Selon une étude du « Pew Research Center », l’attitude des Grecs envers la religion et les minorités s’aligne plus sur l’Europe centrale et orientale que sur l’Occident

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Politiquement, la Grèce est depuis longtemps alignée sur l’Occident. Elle a rejoint l’OTAN en 1952 et l’Union Européenne en 1981 et, contrairement à la quasi-totalité de ses voisins en Europe du Sud-Est, elle est restée hors de la sphère d’influence soviétique durant la guerre froide. Mais, pour ce qui est de l’attitude publique envers la religion, l’identité nationale et la place des minorités religieuses, les Grecs, comme leurs voisins de l’Est, ont des opinions plus nationalistes et moins tolérantes que chez les Européens de l’Ouest, selon une nouvelle analyse du Pew Research Center, basée sur des enquêtes réalisées dans 34 pays du continent européen. L’analyse donne les résultats suivants: en Grèce, sept personnes sur dix sont d’accord avec l’affirmation suivante : « Il y a un conflit entre les valeurs traditionnelles de notre pays et celles de l’Occident ». Et une majorité de Grecs gardent au moins une certaine affinité envers la Russie : sept adultes sur dix disent qu’une Russie forte est nécessaire pour équilibrer l’influence de l’Occident. La Grèce est une nation massivement chrétienne orthodoxe, à l’instar de la Russie, l’Ukraine et autres pays Est-européens. Tout comme eux, les Grecs considèrent l’Orthodoxie comme une partie essentielle de leur identité nationale. Trois quarts des Grecs disent qu’être orthodoxe est au moins assez important pour être véritablement grec ; beaucoup d’autres Européens d’Europe centrale et orientale relient la religion et la nationalité de cette façon (57% en moyenne), tandis que moins d’Européens de l’Ouest le font (34% en moyenne). En outre, approximativement un tiers des Grecs adultes disent qu’ils accepteraient des Musulmans (31%) ou des Juifs (35%) dans leur famille, ce qui est semblable à l’attitude dans d’autres pays du centre et de l’Est de l’Europe, mais ce qui est bien inférieur au pourcentage de ceux qui expriment l’acceptation de minorités religieuses en Europe occidentale. La religion est aussi plus importante dans la vie privée des Grecs que dans celle de beaucoup d’Européens de l’Ouest. Neuf sur dix des Grecs (92%) croient en Dieu, dont 59% déclarent qu’ils croient avec une certitude absolue, tandis que juste 15% des Européens de l’Ouest disent en être certains. 55% des adultes grecs disent que la religion est très importante dans leur vie, soit deux fois plus que ceux qui le disent en Irlande, Italie et l’Espagne, et cinq fois plus qu’en France, Allemagne, et Royaume-Uni. La Grèce est aussi plus religieuse que la plupart des pays du centre et de l’Est de l’Europe. Attachés en partie à des niveaux plus élevés d’observance religieuse, les Grecs sont plus opposés au mariage homosexuel légal et à l’avortement que les Européens de l’Ouest. Sept Grecs sur dix sont opposés ou fortement opposés au mariage légal des homosexuels, une perspective partagée par virtuellement chacun des pays d’Europe centrale et orientale faisant l’objet de l’enquête, tandis que la majorité dans tous les 15 pays d’Europe de l’Ouest étudiés est en faveur du mariage de même sexe. Les Grecs sont divisés sur la question de savoir si l’avortement doit être légal ou illégal (45% contre 52%), tandis que les majorités à travers l’Europe occidentale soutiennent l’avortement légal. À l’instar des Russes, les Polonais et les habitants des autres pays d’Europe du centre et de l’Est, beaucoup de Grecs disent qu’il est important d’être né dans son pays (74%) et d’y avoir des antécédents familiaux (85%) afin d’être de véritables Grecs, suggérant peut-être que les immigrants ne peuvent l’être. Bien moins d’Européens de l’Ouest sont de cet avis. En outre, une grande majorité d’adultes grecs disent que leur culture est supérieure à celle des autres, ce qui est semblable à ce que l’on dit en Géorgie et en Arménie. Néanmoins, cette attitude est bien moins partagée dans la plupart des pays à travers le continent. Toutefois, la Grèce ne s’aligne pas sur ses voisins d’Europe centrale et orientale sur tous les sujets. La Grèce ancienne est appelée parfois le lieu de la naissance de la démocratie, et 77% des Grecs disent que la démocratie est préférable à toute autre forme de gouvernement, un point de vue qui n’est pas autant partagé en Russie, Ukraine et ailleurs en Europe centrale et orientale. De même, considérant que christianisme orthodoxe est apparu pour la première fois dans le monde grec, la plupart des chrétiens grecs orthodoxes disent qu’ils reconnaissent le patriarche de la ville naguère byzantine de Constantinople comme la plus haute autorité de l’Église orthodoxe. Par contraste, de nombreux autres chrétiens orthodoxes à travers l’Europe orientale disent que le patriarche de Moscou (ou leur propre patriarche national) tiennent ce rôle.

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Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.