Le dimanche 13 octobre, l’archevêque de Chypre, Chrysostome II, s’est exprimé sur la décision de l’Église de Grèce de reconnaître l’Église autocéphale d’Ukraine :

Mgr Chrysostome II, archevêque de Chypre : « j’ai recommandé au Synode de l’Église de Chypre que nous restions neutres »
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(Le style oral a été conservé en français. NdT)

« Depuis longtemps, je considérais que telle était la voie choisie par l’Église de Grèce. En effet, le nord de la Grèce relève du patriarcat œcuménique, « les terres nouvelles », comme on dit, mais encore le reste de la Grèce constituent la nation : ils respectent et nous tous respectons le patriarcat œcuménique et je puis affirmer que toute l’orthodoxie respecte le patriarcat œcuménique.

Il y a eu un bras-de-fer de la part de Moscou. Depuis de nombreuses années, Moscou créait sans cesse des obstacles lors des conférences panorthodoxes et ne laissait pas l’orthodoxie surmonter les divers problèmes. C’était clair comme de l’eau de roche. Nous avons essayé -car moi-même j’ai représenté durant 29 ans l’Église de Chypre dans les conférences panorthodoxes- et je n’étais pas d’accord avec le représentant de l’Église russe, non parce que je haïssais l’Église russe, mais je désirais que l’on résolve les problèmes de l’orthodoxie, que nous ne nous laissions point un problème tourmenter l’orthodoxie.

Malheureusement, Moscou n’y aidait pas, et finalement le patriarche russe a compris que j’avais le courage de dire ce que je croyais, mais même quand j’étais en désaccord avec lui, c’était par amour que je le faisais. J’ai également été bien des fois en désaccord avec les autres patriarches, que je respectais, mais je voulais que le grand concile se tienne, il a eu lieu et c’est un événement historique, mais je voulais, si possible, que tous les problèmes de l’orthodoxie soient résolus, ce qui malheureusement ne fut pas le cas.

L’initiative que j’ai prise concernant la question ukrainienne, Sa Sainteté n’en voulait plutôt  pas et j’y ai mis fin ; elle me faisait peur dès le début, mais j’ai souvent dit que nous, nous n’avons aucun problème. Personne n’exerce de pression sur nous, ni le gouvernement ni personne. Nous pouvons reconnaître sans crainte ni passion, nous pouvons aussi ne pas reconnaître et cela ne nous fait pas peur.  

Notre but est qu’un schisme n’arrive pas car c’est le pire. Disons que nous reconnaissons [l’Église autocéphale d’Ukraine] mais quoi, si cinq suivent [le patriarche de] Moscou et que les autres suivent [le patriarche] œcuménique, et que nous avons un schisme et que l’Église de Chypre  porte le poids du schisme ? C’est pourquoi j’ai recommandé au Synode [de l’Église de Chypre] que nous restions neutres et de tenter une médiation et je croyais avoir la capacité d’emmener tout le monde chez le patriarche œcuménique, chose dont lui-même ne voulait pas, c’est respectable ; alors, il n’en veut pas, j’arrête.

Nous aimons le Patriarcat œcuménique, nous le respectons, nous aimons aussi le patriarche et nous désirons que l’orthodoxie soit de haut niveau. Nous ne voulons du mal à personne, nous avons des liens fraternels et excellents avec toutes les Églises. Nous avons aussi de bonnes relations avec les catholiques, les protestants, les anglicans, avec tous nous avons de bonnes relations, pourquoi n’en aurions-nous pas avec le patriarche œcuménique, c’est notre frère, c’est le patriarche de notre nation et nous ne pouvons renier notre origine, mais nous devons être prudents.

Nos pas doivent être bien étudiés et prudents, nous ne devons pas commettre de faute. Lors de la première session du synode [de l’Église de Chypre] j’ai dit, dès que toute la question a été soulevée : « si nous commettons une faute concernant un primat, puisque nous les primats nous sommes mortels, la faute mourra avec nous ». Mais comme l’Église est immortelle, si nous lui imposons des fautes, alors les fautes sont immortelles et ne mourrons pas ». Voilà pourquoi nous ne devons commettre des fautes concernant l’Église, concernant l’orthodoxie, elles ne meurent pas et nous devons être prudents. C’est ainsi que j’étais et reste prudent.

Nous avons trois synodes ordinaires par an et également des sessions extraordinaires chaque fois qu’il y a une question a étudier. Cette question [de l’Ukraine], si nous l’abordons, nous le ferons au cours d’une session extraordinaire car la [prochaine] session ordinaire se tiendra en février. Je ne pense certainement pas que nous attendrons jusqu’en février. Quant à la position de l’Église de Chypre, nous échangerons nos avis entre nous et nous verrons ».

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