Métropolite Joseph – lettre pastorale pour la Nativité du Seigneur 2016
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« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre, aux hommes bienveillance. »

(Lc 2, 14)

Très-révérends Pères, frères et sœurs bien-aimés dans le Seigneur,

Nous exultons en ce jour de la grande fête de la Nativité de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. Nous nous y sommes préparés 40 jours durant, essayant de nous approcher le plus possible dans nos cœurs du mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu, afin de pouvoir chacun d’entre nous L’accueillir dans notre vie et dans notre cœur.

Autour de nous et dans le monde entier, nous parviennent par les moyens de communication si présents dans la vie quotidienne d’aujourd’hui, les nouvelles de guerres et de conflits, à tous les niveaux de la vie humaine. Que ce soit entre pays, entre groupes, entre voisins ou dans les familles, entre époux, entre frères, entre parents et enfants ou au plus profond de notre âme, à tous les niveaux et dans tous les aspects de la vie humaine la guerre ou le conflit sont présents.

Déjà à l’entrée de la grotte où naissait le Christ petit enfant, la gloire de Dieu chantée dans les cieux par les anges proclame aussi sur terre la paix, qui est communiquée au monde par le divin Enfant de Bethléem. Lui, l’Enfant, est reconnu et révélé au monde comme « Prince de la paix », annoncé auparavant par le prophète Isaïe : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule. On L’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Is 9, 5).

Fidèles bien-aimés,

 Le Christ S’est incarné pour nous réconcilier avec le Père céleste, pour nous témoigner l’amour du Père et le fait que par Lui, par le Christ « …nous avons la paix avec Dieu… »comme nous le dit le Saint Apôtre Paul (Rm 5, 1). Il se fait comme nous, le Fils, pour réconcilier le Ciel et la terre séparés par le péché ancestral, et répandre la paix sur les âmes de tous les hommes de bonne volonté, pour régner Lui-même dans les cœurs humbles, qui se savent pauvres sans la lumière et la présence de Dieu, sans Sa paix. « Je vous laisse Ma paix, c’est Ma paix que Je vous donne ». (Jn 14, 27) La paix est le don du Christ pour que nous soyons nous-mêmes des hommes de paix, en disant bienheureux les pacificateurs et en les appelant fils de Dieu (cf. Mt 5, 9). La paix entre les hommes et dans le monde est rétablie lorsque l’homme lui-même, l’homme intérieur, est en paix avec lui-même et avec Dieu. La guerre dans le monde tire sa source dans le cœur de l’homme. Le tourment né de la jalousie poussa Caïn à tuer Abel, son frère. Dans son cœur, Caïn n’était pas en paix avec Abel. Lorsque nous ne sommes pas réconciliés avec nous-même, nous perdons aussi la paix avec Dieu et avec notre semblable, tout comme Caïn. Le désarroi de Caïn nous asservit lorsque nous ne pouvons pas comprendre le bien ni accepter la réussite de notre frère. Nous pouvons comprendre que l’absence de paix dans l’âme rend également défaillante la bonne volonté – à savoir le désir du bien de l’autre. La paix est un état de confiance profonde, d’insondable quiétude de l’âme qui se sait sous la protection éternelle de Dieu, et qui sait que rien ni personne ici sur terre ne lui peut infliger le mal éternel, à l’exception de celle qui est directement impliquée dans sa vie, c’est-à-dire elle-même. Mais si nous sommes en paix avec Dieu nous le sommes aussi avec nous-mêmes et aucune crainte ne peut plus avoir d’emprise sur l’âme réconciliée avec Dieu. Saint Jean Chrysostome dit : « … Quand bien même tout le monde nous ferait la guerre, si nous sommes en paix avec Dieu, nous n’aurons aucune blessure ».[1]

Pourtant, si bienfaisante et édifiante soit la paix, si beaux et aimés soient les pacificateurs, Dieu ne nous force pas à la paix. Il nous y exhorte, mais ne nous l’impose pas. Mais lorsque nous y avons goûté et comprenons que c’est un don de Dieu pour notre quiétude et notre joie, don sans lequel nous ne pouvons pas vivre, et que seul celui qui aime Dieu peut l’appréhender et la chercher, trouvant en elle la joie et le sens de la vie, alors nous la cherchons de toute notre force, et pour peu que nous l’ayons reçue, nous la préservons comme un présent  de grand prix, veillant avec crainte à ne pas la perdre. Parce qu’elle est celle qui nous apporte des jours de bonheur, d’après les dires du psalmiste : « Quel est l’homme qui veut la vie, qui désire voir des jours de bonheur ? Garde ta langue du mal, et tes lèvres pour qu’elles ne disent pas de fourberie. Éloigne-toi du mal et fais le bien, cherche la paix et poursuis-la » (Ps 34, 13-15). Pour l’homme de foi – dit Saint Jean Chrysostome – « … la paix est plus précieuse que tout autre bien »[2].

Frères et sœurs bien-aimés,

Toute notre vie dans le Christ et dans l’Église est fondée sur la réconciliation avec soi-même, avec notre prochain et avec Dieu. Nous ne pouvons pas nous approcher véritablement de Jésus Christ, du Dieu de la paix, sans être en paix avec notre frère, nous dit le Sauveur Lui-même : « Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande » (Mt 5, 23-24).

Avec notre frère, nous nous réconcilions en le pardonnant et en lui demandant pardon. Avec Dieu, nous nous réconcilions en Lui demandant pardon et en confessant nos péchés. Toute approche de Dieu nous guérit et nous apporte la paix, cette paix que nous sommes obligés d’acquérir si nous ne l’avons pas. C’est-à-dire que tout ce qui est malade est guéri par le Christ, lorsque notre volonté libre collabore avec Lui. C’est ce que signifient, selon Saint Jean Chrysostome, les paroles du Sauveur : « Ne croyez pas que Je sois venu apporter la paix sur la terre ; Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Mt 10, 34). « Parce que, nous dit-il, la paix c’est surtout lorsque l’on coupe ce qui est malade, lorsque l’on écarte ce qui engendre la révolte… C’est ainsi que le médecin lui-même sauve le reste du corps, en coupant la partie qu’il ne peut pas guérir … »[3]. Et le glaive qui coupe ce qui est mauvais dans notre âme, le péché, c’est la grâce du Saint-Esprit, qui nous guérit et nous réconcilie avec le Père céleste, dans le Christ. Voilà comme le fidèle est revivifié par la confession des péchés et le pardon du prochain, qui nous apportent la paix de l’âme et la réconciliation avec Dieu.

Frères et sœurs bien-aimés,

N’oublions pas en ces jours de fête les nécessiteux de toutes sortes – plus proches ou plus lointains. Les affamés et assoiffés, les malades et ceux qui portent tous types de souffrances, mentionnons-les dans nos prières et offrons-leur de notre surplus, spirituel ou matériel. Soyons, là où nous vivons, des pacificateurs, afin de plaire au Christ qui nous a réconciliés avec le Père céleste, sans oublier les paroles du prophète Isaïe : « Qu’ils sont beaux sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix… » (Is 52, 7).

Je vous souhaite à tous de joyeuses et lumineuses fêtes de la Nativité du Seigneur et de la Théophanie.

Que la nouvelle année 2017 vous soit une source de bénédictions porteuse de fruits pour la Vie éternelle !

Votre père qui pour vous désire tout bien et intercède auprès de notre Seigneur Jésus Christ

 

Le Métropolite Joseph

Paris, La Nativité du Seigneur 2016

[1] Saint Jean Chrysostome, Commentaire sur la Première Épître aux Corinthiens, Ire Homélie.

[2] Saint Jean Chrysostome, Homélies sur la Genèse, Homélie XXXIII, IV.

[3] Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l’Évangile de Saint Matthieu, Homélie XXXV, I.

23 Décembre 2016

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À propos de l'auteur

Jivko Panev

Jivko Panev

Jivko Panev, maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge à Paris, recteur de la paroisse Notre Dame Souveraine, à Chaville en banlieue parisienne.

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