il faut trouver une issue ».
4. L’autorité du Patriarcat œcuménique : « Les Conciles œcuméniques ont donné au Trône de Rome et de Constantinople comme second après lui, les même privilèges. Si nous ne le reconnaissons pas, cela veut dire que nous ne reconnaissons pas l’enseignement des Conciles œcuméniques et que nous renions l’orthodoxie ».
5. Qu’arrivera-t-il si la rupture de la communion de Moscou avec Constantinople dure longtemps : « Nous espérons que Moscou reviendra à la raison et à l’unité avec le Trône œcuménique, parce que celui-ci de ne veut pas rompre les relations avec l’Église orthodoxe en Russie. Mais si une telle situation perdure, alors, le Trône œcuménique, en tant que premier trône de l’Orthodoxie universelle, sera contraint à prendre certaines mesures. À recourir à certaines décisions pour assurer l’unité de l’Église ».
6. Au sujet de savoir combien des Églises orthodoxes locales sont préparées à reconnaître la nouvelle Église en Ukraine : « Je pense que la plupart d’entre elles sont prêtes ».
7. Le statut des évêques du « Patriarcat de Kiev » et de « l’Église autocéphale d’Ukraine » : « Ces évêques ont été rétablis comme hiérarques au sein de l’Église universelle, et nous attendons maintenant le prochain pas, lorsque tous ces évêques s’uniront dans la nouvelle structure, l’Église orthodoxe en Ukraine à laquelle sera donnée un tomos d’autocéphalie. Nous n’avons pas reconnu Philarète et Macaire comme primats de leurs Églises, nous n’avons pas dit que le Patriarcat de Kiev et l’Église autocéphale d’Ukraine sont légitimes, car ce serait très illogique : cela signifierait que nous avons reconnu deux structures ecclésiales parallèles, qui plus est parallèle à la troisième structure canonique, qui serait le Patriarcat de Moscou ».

8. L’effet de la décision du Patriarcat œcuménique du 11 octobre : « Il est aussi très important que la décision du Synode du 11 octobre a aboli l’acte de 1686. D’un point de vue canonique, cela signifie que l’Église du Patriarcat de Moscou n’existe plus en Ukraine. Selon la décision de ce synode, tous les hiérarques en Ukraine sont de facto hiérarques du Trône œcuménique, et ils doivent maintenant attendre la directive du Patriarcat œcuménique quant à leur fonctionnement et leur existence futures dans la perspective de l’octroi de l’autocéphalie à l’Église orthodoxe d’Ukraine ».
9. Au sujet de la convocation du Concile par le patriarche œcuménique : « Oui ». « Quand ? » « Lorsqu’il considérera que le temps est venu ».
10. Comment la nouvelle Église doit-elle être appelée ? « L’Église orthodoxe en Ukraine ». « Elle doit unir tous les fidèles résidant sur le territoire de l’Ukraine, indépendamment de leur origine, de leur nationalité, de leur citoyenneté. Tous les fidèles orthodoxes qui se trouvent sur le territoire de l’Ukraine appartiendront à l’Église orthodoxe en Ukraine ».
11. Dans cette nouvelle Église, les offices seront-ils célébrés seulement en ukrainien ? « Chaque Église dans une région donnée doit servir les besoins des fidèles. S’ils sont russophones, hellénophones, roumanophones ou anglophones sur ce territoire, l’Église doit les desservir dans ces langues ».
12. La nouvelle Église doit-elle être présidée par un patriarche ? « À ce moment, nous parlons de l’autocéphalie de la métropole de Kiev. Dans l’histoire de l’Église à Kiev, il y a toujours eu un métropolite de Kiev, et bientôt c’est au métropolite de Kiev que l’on accordera un tomos d’autocéphalie. Qu’il soit promu au niveau d’un patriarche ou non, cela est une autre question.
13. Le Patriarcat de Kiev prétend qu’il aura la majorité des évêques au Concile et il est donc garanti que Philarète sera le nouveau primat. « Je le répète, si le patriarche œcuménique s’est dirigé vers l’autocéphalie de l’Église ukrainienne et a commencé le processus d’octroi de l’autocéphalie, le but de tout cela n’est pas de satisfaire quelque ambition personnelle ou des questions personnelles. Le but est de remédier au schisme, d’unir l’Orthodoxie en Ukraine. Aussi, je pense personnellement que le critère principal d’une personne qui devrait être élue le chef de la nouvelle Église orthodoxe en Ukraine doit être une personne douée d’un charisme pour unir les gens autour de lui ».
14. Philarète peut-il être considéré comme le seul candidat ? « À ce moment, chaque évêque en Ukraine peut être considéré comme candidat au poste de primat ».
En outre, l’archevêque Job a souligné que « dans chaque pays le parlement consiste de députés qui sont élus par le peuple, c’est-à-dire dans chaque démocratie. Et chaque député est la voix de son peuple. Aussi, lorsque la majorité des voix de la Rada suprême d’Ukraine s’est adressée au Patriarcat œcuménique, cela signifie que la majorité du peuple ukrainien s’est adressée au Patriarcat œcuménique pour demander l’octroi de l’autocéphalie ». Enfin, à la question de savoir si, à partir du moment où chaque État indépendant a droit à son Église autocéphale, cela est applicable au 50 États africains qui sont sous l’omophore du Patriarche d’Alexandrie, l’archevêque Job a répondu : « Je le répète, cela n’est pas obligatoire. Au Patriarcat d’Alexandrie, chaque métropole, chaque diocèse est organisé dans le cadre de chaque État indépendant. Mais si l’État veut avoir une structure autocéphale pour son Église, il en a le droit ».

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