21/10/2017
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Un projet de loi du gouvernement monténégrin, dit « de la liberté religieuse », menace l’existence de l’Église orthodoxe serbe dans ce pays

Un projet de loi du gouvernement monténégrin, dit « de la liberté religieuse », menace l’existence de l’Église orthodoxe serbe dans ce pays

Le Monténégro a préparé un nouveau projet de loi sur les communautés religieuses, selon lequel le pouvoir monténégrin nommera les hauts dignitaires religieux, attribuera les biens de celles-ci, et séparera définitivement le diocèse du Monténégro de l’Église orthodoxe serbe. Le projet en question est dirigé ouvertement contre l’Église orthodoxe serbe. Il prévoit que les édifices et biens de celle-ci acquis avant 1918 lui seront soustraits et que les hauts dignitaires ne pourront être élus sans approbation de l’État. En effet, l’article 4 dudit projet dispose qu’avant la nomination de ceux-ci, la communauté religieuse devra en informer de façon confidentielle le pouvoir monténégrin. Le professeur d’histoire ecclésiastique au séminaire Saint-Pierre-de-Cetinje, Budimir Aleksić considère ce projet de loi scandaleux, et affirme que son but est de placer l’Église orthodoxe serbe, comme le sont au demeurant toutes les autres institutions au Monténégro, sous le joug de l’État. « La seule institution sur laquelle le parti au pouvoir n’a pas de contrôle est l’Église orthodoxe serbe, et le but est qu’elle soit au service du projet idéologique monténégrin. C’est ce que le premier ministre Milo Đukanović a déclaré publiquement, c’est le programme du parti démocrate socialiste du Monténégro, où il est dit que l’Église doit être en relations harmonieuses avec les organes de l’État, c’est-à-dire, selon eux, que l’Église doit être l’une des constituantes de l’identité nationale monténégrine » a-t-il précisé. Au cours de la rédaction du projet de loi, aucun des membres du groupe de travail n’a contacté le diocèse métropolitain du Monténégro, bien que l’on étudie ce document depuis 2011. Ont participé à sa rédaction des historiens dont les doctorats portaient sur des thèmes liés à l’idéologie du parti communiste. Le professeur Aleksić considère que l’on reconnaît leurs positions dans la loi, ajoutant que ce document anticonstitutionnel a été élaboré sous la férule de Milo Đukanović, qui a exposé les aspects scandaleux de la loi lors d’émissions télévisées. « Ils disent que le siège de la communauté religieuse doit se trouver au Monténégro, est-ce à dire que l’Église catholique devra se séparer du Vatican afin que son siège se trouve au Monténégro ? Ils écrivent également que les limites des entités ecclésiastiques doivent correspondre aux frontières étatiques du Monténégro, ce qui est absurde. Nous avons le cas de l’évêché de Srem, qui s’étend à quelques communes se trouvant sur le territoire de la Croatie. Il en est de même du diocèse de Zahumlje et de Herzégovine, avec pour siège Trebinje, qui s’étend sur le littoral croate, Dubrovnik et Konavle. La Croatie ne fait pas de problème », rappelle Aleksić. Le projet de loi permet de soustraire brutalement les biens à l’Église orthodoxe serbe. L’article 52 prévoit que toutes les églises construites avant 1918 passent à la propriété de l’État, qui pourra transmettre leur usage aux autres communautés religieuses. Par conséquent, les églises et les complexes monastiques pourront devenir la propriété de l’Église orthodoxe schismatique du Monténégro [dirigée par un prêtre défroqué et ne disposant pratiquement pas de clercs ni de fidèles, ndt] ou encore être transformés en magasins, comme l’ont fait les ancêtres idéologiques des dirigeants actuels du Monténégro après la seconde guerre mondiale. Le président du parti d’opposition « Nouvelle démocratie serbe », Andrija Mandić, considère également que la proposition de loi constitue une pression évidente du régime contre le diocèse métropolitain du Monténégro et du Littoral, afin de réaliser les objectifs du parti de Milo Đukanović, et que l’Église orthodoxe serbe au Monténégro se trouvera ainsi sous le contrôle de l’État. L’opposition ne permettra pas qu’une telle loi soit adoptée, a déclaré Andrija Mandić. « En automne, nous sortirons dans la rue et nous détruirons le régime, c’est ce qui empêchera l’adoption de la loi, ce n’est pas l’Europe qui le fera. Les États membres de l’OTAN sont intéressés en premier lieu à ce que le Monténégro entre dans ladite alliance, et voient dans notre Église et dans l’Orthodoxie quelque chose qui est loin de l’Europe et qui est bien plus proche de Moscou, aussi je doute qu’ils insistent sur ledit problème. Il y a au Monténégro une sorte de rébellion populaire, aussi je pense que cette loi ne pourra être soumise à la procédure parlementaire » a souligné Andrija Mandić. De nombreuses protestations ont eu lieu dans le pays. Des pétitions contre le projet de loi sont actuellement en cours de signature dans les villes de Nikšić et de Podgorica. Pour sa part, le métropolite Amphiloque, a déclaré le 11 septembre, jour de la decollation de St Jean Baptiste, dont la relique du bras se trouve au monastère de Cetinje, que le projet de loi sur la liberté religieuse dont il est actuellement question « est la loi la pire et la plus perfide qui ait jamais existé au Monténégro », et que « le but fondamental de celle-ci est de profaner et de détruire la châsse de saint Pierre de Cetinje, de cracher sur le bras de saint Jean Baptiste et sur ce pour quoi il a été décapité. Il l’a été parce qu’il a dit la vérité » a souligné le métropolite, qui a ajouté que ce qui s’est passé avec le Chef de saint Jean-Baptiste se produit à nouveau aujourd’hui sur le plan mondial. « Le Chef de saint Jean-Baptiste se trouve à nouveau sur le plateau. Il est sur le plateau au Monténégro, en Europe, en Ukraine, en Syrie, en Irak… Les forces démoniaques, destructrices veulent anéantir le bien, exterminer Dieu chez les hommes, détruire l’amour éternel, véritable et vrai » a conclu le métropolite.

Sources : 1 et 2

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Jovan Nikoloski