• Facebook
  • Twitter
  • Email
  • Vkontakte
  • Messanger
  • Telegram
  • WhatsApp
  • Twitter
  • Pinterest

3_19

La fondation italienne «Russia cristiana» a organisé les 25 et 26 octobre
à Seriate (province de Bergamo) sa conférence annuelle consacrée aux problèmes
actuels de la vie religieuse. Le thème retenu pour la rencontre de cette année était
« Personnalité,
société, État : vers un dépassement du sécularisme »
. Des historiens,
théologiens, prêtres et essayistes de Russie et d’Italie y ont pris part.


Les
participants à la conférence ont été salués par le maire de Seriate ainsi que
par un représentant du gouverneur de la région de Lombardie, qui a souligné la
« vocation particulière de Seriate » pour faire connaître en
particulier la beauté de la culture chrétienne orientale. Selon les
organisateurs le thème de la conférence avait été fixé l’an dernier, et
aujourd’hui, alors que les relations entre la Russie et l’Occident se sont
tendus, toutes les questions touchant à la personne humaine ont une résonance
encore plus actuelle.

La
première partie de la conférence a été consacrée à la notion de subsidiarité et
à sa présence dans les cultures politiques et sociales de l’Occident et de la
Russie. Adriano dell’Asta, professeur de l’Université catholique de Milan a
présenté un exposé intitulé « La mémoire secrète ? Personne et société
sous la censure », dans lequel il a rappelé la définition de la
subsidiarité que donne le catéchisme de l’Eglise catholique : « Ni
l’Etat ni les grandes collectivités ne doivent remplacer l’initiative et la
responsabilité des individus et des groupes de taille moyenne. » Ils doivent
au contraire servir au « soutien des individus dans l’exercice de leur
responsabilité et dans leur autoréalisation, créant les conditions indispensables ».
Le terme de subsidiarité s’est développé en Occident. On ne le rencontre pas en
Russie, où l’on considère généralement que « les institutions occidentales
restent étrangères à la Russie ». Même Soljenitsyne, du point de vue des
occidentaux, n’a pas su s’approcher de l’idée de « réformes
démocratiques », et est resté un conservateur et un slavophile. Se
tournant vers l’héritage des penseurs religieux, notamment de S. Frank,
l’auteur de l’exposé y a vu une tentative de lier l’idée de subsidiarité avec
celle de catholicité (sobornost’).

Luca Antonini,
professeur de l’Université de Padoue et vice-président de la Fondation pour le développement
de la subsidiarité a noté dans son exposé intitulé « Une alternative à
l’étatisme et à l’individualisme bourgeois : la subsidiarité »,
qu’aujourd’hui, en temps de crise, il était important « d’adopter un
modèle anthropologique positif, qui propose une nouvelle méthode de relations
entre l’Etat et la société, entre l’Etat et l’individu ». « L’anthropologie
positive » qu’on peut trouver dans les textes de différents auteurs
« aide à développer chez l’homme des qualités positives », tandis que
« une anthropologie négative voit dans l’homme un monopole de
l’Etat ». « Il existe un risque pour la démocratie européenne si nous
ne revenons pas à l’anthropologie », a souligné le conférencier.

« L’élaboration d’une théorie de la subsidiarité signifie l’exigence
du respect de l’autonomie des structures sociales », a avancé dans son
intervention Francesco Botturi, professeur à l’Université catholique de Milan.
En période de crise la subsidiarité devient un principe non politique. Aujourd’hui
la personne est écrasée entre l’Etat et le marché. F.Botturi propose de
reconsidérer le problème en adoptant le point de vue du « bien
commun », compris comme « bien de l’être-ensemble ». « Nous
sommes pris dans un réseau de coopération, de dialogue, de communication
sociale, a souligné l’intervenant. Le bien commun doit devenir l’objet d’un
accord constitutionnel ».

« La
problème du sens de la subsidiarité dans le contexte russe est en partie un problème
théologique » a affirmé dans son exposé consacré à la subsidiarité dans la
Russie contemporaine Alexandre Kyrlejev, consultant scientifique de la commission théologique synodale. Alexis Ioudine, chargé de cours à l’Université
d’Etat des sciences humaines de Russie (RGGU) et historien de l’Eglise
catholique a décrit dans son exposé intitulé « La personne dans la Russie
d’aujourd’hui : essai d’autobiographie sociale », le discours qui
s’est constitué autour du concept de « personnalisme », en
s’attardant sur l’exemple du personnalisme russe.

Qu’attendre
de la Russie aujourd’hui ? Où va la Russie ? Ces questions furent
l’objet dans la seconde partie de la conférence des exposés de V. Persi,
professeur à l’Université catholique de Milan (regard de l’étranger) et de
l’essayiste russe Alexandre Arkhanguelski (regard intérieur). Le premier a noté
que les analystes occidentaux étaient inquiets de la « culture de la
revanche » qui existe aujourd’hui en Russie, de l’absence d’un
« retour sur le passé », d’un régime peu libéral et de la non
participation de la Russie à l’économie mondiale. « Nous devons aider la
Russie à sortir de l’isolement où elle se trouve actuellement » estime V.
Persi.

Selon A. Arkhanguelski, la Russie « se dirige à grands pas vers une
zone à risque qui sera aussi une chance pour le développement ». A.
Arkhanguelski caractérise le régime actuel comme un « régime
d’autoritarisme ciblé ».Le résultat de la crise actuelle pourrait être que
l’Etat perdra la possibilité de maintenir le pouvoir vertical qu’il a créé
« sans tracer en même temps des lignes horizontales ».

La discussion
autour du thème « Où va la Russie ? » s’est prolongée sous la forme
d’une table ronde, au cours de laquelle l’higoumène Pierre Mechtcherinov du
Centre de formation , a notamment relevé un événement qu’il a jugé très
inquiétant : la suppression de la commission des grâces auprès du président de la Fédération de Russie. Le père Pierre a développé son point de
vue sur ce qui se passe en Russie dans un exposé intitulé « Ecole et
mission dans la Russie actuelle ». En voici la conclusion : « Le
développent de la personne subsidiaire est impossible dans la Russie actuelle,
comme il est impossible dans le milieu orthodoxe. Notre société est incapable
de résister non seulement au modèle totalitaire, mais aussi au modèle
autoritaire. Les conditions pour la constitution d’une société civile ne sont
pas réunies. La société est incapable d’autocritique ». « Cela ne
signifie pas que nous devons être pessimistes », a néanmoins remarqué le
père Pierre, qui, à la question « Que faire », répond de la manière
suivante : « Ne pas vivre selon le mensonge, se réunir selon la
théorie des petites tâches [proposée par
l’opposition libérale dans la Russie des années 1880, NDT
], afin de
développer la subsidiarité de la personne au sein de cercles restreints ».

Le père George
Mitrofanov, professeur de l’Académie de théologie de Saint-Pétersbourg, membre
de la commission synodale pour les canonisations, a décrit le nouveau type de
personne, « homo sovieticus », formé au cours de l’époque communiste.
« La Babylone communiste a conduit non seulement à la destruction de la
culture, mais aussi à la déformation des mentalités », a souligné le père
George.

Le rédacteur
en chef de la revue Otetchestvennye Zapiski (Les annales de la patrie) Nicolas Sokolov, dans son intervention « L’instruction en
Russie : mémoire historique et falsification de l’histoire », a également
exprimé sa « vision triste » au sujet de l’avenir de la Russie :
l’individu est sans défense face à l’Etat ; aucune force n’est en mesure
de contrecarrer celui-ci ; la société scientifique n’existe pas. On en
trouve un témoignage dans le nouveau manuel d’histoire publié sous la direction
d’A.V. Filipov, dans lequel « l’homme en tant que sujet de l’histoire est
absent », tandis que la Russie est présentée selon le modèle de Karamzine
comme « une forteresse assiégée », entourée d’ennemis. Dans ces
conditions « le pays doit concentrer entre les mains d’un seul toutes les
ressources ; de là vient aussi la justification de la terreur ».

La fondation «Russia cristiana» a été crée en 1957 à l’initiative du prêtre
catholique Romano Scalfi. Depuis sa création, la fondation a consacré
d’importants efforts pour diffuser en Occident la connaissance des traditions
de l’Eglise orthodoxe de Russie. Elle a notamment publié de nombreux livres
consacrés à ce sujet, créé une chorale de chants liturgiques orthodoxes, une
école d’iconographie, une importante bibliothèque. La Fondation publie et
diffuse en même temps des livres en russe à Moscou à travers le centre culturel
« La bibliothèque spirituelle », qu’elle a créé. En 2007 la fondation
a fêté son cinquantenaire et en mars 2008 le père Romano Scalfi a reçu le prix
« Une vie, une œuvre », attribué par l’union des entrepreneurs italiens
« Compagnia delle Opere ».

Hélène
Bajine

Traduit du russe pour Orthodoxie.com par D.S.

Source (texte et photographie): Blagovest-info.ru

Lettre d’informations

Ne manquez pas les mises à jour importantes. S'inscrire à notre lettre d'informations gratuite.

Divider

Articles populaires

Le patriarche œcuménique participe au Forum économique mondial de Davos À la Une 168046

Sa Toute-Sainteté, le patriarche œcuménique Bartholomée est parti lundi matin 20 janvier 2020 par avion à Genève, d’où il s’est rendu en automobili...

Le patriarche de Moscou Cyrille : « Le rôle historique de la cathédrale de la Théophanie à Elokho... Actualités 168040

« La fête de la Théophanie porte en elle l’idée de renouveau – celui de l’homme, de la nature et du monde », a déclaré le patriarche de Moscou Cyri...

Une nouvelle église orthodoxe roumaine a été inaugurée à Bruxelles À la Une 168033

La communauté orthodoxe roumaine de Bruxelles dispose d’un nouveau lieu de culte. Le dimanche après la Théophanie, le métropolite Joseph du diocèse...

Antiochian Patriarchate responds to reports about kidnapped Bishops Middle East 168026

The Antiochian Orthodox Church has issued an official statement on the recent reports concerning the fate of the two missing Syrian bishops, Boulos...

Le Patriarcat d’Antioche réagit aux informations sur les deux évêques kidnappés À la Une 168020

Le Patriarcat orthodoxe d’Antioche a publié une déclaration officielle sur les récents rapports concernant le sort des deux évêques syriens enlevés...

Le métropolite Emmanuel à Monaco Actualités 168008

Le métropolite Emmanuel de France a visité la paroisse grecque orthodoxe de la Principauté de Monaco, à l’invitation de la communauté grecque local...

Le jour de la Théophanie, le métropolite de Kiev Onuphre a béni les eaux du Dniepr Actualités 168004

Le 19 janvier, jour de la Théophanie, le métropolite de Kiev Onuphre a béni les eaux du Dniepr après la Liturgie en la Laure des Grottes de Kiev.

8 janvier (ancien calendrier) / 21 janvier (nouveau) Vivre avec l'Église 95123

8 janvier (ancien calendrier) / 21 janvier (nouveau)  Saints Georges de Chozéba (VIIème s.) et Émilien le Confesseur (IXème s.) ; sainte Dominique ...

21 janvier Vivre avec l'Église 95121

21 janvier Saint Maxime le Confesseur (662) ; saints Eugène, Candide, Valérien et Aquilas, martyrs à Trébizonde en Asie Mineure (IIIème s.) saint P...

Lettre de l’archevêque d’Amérique Elpidophore (Patriarcat œcuménique) à Mike Pompeo au sujet de l... À la Une 167993

L’archevêque Elpidophore (Patriarcat œcuménique) a envoyé la lettre suivante au nom de l’Assemblée des évêques orthodoxes canoniques des États-Unis...

Le patriarche Bartholomée a célébré la bénédiction des eaux de la Théophanie à Triglia, selon l’a... Actualités 167982

Pour la deuxième année consécutive, le patriarche Bartholomée a célébré la bénédiction des eaux, à l’occasion de la fête de la Théophanie selon l’a...

Liturgie de la Théophanie à Moscou (vidéo) Actualités 167976

Le dimanche 19 janvier, fête de la Théophanie selon l’ancien calendrier, le patriarche de Moscou Cyrille a célébré la sainte liturgie en la cathédr...