Dans un long article, l’évêque de Backa Irénée s’est exprimé sur la question de la Communion avec une seule cuiller et la possibilité de contagion qui en résulterait. Nous publions ci-après une partie de cet article.

L’évêque de Bačka Irénée s’est exprimé sur la question de la communion avec une seule cuiller et sur la contagion que certains attribuent aux saints dons
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… La question de la communion distribuée d’une seule cuiller comme étant dangereuse, et même contagieuse, tandis que la communion de chaque fidèle avec une cuiller individuelle serait recommandable et « sûre », est totalement déplacée et insensée. Il est absolument impossible de communier à « un seul pain et un seul calice » [liturgie de saint Basile] et ce faisant d’éviter tout contact avec les autres personnes. Ce n’est pas même possible dans la vie habituelle : tout produit, à commencer par le pain habituel, et chaque objet, à commencer par le verre le plus habituel, passe de toute façon par beaucoup de mains avant d’atteindre les nôtres. Ainsi, ni dans quelles circonstances que ce soit, voire celles de l’épidémie et de la pandémie, aucun être humain ne peut vivre dans un isolement total, sans aucun contact avec les autres êtres humains, à commencer par la famille en tant que cellule fondamentale de la société jusqu’à la société dans son intégralité. Tout cela est valable aussi lorsqu’il est question du saint mystère de l’eucharistie et de la communion elle-même : le pain d’oblation qui deviendra le Pain de vie en tant que corps du Christ est pétri et cuit par quelqu’un, il passe, avant et pendant la liturgie, par les mains du lecteur ou du sacristain, et juste avant la communion des fidèles, l’évêque, les prêtres et les diacres communient au saint calice. Ils boivent du même calice, sans aucune cuiller et, après la communion des fidèles, les prêtres et les diacres consomment tout le reste des saintes espèces qui se trouvent dans le calice. En conséquence, quel que soit le nombre de cuillers qui est utilisé, cela ne change pas le problème, car on ne peut éviter le contact pendant la même communion. Dans certaines Églises locales, dont la nôtre, certains ont eu l’idée de communier de façon « primitive », invoquant la liturgie du saint apôtre Jacques. C’est ainsi que les fidèles prendraient eux-mêmes le saint Agneau trempé dans le sang du Christ, ce qui permettrait d’éviter une contagion éventuelle (o tempora, o mores!). Or, ils passent sous silence que leur façon de communier les fidèles ne ressemble même pas à celle de la liturgie de saint Jacques, au cours de laquelle tous les communiants, après que le célébrant leur a donné dans la main une parcelle du saint Agneau (c’est-à-dire qu’ils ne la prennent pas eux-mêmes), boivent chacun un peu, à leur tour, au saint calice, comme le font aussi les prêtres. En d’autres termes, le prêtre leur donne la communion de la même façon que l’évêque la donne à celui-ci. Ils oublient, cependant, que leur façon de faire – soi-disant ancienne, en fait toute nouvelle – n’exclue pas la possibilité de contagion (si l’on accepte la thèse selon laquelle il est possible d’être contaminé par la sainte communion), du fait que tous les actes sacrés liés à l’Agneau, depuis la proscomidie jusqu’à la fraction en petites parcelles avant la sainte Communion, accomplie de quelque façon que ce soit, pourraient être effectués par un prêtre déjà infecté ! Tout cela serait risible si ce n’était pas aussi triste. En passant, je dirais que l’attitude négative envers la cuiller (plus justement : la sainte cuiller) soi-disant inconnue à l’Église des premiers siècles, est injustifiée, non seulement liturgiquement, mais aussi historiquement. Dès les débuts mêmes de sa vie historique, l’Église néotestamentaire a eu fort peu de membres. Ensuite, le nombre des chrétiens s’est accru en raison de l’activité missionnaire systématique et de l’efficacité du témoignage de la foi des chrétiens eux-mêmes. Aussi, parmi les nouveaux baptisés et ceux qui communient – et nous savons bien que dans l’Église primitive, toutes les personnes présentes communiaient à chaque liturgie – la majorité était constituée par des adultes. Nous avons, au demeurant, des témoignages très précoces et ce néotestamentaires, que ce ne sont pas seulement des personnes individuelles, mais des familles entières qui se joignaient à l’Église. Ainsi, dans les Actes des Apôtres, nous lisons au sujet du converti Corneille, l’officier romain à Césarée, qu’il était « était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison » (Actes X, 1-2), probablement en tant que prosélyte du judaïsme, et qu’il a été ensuite baptisé par le saint apôtre Pierre, indubitablement « avec toute sa maison » (X, 3-48). Dans la suite, il est rapporté comment Lydie de Thyatire et sa maison (XVI, 15), de même que, après la libération miraculeuse des apôtres Paul et Silas, il est dit du gardien de la prison : « à cette heure même, il fut baptisé, lui et tous les siens » (XVI, 33), et de la même façon, Crispus, le chef de la synagogue, « crut au Seigneur avec toute sa famille » (XVIII, 8). Le saint apôtre Paul témoigne qu’il a baptisé lui-même « la famille de Stéphanas » (I Cor. I, 16 ; cf. XVI, 15). C’est à dessein que nous avons souligné les expressions « maison », « toute la maison » et « tous les siens », afin que soit clair pour chacun qu’il est question de familles entières, y compris, cela va de soi, les enfants. Peut-on imaginer que les premières familles chrétiennes ne faisaient pas communier leurs enfants ? Et était-il possible que ceux-ci communient de la même façon que les adultes, en buvant au calice commun ? Certainement pas ! Aussi, on peut supposer raisonnablement que la communion des nourrissons et des enfants était accomplie au moyen d’une cuiller, comme aujourd’hui, et que la cuiller a été introduite pour les adultes également plusieurs siècles après en raison du grand nombre de communiants, ce qui excluait la possibilité de la pratique primitive de communion de tous d’un seul calice. En conséquence, tous ces « bavardages » sur l’un ou l’autre mode de communion des chrétiens (par une ou plusieurs cuillers, avec la désinfection qui l’accompagne etc) tans que dure la pandémie du coronavirus ne sont que des rideaux de fumée, des excuses pour la position et le contenu réels des propos des « aumôniers » auto-proclamés [il s’agit ici de politiciens ou de journalistes, ndt ] : ils sont en fait opposés à la communion comme telle, ils l’interdiraient avec plaisir. Bien qu’ils ne communient pas eux-mêmes, et dans la majeure partie des cas, ils ne sont pas, en général, croyants. Pleins d’attention pour les fidèles, comme de véritables « humanistes », ils se mêlent de force dans les questions de la foi et la façon de la pratiquer dans l’Église, se conduisant comme s’ils ne savaient pas que par leur intervention, ils enlèvent la liberté et les droits humains à leurs concitoyens, tout en se prononçant haut et fort pour ceux-ci.

Nous croyons profondément, sans réticence, que dans la sainte Communion, nous nous unissons véritablement, réellement, et non métaphoriquement ou symboliquement, avec le Christ, notre Seigneur et Sauveur. Pour nous, la sainte communion, en tant que couronnement de l’acte et événement du plérôme du peuple que constitue l’eucharistie, est le corps du Christ et de ce fait même le pain de vie, et le sang du Christ est de ce fait même la coupe de bénédiction. Il ressort de cela que nous croyons que la communion est le Remède d’immortalité, comme l’a appelé, déjà au début du IIème siècle saint Ignace le Théophore, et elle ne peut être en aucun cas la cause de maladie, de contagion et de mort. Si Dieu est avec nous – et Il l’est dans la liturgie et la communion – qui sera contre nous ? De qui aurons-nous peur ? D’ennemis – dignes de commisération – du Christ et de l’Église ? Au demeurant, nous ne les haïssons pas, mais prions pour eux et leur souhaitons tout bien sur la voie du bien. Qui plus est, par souci de vérité et de sincérité, nous devons reconnaître que la possibilité de contagion par la sainte communion est aussi soutenue, ouvertement ou implicitement, entièrement ou en partie, par certains théologiens qui se considèrent orthodoxes. Mais des faits historiques indiscutables montrent qu’ils n’ont pas raison et infirment leurs dires. Lentement mais sûrement, ils se dirigent vers le protestantisme libéral, voire ultra-libéral, et certains, malheureusement se seront déjà mus entre-temps en protestants pur-sang d’origine orthodoxe (…)

Indépendamment du coronavirus et en tout temps, personne n’a jamais su qui, parmi les communiants, était en bonne santé et qui était malade et de quoi. En suivant la logique de ces « aumôniers » auto-proclamés, chaque prêtre, dès le début de son ministère, devrait tomber malade d’une maladie transmissible ou contagieuse et mourir, étant donné que, après la communion de tous, en bonne santé ou malades, il consomme le reste des saintes espèces. Or, nous savons combien il y a, parmi les prêtres, de nonagénaires et de centenaires (par exemple : l’auteur de ces lignes a connu un moine athonite de 107 ans qui marchait comme un jeune homme). L’un des hommes qui a vécu le plus longtemps dans l’histoire qui nous est connue fut un célèbre patriarche d’Alexandrie qui a dépassé même « la moyenne biblique » de l’Ancien Testament de 120 ans. Et que dire des clercs qui passent toute leur vie « professionnelle » en servant dans les hôpitaux, la plupart du temps avec des malades graves, voire incurables, communiant au même saint calice, avant et après eux ? Donnons comme exemple saint Porphyre de Kafsokalyvia, notre contemporain, qui a célébré pendant des décennies à la Polyclinique d’Athènes. Il convient de mentionner aussi les prêtres un peu plus anciens qui donnaient la communion à des malades de la tuberculose, maladie alors incurable et mortelle et qui, après ces malades en danger de mort, consommaient jusqu’à la fin les saintes espèces avec lesquelles ils les avaient communiés. Et rien ne leur arrivait (par exemple, le père Benoît Petrakis en Grèce, décédé en 1961). Nous ne saurions omettre les noms des saints russes de cette sorte les plus récents comme saint Jean de Cronstadt (depuis la fin du XIXème et début du XXème siècle), et saint Luc (Voïno-Iassenetski), archevêque de Simféropol, médecin de profession, l’un des plus célèbres en Russie soviétique, que l’on a amené directement du camp de concentration en Sibérie à Moscou pour opérer quelque apparatchik soviétique, ce qu’il accepta à la condition qu’une icône avec une veilleuse allumée devant celle-ci soit installée dans la salle d’opération pendant qu’il opérerait le patient.

À l’époque ancienne, celle de l’antiquité tardive et du Moyen Âge, l’Europe a été ravagée par la peste, la « peste noire » qui a englouti plus de cent millions de personnes en Europe seulement. Or, même à l’époque plus récente, le danger de la peste n’a pas disparu. L’événement de 1830, lorsque la peste est apparue à Moscou est connu. C’est alors que saint Philarète (Drozdov) a décliné l’invitation du tsar Nicolas Ier Romanov de quitter Moscou pour s’abriter en lieu sûr, à Petrograd, suite à quoi le tsar est parti à Moscou afin de traverser, avec le métropolite, côte à côte, la foule des malades, avec des croix, des icônes et des bannières religieuses, accompagnés par les chants liturgiques et l’aspersion des malades avec de l’eau bénite. Faut-il souligner encore que ni le métropolite, ni le tsar n’ont été contaminés ? Que dire encore de la grippe espagnole, à la fin de la première guerre mondiale, une pandémie qui a emporté près de 50 millions de vies humaines de 1917 à 1920 ? Et dernièrement, dans notre XXIème siècle, il y a eu des épidémies largement répandues, heureusement moins mortelles. Au demeurant, nous profitons de l’occasion pour souligner qu’à Byzance, et en Russie impériale, ainsi qu’en Serbie et d’autres pays de tradition orthodoxe, comme dans l’Occident chrétien, des processions et des offices d’intercession étaient obligatoirement effectuées pendant la durée de la contagion, tandis que les médecins d’alors, tous comme les médecins actuels, luttaient de toutes leurs forces pour la vie et le rétablissement de tous ceux qui étaient atteints par la contagion, en fonction des connaissances médicales de ce temps. On agissait ainsi exactement selon les paroles de l’Évangile, selon le Christ : la prière et la médecine (« c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses », Matth. XXIII, 23). Et aujourd’hui, les médecins croyants – et ils ne sont pas peu nombreux, ni dans le monde entier, ni chez nous – ont l’habitude de dire : « Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour le patient ; dès maintenant, il est dans les mains de Dieu ». (…) Que l’on me comprenne bien : nous ne prétendons pas que les ecclésiastiques ne sont pas morts de la peste, du choléra, de la grippe espagnole, du SARS et d’autres maladies contagieuses – ils sont morts – mais j’insiste sur le fait qu’ils ne sont pas morts parce qu’ils ont communié du même Calice et de la même façon que les malades alors incurables. Pas plus que les malades ne sont morts, selon notre conviction la plus profonde, en raison de la sainte Communion, mais pour d’autres causes et en raison d’autres agents causatifs. Le terrible « concurrent » de la peste, à travers les siècles, jusque récemment, était la lèpre. Elle était peut-être encore plus terrible en ce sens qu’elle tuait plus lentement, mais en anéantissant complètement la vie, si celle-ci pouvait encore ressembler à la vie d’un être humain comme être à l’image de Dieu. Nous mentionnerons un exemple frappant du passé récent. En Grèce, au sud de la Crète se trouve une petite île du nom de Spinalonga. De 1905 à 1957, elle était le lieu de désespoir et de la mort : c’était l’endroit où vivaient seuls, isolés, exclus et abandonnés, les lépreux. Le camp a été fermé dès que la maladie est devenue guérissable. L’Anglaise Victoria Hislop, au sujet de ce lieu de tristesse et d’horreur a écrit un livre merveilleux sous le titre « L’île des oubliés », tandis que les gens l’appelaient aussi « l’île des morts vivants », ou « l’île de la mort ». En 1947, un grand ascète et homme de la prière continuelle, le hiéromoine Chrysanthe Katsouloïannakis, est venu sur l’île et, dans la chapelle décrépie de la léproserie, il célébrait la liturgie. Parmi les lépreux, aucun ne jetait même un coup d’œil dans l’église, et certains criaient des paroles désobligeantes, voire blasphématoires. Mais il y eut un miracle lorsque le prêtre est revenu et a célébré. C’est alors qu’un lépreux est venu et a dit : « Si nous communions aujourd’hui ensemble, je viendrai à l’église ». « C’est d’accord », a répondu le prêtre. Après avoir donné la Communion au lépreux, il consomma, comme toujours, tout ce qui restait dans le saint Calice. Lorsqu’il vint la prochaine fois, ses tragiques « paroissiens »  l’attendaient pour voir s’il était devenu comme eux. Mais il était toujours en bonne santé et vaillant. Depuis lors, tous les lépreux de Sinalonga sont venus à l’office divin et ont tous communié, et le père Chrysanthe, comme il se doit, a consommé les saintes espèces après les lépreux, du même calice. Et il en fut ainsi dix années entières ! Pendant tout ce temps, il n’a eu aucune maladie, alors qu’il n’avait probablement aucune immunité (il n’avait jamais mangé de viande de sa vie,  et pendant le carême, il mangeait une fois par jour une sorte d’herbe et buvait un peu de thé). Lorsqu’en 1957, les lépreux sont partis, il est resté seul encore deux ans, selon certains encore plus, afin d’entretenir les tombes des défunts et prier pour le repos de leurs âmes. Il est mort dans sa Crète natale à l’âge de 82 ans. Nous pourrions citer autant d’exemples que vous voulez, mais nous nous limiterons qu’à deux ou trois. Le premier est celui du saint évêque Nicolas et du saint abba Justin. Ce dernier à célébré quotidiennement la sainte liturgie pendant une trentaine d’années au monastère de Ćelije près de Valjevo, consommant les saintes espèces chaque fois après tous les communiants, et nous savons tous le grand âge auquel il nous a quittés. Ce serait un péché de ne pas mentionner d’autres confesseurs et ascètes de l’orthodoxie contemporaine, le saint évêque Barnabé (Nastić), le patriarche Paul d’éternelle mémoire, le staretz Thadée de Vitovnica, et d’autres, connus et inconnus. En règle générale, nous évitons de mentionner nommément des compatriotes contemporains, mais cette fois nous ferons une exception (…) Il est question du métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque. Dans sa jeunesse, alors qu’il était archimandrite à Athènes, et jusque dans ses années plus tardives alors qu’il était évêque au Banat, et encore aujourd’hui, en tant que métropolite du Monténégro, Mgr Amphiloque a toujours donné lui-même la communion personnellement au peuple présent lorsqu’il célèbre la sainte liturgie, indépendamment du nombre, souvent important, des communiants. Lorsqu’il a donné la communion au dernier, devant tous, il prend à nouveau la cuiller et reprend la communion, afin qu’une sainte parcelle ou une goutte ne tombe pas éventuellement sur le plancher, il le fait par précaution, en raison d’une possible inattention ou maladresse. Nous demandons : a-t-il en raison d’une telle pratique contacté une maladie ou au contraire est-ce là la raison pour laquelle il a toujours été – et Dieu soit loué est resté – un homme en bonne santé et fort ? Voici encore un témoignage de nos jours ! L’archimandrite Syméon (Anastasiadis), également notre contemporain, prêtre auprès de l’hôpital « Saint-Paul » à Thessalonique pendant dix années entières, écrit au début de son récit : « Lorsqu’on m’appelle pour donner la communion a un malade dans sa chambre d’hôpital ou aux soins intensifs, et il est impossible que je sache quelle est sa maladie. Mon obligation est de lui donner la communion… » Il mentionne ensuite trois cas. Le premier : il devait donner la communion à un jeune homme dont la cavité buccale était tout ensanglantée. Le malade lui demanda : « Père, si possible, donnez-moi la Communion avec une cuiller qui sera utilisée seulement maintenant ! » Alors que le père Syméon l’assura qu’il ne devait craindre aucune infection, le jeune lui répondit : « Père, je vous le demande pour vous-même, car ma maladie est sérieuse et se transmet ». Le père Syméon lui expliqua qu’il ne devait pas se faire de soucis, car pour le prêtre qui donne la Communion au malade, il n’y a pas de danger de contagion. Le jeune homme fit alors le signe de Croix, reçut la sainte Communion, et le père Syméon consomma le reste du même Calice et de la même cuiller. Un autre cas : un malade grave, qui plus est en état de démence, après avoir ouvert la bouche a rejeté la sainte Communion. Le père Syméon a fait la seule chose possible et correcte : il a lui-même consommé cette communion. Un troisième exemple : il fut appelé pour donner la communion à un mourant, et l’un des médecins vint a lui, lui chuchotant à l’oreille : « Père, il a le sida ». Le père Syméon s’est simplement signé, a donné la Communion au malade et consomma le reste de la Communion comme il le faisait habituellement. Il mentionne par la suite des prêtres et des médecins qui témoignent que beaucoup de malades et parmi eux les plus graves, se sont sentis mieux après la sainte Communion, dont certains, atteints d’une maladie incurable, et ont été guéris de façon miraculeuse. Parfois, lorsque le malade était dans le coma ou dans une telle situation qu’il ne pouvait communier, le prêtre le bénissait en traçant la croix avec le calice et le malade se trouvait mieux, et certains commençaient à récupérer rapidement. « Je l’ai vu », soulignait-il « de mes propres yeux et devant de nombreux témoins ». Pour tout cela, ainsi que pour sa propre bonne santé, il donne une brève, simple, mais parfaite explication du point de vue théologique : « … Dans la sainte communion, nous n’utilisons pas une cuiller, mais une sainte cuiller, nous n’utilisons pas une coupe, mais un saint calice ». Ce vénérable prêtre montre sa maturité spirituelle par le fait qu’il ne juge pas ceux qui ont peur que la maladie se transmette par la communion : « Je les comprends absolument car ils ne croient pas et je les justifie car la sainte communion est une question de foi, et non celle d’une expérience scientifique ». Nous trouvons le même témoignage chez le père Stéphane Daliyanis, qui déjà 48 ans sert comme aumônier d’hôpital pour les maladies contagieuses dans l’Attique, à Aigaléo (aujourd’hui dans la banlieue d’Athènes). Faut-il souligner ce que prêtre consciencieux vit jusqu’à cette heure, qu’il n’est pas seulement en bonne santé, mais robuste et fort ? Le témoignage du 11 mai de cette année de Mgr Macaire (Tiliridis), métropolite de Nairobi et exarque du Kenya, un théologien connu et reconnu dans tout le monde orthodoxe et chrétien, qui depuis 43 ans déjà est missionnaire en Afrique noire. Pendant tout ce temps, il ne s’est jamais produit qu’un virus soit transmis par la sainte Communion, bien qu’en Afrique circulent de nombreuses maladies, souvent mortelles, et que la sainte liturgie y soit célébrée dans des circonstances inimaginables en Europe, dans une maison improvisée ou une cabane, sans les conditions hygiéniques de base, ou encore sous un arbre, alors que différents insectes peuvent tomber dans le calice, ne parlons même pas des microbes. Les chrétiens orthodoxes convertis, des différentes tribus, montrent la foi vivante des premiers chrétiens et tous, ou presque tous, communient à chaque liturgie. « En Afrique, et alors que j’étais encore laïc, j’ai toujours communié le dernier, après les malades, et rien ne s’est jamais produit, Dieu merci. Plus tard, devenu évêque, j’ai consommé la communion un nombre incalculable de fois après eux. Le Christ est dans le calice… », dit cet homme de Dieu qui ajoute que la contestation du caractère vivifiant et salvifique de la sainte communion constitue une insolence, une insulte et un blasphème contre Dieu, ainsi qu’une injustice  à l’égard de l’histoire de l’Église. Nous ne pouvons ne pas mentionner encore un événement récent qui confirme cette sainte vérité de l’Église orthodoxe. Mgr Pimène, l’archevêque nonagénaire de la ville de Suceava en Roumanie, a été testé positif au coronavirus. Dans un communiqué officiel du monastère du saint Néomartyr Jean de Trébizonde, dans lequel séjourne Mgr Pimène, il est mentionné que celui-ci célébré à Pâques et le lundi de Pâques. Étant donné qu’il ne se sentait pas bien depuis le début de la Grande Semaine, il fut hospitalisé le lundi de Pâques. Après une avalanche d’accusations médiatiques en raison de cet événement, les résultats des tests du laboratoire concernant tous les pères du monastère et des laïcs qui y sont employés, sont arrivés au monastère. Un seul d’entre eux était positif, un diacre, qui n’avait pas communié du calice commun que tenait l’évêque ! Ce diacre, lors de la liturgie, servait comme sacristain. Hormis tous les moines, 25 prêtres de l’archevêché qui avaient été en contact avec l’évêque ont été testés, et pas un seul d’entre eux n’a le virus !  « C’est Dieu qui l’a voulu ainsi en raison de ceux qui sont tièdes dans la foi et qui ne veulent pas concevoir que la sainte communion des saints corps et sang du Christ, sont la source de la vie et de la grâce », est-il dit dans le communiqué officiel du monastère. Cette vérité, que la sainte Communion est la source de la double santé, de l’âme et du corps, et en aucun cas la source de la maladie, peut être confirmée par chaque diacre et chaque prêtre sans exception, étant donné que, comme nous l’avons déjà souligné, ils consomment après tous les fidèles, les saintes Espèces restantes du même calice et de la même cuiller.

L’expérience des clercs n’est pas, cela va de soit, différente de celle de n’importe quel fidèle. « … L’Église croit que les fidèles, devenus par la Communion un seul corps avec le Christ, et étant ainsi entrés en contact avec Ses énergies divines, non seulement ne peuvent être contaminés par la sainte Communion, mais celle-ci est la source de la vie et de la santé », a écrit en son temps le patriarche Paul d’éternelle mémoire dans l’article « Faut-il essuyer la cuiller après la communion de chaque fidèle ? », question à laquelle il répond qu’il ne faut pas le faire. Ce faisant, il s’appuie sur le témoignage de saint Jean de Cronstadt, ce célébrant exceptionnel, thaumaturge et guérisseur qui dit : « Combien de fois ai-je eu l’occasion de voir des malades qui ont fondu comme la cire en raison de la maladie, complètement affaiblis, mourants, et qui, après la Communion aux divins mystères, sur leur désir fervent ou sur ma recommandation, ont recouvré la santé rapidement, de façon miraculeuse ! » N’est-il pas superflu que nous répétions : il y a eu et il y aura des clercs qui mourront en raison de contaminations ou de maladies incurables (cardiovasculaires, cancérogènes, diabétiques et autres), mais non à la suite de la célébration de la liturgie et de la communion, mais pour les mêmes raisons que meurent d’autres personnes, atteintes des mêmes maladies ou maladies semblables.

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À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

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