Message de Noël du métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine Onuphre

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Le Christ est né, glorifiez-Le !

Je vous adresse mes vœux chaleureux à l’occasion de la grande et joyeuse fête de la Nativité selon la chair de notre Sauveur et Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, à vous tous : Archipasteurs et pasteurs, révérends moines et moniales, chers frères et sœurs bien-aimés de Dieu. En ces jours sacrés, tout le plérôme de notre sainte Église orthodoxe d’Ukraine élève d’humbles prières, en se rappelant et en glorifiant l’ineffable amour divin et en rendant grâce à Dieu pour être descendu sur terre, avoir pris sur Lui notre nature humaine, afin de nous sauver. St Grégoire de Néocésarée dit que Dieu, l’Ancien des Jours, est devenu Enfant pour nous faire enfants de Dieu ; Celui qui est assis en gloire dans les cieux, repose pour nous dans la crèche d’animaux sans raison ; sans passions, incorporel, Celui qui est in-circonscriptible est enveloppé de langes, afin de rompre les liens du péchés qui enlaçaient l’humanité. En ces jours festifs, nous commémorons avec amour et pieux étonnement la nuit bénie de Bethléem, sous la protection mystique de laquelle s’est accompli « le grand mystère de la piété : Dieu s’est manifesté dans la chair » (I Tim. 3, 16). Le Fils de Dieu est né la nuit afin de dissiper la nuit spirituelle par laquelle le péché a enveloppé l’humanité, et afin de nous rappeler que Lui, notre Sauveur et Seigneur est « la véritable Lumière qui illumine tout homme venant dans le monde » (Jn I, 9), afin de rappeler qu’Il est le Soleil de Justice avec Lequel la nuit devient jour et sans Lequel le jour devient nuit. Comme étaient heureux les bergers de Bethléem qui ont entendu l’hymne angélique : « Gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur terre, bienveillance parmi les hommes ! » (Lc II, 14). Ils ont pénétré avec tremblement dans la grotte de Bethléem et ont vu le merveilleux Enfant-Dieu, couché dans la crèche (Lc II, 16). Leur raison ne pouvait atteindre ce mystère mais, par la foi de leur cœur, ils ont compris devant eux se tenait Celui qui jadis, d’une terre vierge créa Adam et qui, maintenant, s’est tressé de la chair venant de la Très sainte Vierge et est venu Lui-même sur terre comme Nouvel Adam. Les petits bergers ont cru, par leur cœur, que reposait devant eux le Dieu Prééternel qui est venu sur terre pour sauver l’humanité qu’Il avait créée et afin d’anéantir la mort qu’Il n’avait pas créée (Sag. I, 13). Les bergers ont cru, par leur cœur, que se tenait devant eux le Grand Pasteur qui « donne Sa vie pour Ses brebis » (Jn X, 11), qui a laissé de nombreuses brebis qui ne s’étaient pas égarées, pour trouver une seule qui était perdue (Matth. XVIII, 12). Les sages Mages sont également venus chez le Dieu-Enfant nouveau-né. C’étaient trois rois venus d’Orient qui Lui ont apporté des dons : l’encens, l’or et la myrrhe. Il fut révélé aux Mages que devant eux reposait « le souverain sacrificateur des biens à venir » (Hébr, IX, 11) et le « Roi des rois » (Apoc. XIX, 16). La nouvelle de la venue dans le monde du Roi (Matt. 2,2) a alarmé le roi Hérode assoiffé de pouvoir et ensuite, au cours de toute l’histoire, ceux qui, à l’instar d’Hérode, était possédés par la passion du pouvoir. Ceux qui sont avides de pouvoir ne veulent pas avoir au-dessus d’eux un Souverain, car dans leur orgueil, ils se considèrent meilleurs que tous. Les personnes avides de pouvoir ne reçoivent pas le pouvoir comme une Croix dont Dieu les charge, ils considèrent que le pouvoir est quelque chose dont on a besoin pour se réaliser en utilisant toutes les mesures et les moyens possibles, sans prêter considération à leur contenu moral. Ceux qui sont épris du pouvoir, même s’ils croient au Christ, ne se soumettent pas à Lui, mais au contraire tentent de forcer le Christ à les faire rois terrestres. C’est précisément ce qu’exigeaient du Sauveur, comme Messie, les anciens d’Israël. Et lorsqu’ils ont entendu les paroles du Sauveur selon lesquelles Son Royaume n’était pas de ce monde, ils se mirent à haïr le Christ et Le crucifièrent. L’amour du pouvoir est une médaille dont le revers est la lutte contre Dieu. L’amour du pouvoir anéantit tous ceux qui sont possédés par lui, que ce soient des séculiers ou des hommes revêtus d’un haut rang ecclésiastique ; l’amour du pouvoir les anéantit tous et toutes choses. Il est indispensable de se rappeler tout cela, chers frères et sœurs. Il faut se souvenir que le Fils de Dieu est venu sur terre afin de nous faire don du Royaume éternel, le Royaume qui n’est pas de ce monde. Le Fils de Dieu a créé l’Église qui mène l’homme au Royaume et à la vie éternels. L’Église est le Corps mystique du Christ, et Lui, le Fils de Dieu, notre Sauveur, est Son Chef. Tous les hommes, sans exception, doivent se soumettre à l’Église, c’est-à-dire ne pas la diriger, mais vivre selon ses commandements. Qui introduit les lois de l’amour du pouvoir et de la violence dans la vie de l’Église devient un corps étranger dans celle-ci que, tôt ou tard, la Grâce divine précipitera dehors. Qu’il n’en soit pas ainsi avec nous, car le Christ est né pour nous réunir dans la Vérité, c’est-à-dire Lui-même, afin que nous apprenions dans le Christ ce qui est la volonté divine, et que nous nous efforcions de l’accomplir, car dans la volonté divine est notre vie. Encore une fois, je vous souhaite, chers frères et cœurs, une bonne fête de la Nativité du Christ, du Nouvel an ecclésial et de la sainte Théophanie. Que le Fils de Dieu qui est né dans le monde et est devenu Fils de l’Homme, nous bénisse tous, tout notre peuple et notre terre d’Ukraine. Que l’étoile de Bethléem illumine nos voies terrestres, afin que dans la paix, l’humilité et l’amour mutuel, nous passions les jours de notre pérégrination sur terre, et que dans l’éternité nous soyons dignes de vivre dans la joie où règne le Roi éternel, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ. Amen.

L’humble +Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine »

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Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.