29/03/2017
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Message du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à l’occasion du centenaire des événements tragiques liés à la révolution en Russie et au début des persécutions religieuses

Message du Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières à l’occasion du centenaire des événements tragiques liés à la révolution en Russie et au début des persécutions religieuses

À l’occasion du centenaire des événements tragiques de révolution en Russie et du début des persécutions religieuses, le Synode de l’Église orthodoxe russe hors-frontières a publié le message suivant, en date du 10 mars 2017 :
« Bien-aimés frères et sœurs en Christ,
Cette année, le monde entier et en premier lieu nous tous, nous remémorerons de la plus grande tragédie du XXème s. qui a bouleversé le sort de millions de gens. Cette tragédie a touché littéralement chaque famille russe, où qu’elle se trouvât. Nous commémorons maintenant le centenaire de la révolution sanguinaire et destructrice en Russie. En raison de la trahison du gouvernement et des autorités militaires, le Tsar a été contraint d’abdiquer, et il s’en est suivi une chaîne d’événements inévitables : l’effondrement de l’État, la mort en martyr du Tsar lui-même et de la Famille impériale, l’atroce guerre fratricide, les persécutions sans précédent en Russie contre l’Église orthodoxe et la foi en Dieu. En 1909, Pierre Stolypine disait : « Donnez à l’État vingt ans de paix interne et externe, et vous ne reconnaîtrez plus la Russie actuelle ». Mais le premier-ministre russe lui-même ne devait vivre que deux ans encore. Il fut assassiné en présence de son Tsar dans un théâtre de Kiev en 1911. Le fait que la Russie avançait à grands pas, était connu loin des frontières de notre Patrie, et précisément aux États-Unis d’Amérique. En novembre 1914 sortit un numéro spécial de la revue « National Geographic » consacré à la Russie. Les recherches sociales et économiques montraient qu’à la date indiquée par Stolypine, selon les indicateurs fondamentaux, la croissance de la Russie atteindrait un niveau imparable. Seule la révolution, organisée et soutenue par les pays occidentaux l’ont arrêtée. On n’a pas même donné vingt jours de tranquillité à notre Patrie. À ce sujet, il faut se rappeler que le dénigrement constant de la Russie par la « civilisation occidentale » auquel nous assistons aujourd’hui, existait il y a cent ans, voire bien avant. Le monde détestait l’Empire russe, héritier de la sainte Russie orthodoxe. Ni la fidélité de la Russie à ses devoirs en tant qu’alliée, ni la disposition des souverains russes à collaborer n’ont aidé. La déclaration du célèbre homme d’État britannique, Lord Palmerston, est caractéristique : « Comme il est difficile de vivre dans un monde où personne ne fait la guerre contre la Russie ». Cette déclaration remonte au milieu du XIXème siècle mais, malheureusement, est restée inaperçue. Au début même du XXème siècle, le saint hiérarque Macaire (Nevsky), métropolite de Moscou et de Kolomna, avait prévenu : « Nous passons par des temps troublés. Il y a eu en Russie des temps de tribulations, mais ils n’ont jamais été pires que maintenant. Alors, tous étaient pour Dieu, tous souhaitaient savoir ce qui Lui était agréable, mais ce n’est pas le cas maintenant. Alors, tous étaient pour le Tsar. Maintenant, ce n’est plus le cas. Maintenant s’élèvent des voix blasphématoires contre Dieu et des complots contre Son Oint… » Les classes instruites en Russie, éduquées dans les traditions occidentalistes, ont précipité la Russie dans l’abîme, avec une obstination quasi suicidaire, incitant de toutes manières le peuple russe à renoncer à sa foi, à son Tsar et à sa Patrie. Les paroles du psalmiste David viennent à l’esprit : « L’insensé dit en son cœur : il n’y a pas de Dieu » (Ps. 13,1). Mais même dans les temps les plus difficiles des persécutions, le Seigneur n’a pas délaissé Son peuple. Ainsi, cette année, nous commémorons un autre jubilé centenaire, non moins important, celui du rétablissement du Patriarcat en Russie. Cela s’est produit précisément lorsqu’un Primat et intercesseur pour toute l’Église russe était particulièrement indispensable. L’intronisation du saint hiérarque, le patriarche-confesseur de toute la Russie, eut lieu le 21 novembre / 4 décembre 1917 en la Cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, en la fête de l’Entrée au temple de la Très sainte Mère de Dieu. Mais avant encore, le jour même de l’abdication de l’Oint de Dieu, le Tsar Nicolas Alexandrovitch, le 2/15 mars 1917, la merveilleuse icône de la Mère de Dieu dite « Derjavnaïa » [la Souveraine] est apparue à notre peuple, comme un signe que la Très Pure Souveraine n’abandonnerait pas la Russie souffrante, laquelle était appelée depuis les temps immémoriaux « la Maison de la Très sainte Mère de Dieu ». Maintenant, alors que, comme l’a exprimé le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille, « le Seigneur a changé Sa colère en miséricorde à l’égard de la Russie », la Providence a donné la possibilité à tous les Russes de revenir à leurs racines orthodoxes. Il nous est maintenant nécessaire de comprendre notre histoire et les raisons pour lesquelles de lourdes épreuves ont échu à la Russie. L’une des raisons de ces événements tragiques résulte de l’oubli de Dieu et de l’indifférence envers la foi du Christ, ainsi que du rejet du pouvoir établi par Dieu. On ne peut en aucun cas justifier les responsables de cette funeste révolution. L’un des symboles de cette réconciliation du peuple russe avec le Seigneur pourrait être d’évacuer de la Place Rouge les restes du principal persécuteur et bourreau du XXème siècle et de détruire les monuments qui lui sont dédiés. Ce sont tous les symboles du malheur, de la tragédie et de l’effondrement de l’État que Dieu nous avait donné. Il faut agir de même avec les appellations des villes, des provinces, des rues, qui jusqu’à ce jour sont privées de leurs noms historiques. Durant les années de tribulations, l’Église russe hors-frontières a toujours considéré de son devoir sacré d’exprimer toute la vérité sur l’histoire russe, ce qui était impossible dans la Patrie, et avant tout de rappeler au peuple russe le calvaire des Néomartyrs. Ce n’est pas une question politique, comme certains le prétendent, mais c’est une question de conscience spirituelle. Il nous faut connaître le mieux possible l’histoire de l’exploit des Néomartyrs et confesseurs de Russie. Alors, nous l’espérons, l’homme russe lui-même, suivant l’injonction de sa conscience, arrivera à la conviction que dans son pays gardé de Dieu, il n’y a plus de place pour les symboles du pouvoir ennemi de Dieu et pour les noms des athées militants.Il y a dix ans, lors de la grande consécration de l’église du polygone de Boutovo, le métropolite Laure d’éternelle mémoire, s’adressant à l’assistance, déclara : « Ici, la terre est abondamment abreuvée du sang des martyrs et est jonchée de leurs os. Qu’elle soit un l’autel au Christ notre Dieu ! Le prophète s’est exprimé depuis longtemps sur les persécuteurs de l’Église : « J’ai vu l’impie triomphant, il se dressait comme les cèdres du Liban ; quand je suis repassé, voici qu’il n’était plus, je l’ai cherché, et on ne trouvait plus sa place » (Ps. 36, 35-36). Que soit effacé leur souvenir dans les cœurs des hommes, et que l’Église du Christ sur la Terre russe soit affermie dans les siècles ! » Nous appelons tous nos fidèles, tous les orthodoxes russes dans la patrie et dans la diaspora à garder, comme la prunelle de leurs yeux le don que le Seigneur nous a confiés : la sainte foi orthodoxe salvatrice, en se rappelant toujours des paroles du Christ : «Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice… » (Matth. 6,33). Amen.
Avec amour en Christ,
+ HILARION, métropolite d’Amérique orientale et de New York, Primat de l’Église orthodoxe russe hors-frontières
+ MARC, archevêque de Berlin et d’Allemagne
+ CYRILLE, archevêque de San Francisco et d’Amérique occidentale, secrétaire du Synode des évêques
+ GABRIEL, archevêque de Montréal et du Canada
+ PIERRE, archevêque de Chicago et d’Amérique centrale
+ NICOLAS, évêque de Manhattan, secrétaire-adjoint du Synode des évêques

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Jovan Nikoloski